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LA DECHEANCE

Mesdames et Messieurs, ; L’Assemblée nationale professait donc que le meilleur moyen de nous relever de nos malheurs, c’était, selon la belle expression de nos vieux ages, « d’exalter la sainte Kglise de Dieu. » Or, la Révolution en frémit dans les ateliers de la franc-

‘maconnerie, ou elle s’est réfugiée *. A Assemblée

nationale, voyez ce petit groupe de l’extrémegauche : c’est le groupe de la haine religieuse.

‘Dans ce groupe, voyez Gambetta, sorti d’un bazar

génois, puis d’une ¢picerie de Cahors, naguere dictateur civil et militaire de la France en larmes, par le droit de la phrase et de la forfanterie : c’est Vhomme des Loges *. Et ?Assemblée nationale ayant déclaré que, apres avoir établi la Repuplique le 25 février 1875, sa mission etait terminée le 34 décembre, les élections se préparent pour le 20 février 1876, et Gambetta, le patron des « nouvelles couches, » s’écrie dans un discours a

Lille : «I faut que Assemblée du 20 février se ~ léve et dise a la France : Me voila! Je suis tou-

jours la France du libre-examen et de la librepensée! » Ainsi est-il fait: les élections du 20 février 1876 améenent a la Chambre la république

-.4Qe Grand-Orient de France posséde 58 loges 4 Paris,

11 dans la banlieue, 216 dans les départements, 11 en

‘Algeria et en Tunisie, 10 aux colonies et 26 en pays

étrangers. A Paris, ’hdtel du Grand-Orient est sis rue adet, 16.

Rie oer Soctétés secrétes, U, DADs Les loges

révaient la dictature pour Gambetia dés l’année 1872 ‘

yoir ? Univers, numéros des 12 et 19 noyembre 1872.

oe révolutionnaire et antichrétienne. Alors, le maréchal de Mac-Mahon, faisant un coup d’Etat, selon les uns, un coup de téte, selon les autres, dissout

cette Chambre le 16 mai 1877, les élections se pré- ‘parent pour le 44 octobre, et, sur toute la surface

du pays enflammé de discours, elles se font « contre le gouvernement des curés 1,» Vaincu dans la lutte électorale, Mac-Mahon se croit obligé d’accepter ’un des termes du dilemme de Gambetta, « se soumettre »:le 44 décembre 1877, il forme un ministére qui comprend cinq protestants 2. Puis, les élections sénatoriales du 5 janvier 1879 ayant complété le triomphe de la cause révolutionnaire par cinquante-huit voix de majorité, Mac-Mahon, ne pouvant ni contenir le mouvement ni s’y associer, se croit obligé, quelques jours plus tard, le 30 janvier 1879, d’accepter VYautre terme du dilemme de Gambetta, « se démettre » : et Grévy devient président de la République, et Gambetta devient président de la Chambre des députés, dont il s’empare a la face du soleil, sans subterfuge, et le groupe de l’extréme-gauche, qui était de beaucoup le moins nombreux et le moins influent dans l’Assemblée nationale, forme alors l Union républicaine, composée d’éléments fort divers, mais qui, selon la

*M. de Fourtou, ministre de l’intérieur, se défend, quelques jours ayant le scrutin, d’étre le gouvernement des curés; M. Decazes, ministre des affaires étran désayoue le Syllabus, dans un dernier appel 4 se teurs de Libourne ; enfin, le duc de Broglie, présider du Conseil, dit, 8 la Chambre des députés, le 14 novembre 1877 : « Y a-t-il, je le demande, un collége é ectoral, y a-t-il une commune de France, ot le candidat conservateur n’ait été accusé en propres termes de vouloir réfablir la dime, la corvée, les droits féodaux, souvent l’inguisition et les billets de confession obligatoires et d’exiger la restitution des biens nationaux ? »

2MM. Wadington, Borel, Pothuau, Say et de ve

net. Pourtant les protestants ne sont en France que 580.000 : 350.000 suivant Véglise réformeée ; 50, 00, 1 confession d’Augsbourg ; 180.000, les églises libres,

évangélistes, méthodistes, baptistes, etc. Leurs ministres —

sont : 782 pasteurs reconnus par l’Htat et 906 au total, ainsi divisés : 699 pour Véglise réformée, 84 pour la confession d’Augsbourg et 123 pour les églises diverses. Paris compte 40.000 protestants et 44 temples.

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