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QUE LE CONFESSEUR DOIT ENJOINDRE A CERTAINES CLASSES DE PENITENTS

Ces différentes classes sont les enfants, les malades, les personnes religieuses, celles qui ont

me

donné du scandale. En effet, le Rituel romain recommande au confesseur de tenir compte, dans Vinjonction de la pénitence, de l’age, de l’état, de la condition, etc., des divers pénitents. De la les régles spéciales 4 suivre, en cette matiere, a l’égard des enfants, des malades, etc:

4o Les enfants. — Toutes choses égales d’ailleurs, le confesseur enjoindra a4 un enfant une pénitence moins rigoureuse qu’a un aduite : les péchés d’un enfant renferment moins de malice que ceux d’un adulte, et la sévérité de la penitence le porterait assez facilement a lomettre. Parmi les pratiques pénitentielles, le confesseur choisira pour les enfants celles qui sont le plus propres a empécher le mal de s’enraciner dans leur ccur, & leur en inspirer Vhorreur, et a leur rendre la confession aimable et facile. Ces pratiques seront simples, de courte durée et susceptibles d’étre accomplies sur-le-champ, autant que possible, avant que les enfants ne soient sortis de l’église. Il faut éviter Vimposer aux enfants des pénitences trop difficiles, dont ’exécution exigerait un effort presque héroique, comme de demander pardon a leurs parents, de prier les bras en croix a Véglise, en public, de méditer, etc.

« Dans les maisons d’éducation, dit Je P. Cros, la sainte messe du jour; l’offrande, une fois faite, des travaux tels quels, d’une journée; Voffrande, une fois faite, des priéres telles quelles, de la journée, etc., sont la matiére de pénitences graves et peu génantes pour Venfant.

«Il faut dire a Venfant: « Offrez maintenant a Dieu, comme pénitence, votre communion de demain; ou bien : la sainte messe de demain; ou bien : votre travail de demain, etc.; » sans ajouter : «Faites bien cette communion; assistez bien a cette messe.» Ce serait donner inutilement a l’enfant un

sujet de préoccupation. L’enfant, le plus souvent,

s'acquittera d’autant mieux de ces devoirs qu’on se fiera davantage & sa naturelle générosité. Ce qwil faut @ailleurs éviter, avant tout et par dessus tout, cest que Vappréhension d’une. pénitence ennuyeuse ne s’ajoute pas a tant d’autres appréhensions qui l’éloignent des sacrements, et, par laméme, de la résurrection et de la vie '. » Ce que le P. Cros dit des enfants qui vivent dans les maisons d’éducation, pourra bien souvent étre appliqué, en partie du moins, 4 ceux qui vivent dans leur famille.

29 Les malades. — Distinguons d’abord deux classes de malades: ceux qui, atteints d’une maladie grave, sont en danger probable de mort, mais qui peuvent encore guérir: ce sont les malades simplement dits ; ceux qui se meurent ou qui n’ont certainement plus que peu de temps a vivre: ce sont les moribonds,

a) Aux malades simplement dits, 1s confesseur enjoindra une double pénitence. — L’une légére, en rapport avec leur état de faiblesse et d’une exécu-

* P. Cros, Le confesseur de Venfance et de la jeumesse, ch. Vil.

tion facile, courte et immediate, par Semple un Pater, un Ave, un acte de foi, Vespérance, de charité, de contrition, baiser la croix, Vinvocation des saints noms de Jésus et de Marie, du Sacré- Coeur, Voffrande une fois: faite des souffrances de

la journée, etc. Il ne faut pas enjoindre comme

pénitence aux malades le support patient des douleurs et des peines que leur cause la maladie:

Vaccomplissement d’une semblable pénitence seruite une source de nombreux scrupules. — L’autre grave, proportionnée 4 la griéveté et au nombre de leurs péchés, mais quwils ne seront tenus d’ac-— complir que s’ils reviennent a la santé. Saint Alphonse dit qu’il suffit de leur enjoindre de reve-

nir se confesser aprés leur guérison. Mais, dans:

bien des cas, on aurait lieu de craindre, aujourd’hui

surtout, qwils ne reviennent pas 4 confesse. C’ est pourquoi il est généralement plus sar de leur don-

ner une autre pénitence.— b) Quant aux moribonds,

- ou ils jouissent encore de leurs sens ou ils en sont

privés. Dans le premier cas, le confesseur qui les. absout doit leur imposer une pénitence légére, comme Vinvocation des saints noms de Jésus et de Marie, aul. moins de cour, ou encore leur faire

baiser pieusement le crucifix, etc. Dans le second

cas, on les absout sans leur imposer aucune péni-tence. :

3° Personnes pieuses, religieux et religieuses, ecclésiastiques. — Le confesseur imposera a cette

classe de pénitents des actes satisfactoires non seulement proportionnés au nombre et a la griéveté de

leurs fautes, mais encore propres a les maintenir dans le chemin de la perfection, et a les y faire progresser. Or, toires se rapportent principalement a l’oraison et a

ces actes ou pratiques satisfac-

la mortification. Voici quelques-unes de ces pra-

tiques: méditation, visite au Saint-Sacrement, assistance 4la messe, lecture pieuse méditée, examen particulier et général, oraisons jaculatoires ; vie réguliere, bon emploi du temps, obéissance, se priver de voir ou d’entendre des choses curieuses, parler peu, s’abstenir des lectures inutiles, frivoles, ne pas refuser les mets qui ne sont pas de notre goit ou mal assaisonnés, ne pas faire usage de vin pur, de liqueurs fortes, prendre la discipline, prier 4 genoux, les bras en croix, ne pas satisfaire son appétit a table, éviter le laisser-aller, le sans-géne, garder partout un maintien modeste, contenu et réservé, etc.

‘ho Personnes qui ont donné du scandale. — Le Concile de Trente ordonne expressément au confesseur d’imposer une pénitence publique a celui dont la faute a été publique: Huic (id est publico peccatori) condignam pro modo culpe ponitentiam publice injungi oportet. (Sess., xxiv, ¢. 8). Et ie Catéchisme du méme Concile s’exprime 4 cet égard dune maniere non moins formelle : Quod si inierdum, etiam ob publicam offensionem, publica poenitentia preescribenda fuerit, quamvis eam peenilens rejugiat ac depreceiur, non erit facile audiendus ; verum persuadereé ei oportebit, ul que tum sibi, tum aliis salutaria futura sunt,

libenti ‘et “alaerd animo excipiat. (De sacram.

Peenit., n. 61). Telle est la regle générale: quand la faute a été publique, la pénitence doit également étre publique. Cependant le confesseur n’est pas tenu d observer cette régle, quand le pénitent peut par une autre voie réparer suffisamment le scandale qu’il a causé. Un homme, par exemple, a néligé, pendant de longues années, ses devoirs reli- ‘gieux, ila méme témoigné par ses paroles, ses actes, du mépris pour la Religion et ses pratiques :

s'il assiste aux offices divins, s’ils s’approche des sa- ‘trements, etc., la réparation du scandale est suffi-

Sante. De méme, un concubinaire, qui cesse sa

onduite immorale, s’applique & mener une vie hrétienne et profite de toutes les occasions qui se : présentent pour donner au public des preuves non équivoques d'un retour sincére a de meilleurs sen- ‘timents, répare suffisamment le scandale quwil a vausé. Dans ces cas et autres analogues, le confes- ‘seur n’est pas obligé d’enjoindre une pénitence publique, et il ne serait pas expédient de le faire, ‘surtout de nog jours.

Mais sil s’agit dun pénitent quia eu le malheur a soutenir, de professer, de vive voix ou par écrit, des erreurs contraires a ia foi catholique ou ala -morale chrétienne, le confesseur devra lui imposer Yobligation de les rétracter de la maniére la plus

“propre 4 réparer le scandale qu’ila causé. Il fau- -drait agir de méme a l’égard d’un législateur, de- ‘puté, senateur, qui, par ses votes, a coopéré a l’établissement d’une loi contraire aux commandements de Dieu ou aux lois de l’Eglise, comme la ‘loi du divorce, du service militaire imposé aux cleres, la loi d’accroissement, la loi scolaire, etc. ‘Le confesseur fera bien dans ce dernier cas de re- -courir 4 Pévéque, qui déterminera dans sa sagesse Je genre de rétractation qu’il convient d’exiger, eu -égard aux diverses circonstances.

Le Catéchisme du Concile de Trente prescrit aux “pasteurs et aux confesseurs d’adresser aux fidéles -une double recommandation. En premier lieu, que de leur propre mouvement ils reprennent et réiterent fois sur fois les ceuvres qui leur ont été en- | -jointes a titre de satisfaction sacramentelle : c’est un puissant moyen pour arriver a un amendement -sérieux et A une guérison spirituelle compléte. En second lieu, qu’apres avoir accompli tout ce que demande la digne et salutaire réception du sacrement de pénitence, ils ne cessent jamais de s’adonner avec zéle aux actes et aux pratiques de la vertu de pénitence. Qui ne sent combien cette double recommandation est particuli¢rement né- -cessaire aux chrétiens de nos jours, oti rien n’est ; plus commun que le péché-et ou rien n’est plus rare que la vraie pén'tence ? 9

r 2. CATALOGUE DES PRINCIPALES PRATIQUES SATISFACTOIRES OU PENITENTIELLES QUE LE CONFESSEUR PEUT IMPOSER

“Tes ceuvres que le confesseur peut enjoindre |

comme penitence sacramentelle, se raménent a ces trois chefs : jetne, aumone et-priere.

40 Le jetine. — La peine que le jetine cause, satisfait pour le plaisir que l’on a pris dans le

péché, en mérhe temps qu’elle dompte et soumet

la chair, qui est la cause ordinaire de beaucoup de fautes. Au jetine se rapportent toutes les pratiques de mortification corporelle.

Jetiner (il est rarement utile d’imposer un jetine rigoureux et proprement dit). Se priver de temps en temps d’une partie d’un repas, d’un mets, de boire du vin pur, des liqueurs fortes, du café, etc. — Prendre la discipline, porter le cilice, coucher sur la dure, veiller (on ne doit enjoindre ou méme permettre ces pratiques et autres analogues que rarement et avec beaucoup de prudence). — Prier 4 genoux, les bras en croix (en secret et peu de temps pour ce dernier acte). — Se lever promp-

tement, a une heure réglée; s’abstenir des conver- ~

sations, des lectures inutiles, de certains amusements, jeux honnétes et légitimes; offrir 4 Dieu

les ennuis, les travaux, les -peines noneeres mu

de la vie présente.

20 I’aumdone. — D’aprés la sainte Ecriture, Yaumdne a une vertu particuliére pour satisfaire — a la divine justice et obtenir de Dieu pardon et

miséricorde. Sous le nom d’aumdéne on comprend —

toutes les ceuvres de miséricorde corporelle et spirituelle.

Donner Vaumdéne, vétements, aliments, argent;

visiter les malades, les pauvres, leur rendre quel-

ques services; soutenir de ses deniers ou par son

travail personnel les bonnes cuvres dela paroisse, du diocése, de l’Hglise. — Faire le catéchisme.

3° La priére. — De toutes les pratiques péni-

aU

tentielles, la priere est la plus facile et la plus

efficace, surtout pour arriver a4 un amendement sérieux; elle peut, 4 la rigueur, suppléer aux

autres @uvres satisfactoires, mais rien ne peut la

suppléer. Elle comprend en général tout ce qui est connu sous le nom Cexercices de piété.

Réciter le rosaire ou le chapelet, les litanies des saints, de la sainte Vierge, du saint Nom de Jésus, du Sacré Coeur, les psaumes de la pénitence, les prieres quotidiennes du matin et du soir. Faire le chemin de la croix (mais il faut ici tenir compte du respect humain). Se recommander matin et soir au Sacré Coeur de Jésus ef a la bienheureuse Vierge par la récitation de quelques Pater ou de quelques Ave. Réciter cing Pater et cing Ave en Vhonneur des cing plaies de Notre-Seigneur.

aes

Chaque jour examiner sa conscience et s’exciter a

la contrition Pespace dun demi quart d’heure. Lire attentivement un chapitre ou quelques pages dun livre de picté, comme V’Imitation, le Combat

spirituel, Introduction a la vie dévote, ou Vun —

livre de doctrine, comme le catéchisme diocésain, la Doctrine chrétienne de Lhomond. Méditer une demi-heure on un quart Vheure sur les grandes yérités de la religion, les fins derniéres, sur les commandements de Dieu, la Passion, etc., ou du moins faire sur ces différents points une lecture accompagnée de réflexions sérieuses. S’arréter quelques instants 4 la pensée de la mort, de Peternité, de

Venfer, du ciel, deux ou trois fois par jour ou au moins avant de s’endormir. Produire chaque jour des actes de foi, d’espérance, de charité, de contrition, s’appliquant durant quelque temps a chacun de ces actes. Assister-a la messe, au salut, au sermon et surtout aux instructions sur la doctrine chrétienne. Revenir 4 la confession et 4 la communion a des époques réglées, par exemple chaque mois, chaque semaine; et dans le cas oti la confession et la communion seraient impossibles, faire la méme préparation que si on recevait réellement la pénitence et l’Eucharistie, renouveler ses bonnes résolutions et prier au pied du crucifix Vespace dun quart d’heure. Matin et soir renouveler sérieusement la résolution prise en confession de mieux faire et de nous amender, tantét en l’honneur du Sacré Coeur, tantéten Vhonneur de la sainte Vierge, de saint Joseph ou de quelque autre saint. Au son de Vhorloge élever son coéur a Dieu par quelque oraison jaculatoire. Visiter le Saint- Sacrement avant ou aprés les offices de la paroisse. Entrer dans quelque confrérie ou pieuse association. Réciter matin et soir trois fois la Salutation angélique, en y ajoutant cette courte priére: « O ma mére, obtenez-moi la grace de ne pas offenser Dieu aujourd’hui! » (Saint Alphonse imposait comme pénitence cette pratique aux personnes qui n’avaient pas coutume d’en faire usage). Visiter quelque sanctuaire, faire un pieux pélerinage, etc.

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