‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 40 sur 276 · I. — RAISONS COMMUNES A TOUS LES FIDELES · texte numérisé non relu

I. — RAISONS COMMUNES A TOUS LES FIDELES

1. Le désir formel de Notre-Seigneur qui veut que Von s’approche le plus souvent possible du sacrement qui donne la vie, « afin qu’on ait la vie et qu’on l’ait plus abondamment. Ut vitam habeant et abundantius habeant. »

Or, sen approcher le plus souvent possible, eest le faire tous les jours, puisque l’Eglise ne permet de communier qu’une fois par jour. Autrement, disait le saint homme de Tours, M. Dupont, « si je savais qwil y efit un pays out il fit permis de communier trois ou quatre fois par jour, je m’empresserais d’aller m’y fixer. » Mais cela n’est pas permis, il faut donc se contenter de communier une fois par jour. — Et c’est la ce que Notre-Seigneur désire de tous ses enfants..

D’ou vient ce désir ardent de Notre-Seigneur ?

a) Du besoin qwil a de faire du bien aux ames qu’il aime, bien quwilne leur fait pleinement que par la communion.

b) Du besoin qwil sait que ces dmes ont de lui, et qui n’est pleinement satisfait que par leur union avec lui dans la communion. « $i je les renvoie a jeun, dit-il, ils défailleront en chemin, deficient in via. » Et pour V’empécher, il fait le miracle de la multiplication des pains : pour nous, ¢c’est la multiplication des hosties.

c) De la jouissance qwil éprouve a se trouver

dans notre ceur, qui, quoique faible et impar-

fait, est cependant-toujours plus digne de lui quwun tabernacle de bois ou de marbre. Delicic mec esse cum filtis hominum, Si nous pouvons

' Elles sont indiquées en particulier dans la Note ecrite pour une Supérieure générale de Congrégation. (Voir le Trés-Saint-Sacrement, n° de. mai 1897).

lui procurer cette jouissance et que nous la lui -refusions, nous ne |’aimons pas comme il faut 4. 2. Le désir de V’Eglise. Elle ’exprime formellement :

a) Au Concile de Trente. Oplaret quidem Sancta

Synodus... Le saint Concile souhaiterait que les —

fidéles, toutes les fois quwils assistent a la sainte messe, regoivent le corps de Notre-Seigneur, non seulement spirituellement, mais réellement, afin de participer plus abondamment aux fruits de cet auguste sacrement.,

6) Dans le Catéchisme romain destiné aux curés, Catechismus ad parochos. Ce sera le devoir des pasteurs, dit-il, d’exciter souvent les fidéles a ne pas négliger de recevoir chaque jour ce sacrement pour la nourriture et le réconfort de leurs Ames,

de méme qu’ils regardent comme nécessaire de prendre tous les jours de la nourriture pour la vie de leurs corps *.

* On sait comment Notre-Seigneur asouvent manifesté miraculeusement son désir de se donner aux Ames dans la sainte communion, méme lorsque ses représentants ne jugeaient pas 4 propos de le permettre.

Le jour de sa premiére communion, sainte Claire de Montefalco assistait a4 la sainte messe, tout absorbée dans son bonheur. Au signal de la supérieure elle se léve pour aller 4 la sainte table, mais dans son trouble, elle oublie de revétir le manteau que les’ recluses portaient dans les cérémonies religieuses. La rigide supérieure, qui s’en apergoit, la punit en Inui défendant de communier. La pauvre enfant se retire confuse et désolée dans un coin de loratoire, et Notre-Seigneur vient la consoler en lui apparaissant sous la forme d’un aimable enfant qui l’entoure de ses petits bras et séche ses larmes par la douceur de ses divines caresses.

Une autre fois la sainte étant retombée dans la méme faute, fut punie de la méme maniére par sa supérieure. Mais a peine rentrée dans sa cellule, elle vit apparaitre

son divin: Consolateur, revétu d’habits sacerdotaux, et.

environné d’un cortége d’anges, qui vint la communier, et la laissa plongée dans une ineffable consolation.

Que d’exemples semblables on voit dans-la vie des saints! Le B. Imelda de Bologne, au-dessus de la téte de laquelle vole une hostie échappée des mains du prétre; le B. Gérard Majella qui recoit la sainte communion de la main de Varchange saint Michel; saint Stanislas de Kostka communié en viatique par la main d’un ange a Vienne, et une autre fois pendant son voyage de Vienne 4 Augsbourg !

Comment pourrait-on douter, en voyant tous ces traits — d'amour de Notre-Seigneur, qu’on ne peut pas faire un plus grand plaisir 4 son Coeur divin, qu’en envoyant le plus souvent possible 4 sa table toutes les ames qui jouissent de sa grace et qui vivent dans son amour?

A plus forte raison encore les Ames qui se sont consacrées a Lui et qu'il a prises solennellement pour épouses.

2 Optaret quidem Sacrosancta Synodus, ut in singulis Missis fideles adstantes non solum spirituali affectu, sed sacramentali etiam lKucharistie perceptione communicarent, quo ad eos sanctissimi hujus sacrificii fructus uberior proveniret. (Sess. xxi, ¢. VI).

® Quare parochi parati erunt fideles crebro adhortari ut quemadmodum corpori in singulos dies alimentum subministrare necessarium putant, ita etiam quotidie hoc sacramento alendw et nutriende anime curam non abjiciant ; neque enim minus spirituali cibo animam quam naturali corpus indigere perspicuum est.

Le Catéchisme du Concile ajoute comme preuves :

te L’exemple des Israélites, qui devaient recueillir chaque jour la manne dans le désert; ee

90 L’autorité de saint Augustin, qui dit : Quotidie peccas, quotidie sume; 5 : a

30 L’exemple des premiers fidéles, qui communiaient tous les jours en assistant au saint sacrifice. Venite, fratres, ad communionen, leur disait le prétre, aprés avoir pris lui-méme les saints mysteres.

Il n’y a done aucun doute possible sur Vintention de

c) Dans les réponses des Congrégations romaines qui, interrogées si l’on pouvait permettre que des religieuses s’approchassent toutes de la table sainte chaque jour, ont déclaré que, non seulement ce n’était pags mal, mais que c’était au contraire une coutume trés louable’.

Nous voyons done que la pensée de l’Kglise est que méme les fidéles puissent communier tous les jours : a plus forte raison les religieuses, qui en ont plus besoin, et qui en sont généralement plus dignes.

3. L’intérét des ames. lly a toujours pour une ame en état de grace un plus grand intérét a communier qu’a ne pas communier, parce que :

a) Elle recgoit chaque fois une augmentation de grace sanctifiante, ex opere operato ;

b) Elle regoit chaque fois une certaine quantité de graces actuelles ou sacramentelles proportionnée a ses dispositions ;

c) Elle fait chaque fois un certain nombre d’actes de vertu : foi, espérance, charité, humilité, contrition, obéissance, etc., qu’elle ne ferait pas si elle ne communiait pas; ce qui lui procure aussi une augmentation de grace ex opere operaniis. — Pourquoi refuser 4 une 4me qui en est digne ces augmentations de grace, lorsqu’on pourrait les lui procurer chaque jour ?

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