MOYENS D’ENTRETENIR LE BUDGET DES CUVRES
— La premiere régle a poser est celle-ci : Exception faite pour les cuvres catholiques, c’est a ceux qui profitent des bénéfices de telle ou telle ceuvre a en supporter la charge. Cette régle est Vapplication d’un principe du droit naturel trop évident pour qu’on cherche a léclaircir. Par conséquent une cuvre régionale deyra s’alimenter
dans la région ; une ceuvre diocésaine, dans le diocése ; une couvre paroissiale, dans la paroisse ; uneeuvre concernant une classe spéciale de la paroisse, parmi les personnes qui composent cette classe.
— Tout céla‘est fort bien dans un exposé didactique, et méme dans la réalité, pour les paroisses importantes ; mais dans les paroisses pauvres, a qui s’adresser pour obtenir Pobole nécessaire aux ceuvres ?
— Le cas est pratique et mérite une attention spéciale. Tout @’abord il faut modérer nos désirs et les restreindre & cé qui est absolument nécessaire.
— Bonne consolation !
— C’est ce que nous disons aux pauvres. Nous ne sommes pas tenus, nous qui habitons dans les paroisses pauvres, 4 faire autant et aussi bien que ceux qui ont en partage les paroisses riches. Par conséquent, il faut avant tout compter nos ressources et agir en conséquence. Si elles sont modestes, nous nous en tiendrons aux ceuvres indispensables et 4 ce qu’il y a d’absolument indispensable dans lés ceuvres nécessaires.
— Et sil’on ne peut avec ses seules ressources pourvoir méme a ces couvres indispensables, faudra-t-il se croiser les bras faute de subsides?
— Dans ce cas, on peut adresser au dehors un appel discret aux personnes 4 méme de nous entendre. Il y a des familles ot l’auméne est toujours vue avec faveur et quise font un devoir de ne refuser 4 personne. I] en est d’autres au contraire ot la bonne volonté n’est pas toujours servie par les ressources nécessaires, et qui voient leur superflu absorbé par des ceuvres auxquelles elles ne peuvent refuser. Avant de demander pour vos ceuvres a telle personne, songez que, s? elle est charitable, elle a déja di, dans sa paroisse, 40 donner aux quétes faites pour lVentretien de léglise, pour ’achat de tel ou tel ornement, d’un chemin de croix convenable, d’orgues, de statues, etc.; 20 donner aux pauvyres, par Vintermédiaire de M. le curé, par les Dames de charité, par les membres des conférences de Saint-Vincent de Paul, par elle-méme, toute famille riche ayant ses pauvres de prédilection ; 30 donner aux écoles libres : construction, entretien du personnel, fournitures scolaires, vétements et nourriture aux enfants pauvres, prix, etc. ; 40 donner aux ceuvres de préservation cercles, bibliothéques paroissiales, patronages de jeunes gens et de jeunes filles ; 50 donner aux ceuvres diocésaines : ceuvre des séminaires et des vocations sacerdotales, ouvroirs et orphelinats du diocése; 6° donner aux ceuyres régionales : facultés catholiques, ceuvre de la bonne presse, journaux religieux ou simplement politiques, etc. ;'70 donner aux cuvres nationales : église du Sacré-Cceur 4 Paris, malades pauvres de Lourdes, pélerins pauvres de Jérusalem et de Rome, organisation des pélerinages de Lourdes et de Jérusalem, couvres de mer, comité de défense sociale, souscriptions ouvertes dans les
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grands journaux pour telle ou telle ceuvre! nationale; 8° donner aux ceuvres catholiques : Propagation de la foi, Sainte-Enfance, Denier de Saint? Pierre, Giuvre de Saint-Francois de Sales, Gtuvre des Ecoles d’Orient, Giuvre pour I’abolition de Vesclavage, (Huvres de Terre-Sainte, appels pressants des missionnaires; 99 donner aux quéteurs a domicile : incendiés, estropiés par accident (on en voit autant qu’on en veut) ; 100 donner aux religieuses qui tendent la main pour nourrir les vieillards, les idiots, les sourds-muets, les orphelins abandonnés, les incurables; 14° donner aux prétres qui sont dans la nécessité absolue de reconstruire une église dans les paroisses pauvres; 12° donner a des ceuvres diverses dont j’ignore les noms et dont on pourrait classer ’aumone dans le chapitre des dépenses imprévues.
Et tout cela est annuel et revient avec une régularité désespérante pour les bourses mal garnies. C’est vous dire que les appels faits a l’étranger en faveur d’ceuvres purement paroissiales ne doivent s’adresser qu’a des familles fort riches, qui, sans rien enlever a leur budget ordinaire des ceuvres, peuvent puiser au chapitre de V’imprévu pour répondre a des demandes venant du dehors. Par conséquent il est trés indiscret de s’adresser : aux curés et vicaires, les faibles ressources dont ils disposent étant tout d’abord destinées a leurs ceuyres personnelles et a toutes les ceuvres générales que je viens de vous énumérer ; aux employés des églises paroissiales, qui trop souvent ‘recoivent des images a placer contre une — aumdéne, ou des feuilles de souscription a faire remplir, sans pouvoir répondre aux désirs des solliciteurs ; aux familles d’une modeste aisance, qui serent peinées de vous refuser ou se mettront dans la géne pour vous faire plaisir.
— Comment s’y prendre pour faire rentrer les fonds destinés aux bonnes ceuvres?
— Si je vous donnais un moyen infaillible, il faudrait ’imprimer sur une belle feuille et en tirer des milliers d’exemplaires : nous aurions un fort débit, car c’est un souci permanent pour ceux qui ont en main les clefs de la caisse des ceuvres de faire rentrer chaque année les cotisations et les aumones.
Deux moyens cependant sont a la disposition des trésoriers : les cotisations annuelles, et les quétes sous leurs formes multiples.
10 Les cotisations annuclles. L’Eglise ne veut pas qu’on paie une somme déterminée pourentrer dans les confréries ; mais elle ne défend pas, méme dans les confréries, les cotisations annuelles qui ont pour but de subvenir aux besoins des ceuvres.
Nl est utile d’exiger de ceux qui profitent d’une ceuvre, une cotisation réguliére, si légére qu’elle soit. C’est @’abord un appoint a la caisse, qui n’est pas a dédaigner. Ensuite, c’est un moyen de faire estimer l’ceuvre : nous sommes ainsi formés que nous jugeons une chose d’aprés le prix qu’elle nous a cotite, et ce qui est gratuit pour nous a peu de valeur a nos yeux.
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- ies hommes prudents cherchent en dehors de Vceuvre des membres honoraires dans une situation aisée, a qui ils demandent une cotisation plus élevée : ce sont des bienfaiteurs, dont on doit entretenir avec soin la bonne volonté.
Pour faire rentrer les cotisations, il faut suivre Vexemple des grandes ceuvres catholiques, qui partagent leurs associés en minimes fractions, avec un chef de série chargé de relever l’argent a des époques fixes. Ainsi faut-il faire pour les euvres. Un dizenier peut, sans froisser, réclamer
une cotisation, et sans étre froissé, recevoir un refus ou une demande de delai.
20 Les quétes. Pour alimenter leur caisse, les hommes d’ceuvres se font quéteurs. Le métier nest pas agréable. Si on l’exerce dans une assemblée publique, il y a bien des bourses qui restent closes; a domicile, on recoit, avec force remon- ‘trances, bien des Dieu vous bénisse ! Restent les lettres et circulaires envoyées par la poste, les annonces dans les journaux, etc. :
—- Au moins, avec celles-la, on n’entend pas les récriminations des mécontents.
-— Elles produisent peu, dit-on. Aussi ceux qui ont la véritable vocation de quéteurs se procurent la liste des maisons renommées par leur charité et leur adressent des appels personnels par des lettres autographes.