‹ L' ami du Clerge ParoissialChapitre 53 sur 276 · IX. — Cette variété si grande de matiéres ex · texte numérisé non relu

IX. — Cette variété si grande de matiéres ex

‘ plique suffisamment la vogue du journal a Rome.

Les esprits de toute nature y trouvaient de quoi satisfaire leur curiosité. Aussi « ce n’est pas une question, a écrit M. Victor Leclerc s, de savoir si au temps de l’empire, ces actes diurnaux ou journaux se répandaient dans toute l’étendue de la domination romaine. Il suffit pour s’en convaincre de lire Pline l’Ancien, Suétone et Tacite. » Ce dernier nous apprend quils étaient lus avec avidité dans les provinces et dans les armées *¢.

4 Pline, vu, 61.

2 Cf. Mer Péchenard, ouv. cité, p. 13.

3 Des journaua ches les Romains, p. 180.

4 Annales, xvi, 22. Diurna populi romani per provincias, per exercitus curatius leguntur.

On n’avait pas, il est vrai, le secours de limprimerie pour la multiplication des exemplaires. Mais du moment que le journal était recherche, on peut étre stir que les Romains savaient en tirer parti. C’était du reste chose relativement facile. Les copistes, esclaves publics ou privés, étaient communs 4 Rome, Les marchands de livres en possédaient un grand nombre, au besoin ils en louaient a la Ville qui en tenait a leur disposition. Ces esclaves copistes, librarii, ne cofitaient pas, cher et écrivaient avec une grande rapidite. Leur travail pouvait suffire 4 la reproduction du journal. De fait nous avons des exemples de la multiplication des exemplaires d’un ouvrage. Quand Cicéron incriminé pour sa conduite dans Vaffaire de Catilina voulut mettre opinion publique de son cété, il se procura assez de copies des actes du procés pour en répandre dans toute Il’Italie. D’aprés Pline, l’ancien sénateur Régulus ayant perdu son fils, fit faire mille copies du discours qu’il prononga aux funérailles et les envoya dans les principales villes de Vempire. C’était la une douleur plutét bruyante, dira-t-on; mais cest aussi une preuve évidente de la facilité que lon avait alors de multiplier le journal.

Le journal écrit, il fallait le répandre. Pas plus que Vimprimerie, la poste ou les chemins de fer n’étaient a la disposition des marchands de journaux. Sous l’Empire, les’ grands fonctionnaires pouvaient utiliser la poste impériale, mais sous la République, ils n’avaient a leur service que des esclaves chargés de porter leurs messages. Crétait le cas aussi des plus riches citoyens. Les autres profitaient des occasions et mettaient a profit la bienveillance des publicains. Les publicains n’étaient pas autre chose que des banquiers qui joignaient au commerce de largent |’affermage des impdts dans les provinces. Ils étaient organisés en grandes sociétés, analogues 4 celles qui existent de nos jours, et entretenaient des correspondants dans tous les pays, des messagers sur toutes les routes. Comme aujour@hui ils se montraient complaisants pour les gens d’importance, quelquefois aussi pour le menu peuple. Les Romains qui étaient al’étranger avaient soin comme Cicéron d’avoir 4 Rome un ami obligeant, qui leur copiait le journal‘, ou l’achetait tout copie,

ou encore choisissait les nouvelles et leur expé-

diait le tout par une voie quelconque. Les moins fortunés montaient la garde prés du port, et quand il se présentait une bonne figure, ils lui remettaient leur pli pour les correspondants éloignés. C’était un peu hasardé. Mais gu’y avait-il d’assuré alors? Nos ancétres étaient moins difficiles que nous, ils savaient attendre,

* Cicéron, Epitres famil., vin, 11. « Prenez dans ces nouvelles de Rome tout ce qui vous intéresse, et laissez de cdté une foule d’articles, tels que: acteurs sifflés, cérémonies funébres et autres frivolités. Je crois cependant que les choses utiles l’emportent. Et puis, j’aime mieux vous enyoyer tout, méme des détails dont vous n’avez pas besoin, que d’en supprimer de nécessaires. » Ccelius & Cicéron.

X. — Le journal a vécu jusqu’a la) finde Vempire, mais en perdant chaque jour de sa clientéle. La vie politique se mourait, et sans la -poli-

tique le journal ne fait que végéter. Le christia-

nisme qui a rejeté tant d’éléments paiens, fut encore funeste au journal. Les chrétiens s’inquiétaient assez peu du sort de l’empire, la chronique légére ou scandaleuse leur importait encore moins; de la leur mépris profond pour l’ancien journal. Ils eurent d’ailleurs, eux aussi, et dés le début, leurs chroniques et leurs actes, c’est-a-dire dans un sens large, leur journal.

Ce qui les occupait en effet, c’étaientleurs assemblées d’évéques, leurs discours, la mort des martyrs, et c’étaient la les matieres de leur journal. Quand l’évéque recevait une lettre des fréeres éloionés, le compte rendu d’un concile, il en donnait lecture devant la communauté assemblée. Des copies en étaient faites pour les fidéles qui le désiraient dans cette méme église ou dans d’autres. Les sermons de l’évéque, ses lettres aux fidéles quand il en était éloigné, pouvaient pareillement étre multipliés. Il est vraisemblabie aussi que les faits concernant la vie religieuse de la communauté, les avis épiscopaux, étaient affichés sur une sorte d’album dans les églises chrétiennes et transmis aux absents. 3

C’est dans les temps de persécution surtout que les communautés dispersées éprouvaient le besoin

de s’entendre entre elles et de s’encourager a la

perseverance. La matiére la plus ordinaire’ de leurs communications était alors le récit des juge-

ments et de la mort des martyrs. Les fideles .

copiaient au greffe du tribunal ou rédigeaient eux-mémes ces comptes rendus et les envoyaient aux fréres éloignes. «Il nous reste plusieurs de ces lettres dont les plus célébres sont celles des chrétiens de Smyrne sur le martyre de saint Polycarpe et celle des fidéles de Lyon et de Vienne 4 leurs fréres d’Asie et de Phrygie !. » Les Eglises les gardaient précieusement dans leurs archives et

enrichissaient de ces nouveaux noms la liste des

saints a invoquer. On sait qu’a Rome le pape saint Clément avait institué sept notaires, et le pape saint Fabien sept sous-diacres pour accomplir ce saint mais délicat ministére.

Si Pon ajoute a ces éléments les lettres des papes aux différentes parties de la chrétienté, on aura toute la matiére des journaux chrétiens : elle était suffisante pour gagner toute leur attention. La preuve en est dans Je nombre considérable des documents qui nous sont restés sur cette époque. Pour qwils soient arrivés jusqu’a nous, il a fallu qwils fussent multipliés en orand nombre a lorigine et conservés avec la plus grande yénération. A les lire, on se console de la décadence du journal romain.

XI. — Le journal chrétien a survécu au monde ancien dans les actes des conciles, la correspon-

"Cf. Martigny, Dict. des antig. chrét., art. Martyrologe — Actes — Calendriers.

dance des papes et des évéques et quelques chro-

niques ecclésiastiques ; c’est au bout de dix siécles

seulement, vers 1525, que le journal civil reparait

a Venise d’abord, puis en Angleterre et en France, Au temps de Soliman le Magnifique, on publiait a Venise une Notitie scritte, qui se vendait deux liards, wna gazetta, d’ou le nom de Gazette !. Peu apres, on voyait en Angleterre un Mercure, « pour démentir les fausses nouvelles,» et, en France, en 4605, un autre Mercure, sorte de revue irréguliére, interrompue en 1644, reprise en 1672 et mensuelle a partir de 1678, Le Mercure francais était un vol. in-42 de 300 a 400 pages, livré au prix de 3 livres.

Mais ce n’étaient la que des embryons. Notre premier journal est en réalité la Gazette de France, dont le premier numéro date du 30 mai

4634. Le médecin Théophraste Renaudot qui l’a eréée, la publiait une fois par semaine, sous la forme d’un in-4° de 8 a 12 pages. En 1762 seulement elle parut en quatre pages 4 deux colonnes et devint quotidienne en 1792.

Nos ancétres, avant4792, ne connaissaient avecla Gazetie et le Mercure que le Journal des Savants (4665), PAnnée Litiéraire (1754), céleébre par’ son hostilité contre les philosophes du xvure siécle, le Journal de Trévoux, et quelques chroniques plus ou moins légéres. (La Gazette de France et le Journal des Savants existent encore). C’était peu, mais la Révyolution a réparé le temps perdu et ouvert les voies les plus larges au journalisme. La contrainte qu’il a subie un instant sous ’Empire et la Restauration n’a fait que lui donner de Yélan.

Ainsi «deux cents ans 4 peine nous séparent du berceau du journalisme, et encore ne compte-t-il guére plus d’une cinquantaine d’années de véritable existence. Ce ne fut d’abord, en effet, qu’un humble ruisseau, qui, jusqu’en 1789, coula sans grand bruit et presque inapergu; mais alors gonflé par Vorage révolutionnaire, il déborde et renverse tout sur son chemin, jusqu’é ce qu’une main de fer V’ait enfermé dans des digues étroites qu’il parvient a rompre aprés trente ans d’efforts pour -s’ouvrir le large lit ol il a coulé depuis. » C’est en ces termes gu’il y a cinquante ans M. Havin parlait des progrés du journal. Que dirait-il aujour- @hui? De fait, il y aurait beaucoup a dire pour et contre, surtout contre... Mais on aurait mauvaise grace 4 se plaindre des succés du journalisme dans un journal qui dépasse en succés tous ses confréres.

Ceux qui voudraient étudier cette question que nous avons résumée ici d’aprés des travaux plus personnels, pourront consulter : V. Leclerc, Des journaua chez les Romains, Paris, 1888; Revue des Deux Mondes, 15 dé-

cembre 1839, 15 novembre 1895 ; Mémoires @ Hist. ane. et de Philologie, Egger, Paris, 1863 ;. Académie natio-

‘ Quelques mauvaises langues ont voulu faire croire que le mot de Gazette venait du mot italien gasza, ple ; mais les journalistes rejettent cette étymologie comme injurieuse. Un journaliste bavard! qui a jamais vu cela?

-TVAMI DU CLERGE

To a ee es * » Nr air” AT a as

nale de Reims, Discours de Mgr Péchenard, 1898. — Divers travaux allemands cités par M. Egger dans ses Mémoires, p- 286. — Cf. aussi Bouché-Leclereq, Institutions romaines et les Pontifes del Ancienne Rome.

<Q. — Gury, n. 425, De Poenitentia, parlant des priéres qui suivent la formule sacramenteélle, dit: « Hwee elevant bona opera peenitentis ad meritum satisfactionis sacramentalis. »

Le bon Ami voudrait-il nous dire la signification véritable de ces paroles ?

R. — Le P. Gury, 7. ¢., reproduit avec la plupart des théologiens une opinion de saint Thomas dont voici le texte complet: « Et hee que preter injunctionem expressam facit (pcenitens), accipiunt majorem vim expiationis pr:eterite, ex illa generali injunctione qua sacerdos dicit : Quidquid boni feceris, sit tibi in remissionem pec-

- catorum. Unde laudabiliter consuevit hoc a multis

sacerdotibus dici, licet non habeant majorem vim ad prekendum remedium contra culpam futuram; et quantum ad hoctalis satisfactio est sacramentalis, in quantum virtute clavium est culpz commiss expiativa. » (Quodiib. 3, art. 28, in corp.). Ailleurs le méme docteur enseigne que « opus . quod quis facit ex intentione sacerdotis, dupliciter valet penitenti: uno modo ex natura operis (id est, eX opere operantis); alio modo ex vi clavium (id est, ex opere operato). »

Saint Thomas distingue une double pénitence ou satisfaction sacramentelle. L’une est particuliere, déterminée: c'est l’oouvre pénitentielle que le confesseur enjoint, per injunctionem expressam, au pénitent et que celui-ci est tenu d’accomplir. L’autre est générale, indéterminée: ce sont toutes les bonnes ceuvres que le pénitent fera dans la suite ea injunctione generali sacerdotis dicentis: Quidquid bont feceris, etc. Ces deux espéces de satisfaction sacramentelle produisent leurs effets virtute clavium, ex opere operato; mais ces effets sont différents. La premiére a un double effet : elle remet ex opere operato, en tout ou en partie, la peine temporelle due aux péchés effacés par Vabsolution; de plus elle obtient au pénitent des graces qui remédient aux restes du péché (langueur spirituelle, mauvais penchants), et le fortifient contre les rechutes. La seconde n’est pas médicinale : elle remet seulement la peine temporelle. En vertu de ces paroles du prétre: Quidquid boni feceris, toutes les bonnes couvres que le pénitent accomplira a l’avenir auront un double mérite satisfaetoire, l’un ex opere operantis, et l'autre ew opere operato.

Telle est la doctrine de saint Thomas, que suit ici le P. Gury.

Q. — Un fraudeur dénoncé par son yvoisin par vengeance est pris et condamné a 1000 francs d’amende.

Plusieurs de mes confréres prétendent que le dénonciateur a péché contre la justice, et qwil est tenu a rembourser au fraudeur une partie de l’amende, en proportion du surplus des droits de circulation qu’il aurait da payer ala régie: si les droits dus se montaient 4

400 franes, ce serait’600 francs que le dénonciateur devrait rembourser au fraudeur pince. Ve Ils donnent pour raison que le fraudeur a été obligé de payer 600 francs qu'il n’aurait pas été obligé de payer s'il n’avait pas été dénonce. foe D’autres disent que le dénonciateur n’a péché que contre la charité et quil n’est tenu a rien envers le fraudeur, condamné, parce que celui-ci en faisant la fraude s’exposait sciemment a payer une amende. Je

suis de cet avis.

Qu’en pense l’Ami du Clergé ?

R. — Pour qu’un acte peccamineux entraine 1’obligation de restituer, il faut qu’il soit formellement injuste, c’est-a-dire qu’il viole le droit strict du prochain et blesse la justice commutative. Or, dénoncer, méme par esprit de vengeance, un fraudeur a ceux gui sont chargés d’empécher et de réprimer la fraude, n’a rien d’injuste, rien qui blesse la justice commutative. En effet, dénoncer les violateurs des lois A ceux qui ont mission, de les faire observer, esten soi un acte bon et louable, puisqu’il tend, par sa nature, 4 procurer le bien de la société, bien qui résulte de la juste répression des délits. A la vérité, le motif qui porte 4 dénoncer peut étre mauvais, opposé, par exemple, a la charité, comme dans le cas présent ; mais ce motif, bon ou mauvais, ne change pas la nature de la dénonciation, laquelle demeure toujours un acte absolument juste et légitime en elle-méme. Du reste, le motif, quel qu’il soit, n’exerce aucune influence sur les effets de la dénonciation : ils sont les mémes, gue le dénonciateur agisse par amour du bien public ou par vengeance. Dans ce dernier cas, il y a péché contre la charité et non contre la justice.

Pour qu'il y ett péché contre la justice, il faudrait que le fraudeur etit un droit strict 4 n’étre pas dénoncé ; or, il est manifeste qu’il n’a pas ce droit. C’est pourquoi la dénonciation inspirée par la vengeance a blessé seulement la charité et non la justice; et son auteur n’est pas tenu a restitution.

Q. — Ilya trois ans une bergére trouva au milieu des bruyéres 200 francs. Six mois aprés elle dit 4 quelques personnes de l’endroit qu’elle avait trouvé cette

somme. Aucune réclamation ne fut faite. Aujourd’hui’

seulement cette bergére demande au confesseur ce qu'elle doit faire de la somme trouvée. Le confesseur lui a dit de garder cent francs pour elle et de donner cent francs pour des bonnes ceuyres. Est-ce suffisant ?

R. — L’inventeur d’une chose perdue, avant d’avoir le droit de se l’approprier, est tenu, en vertu d’un quasi-contrat, et par conséguent ex justitia, de faire en temps utile les publications accoutumées pour en découvrir le propriétaire : par exemple informer le public par la voie des journaux ou par l’entremise du maire, du commissaire de police, du garde champétre, etc., que tel objet a été trouvé, tel jour, dans tel endroit. Ces publications faites, si aucune réclamation ne se produit, l’inventeur peut garder pour lui la chose perdue qu’il a trouvée. Tel est l’enseignement commun des théologiens aujourd’hui.

: L’AMI DU CLERGE © aos , os ; Ee EES

Dans le cas présent, la bergére n’a pas faitriles publications requises : car dire a quelques personnes de l’endroit qu’elle a trouvé 200 francs aw milieu des bruyéres, était un moyen tout a fait insuffisant pour informer le public et amener la découverte du propriétaire. Au surplus, elle a attendu six mois pour faire cette révélation. Ce laps de temps rendait beaucoup plus difficile, sinon impossible, la découverte du propriétaire, qui était peut-étre un étranger, un voyageur. En conséquence, la bergére ne peut s’approprier la somme trouvée, ni en tout ni en partie.

Son devoir est d’informer le public d'une maniére sérieuse et selon les régles ordinaires; et si aucune réclamation ne se produit, elle prélévera sur la somme trouvée les frais d'information et versera le reste 4 la caisse des pauvres ou des bonnes oeuvres. N’ayant pas fait en temps utile — les démarches nécessaires pour découvrir le propriétaire, il est juste qu’elle ne bénéficie pas de sa négligence, qui semble bien n’avoir pas été exempte de faute.

Q. — Nous avons dang notre paroisse un singulier personnage agé aujourd’hui de 73 ans, qui depuis l’Age de 11 ans s’est cru appelé par Dieu ala haute mission de soulager l’humanité souffrante. Sa réputation de guérisseur est quasi européenne. On vient le trouver ou on le consulte de tous cétés. Mais ne sont guéris que ceux qui ont confiance en lui. Pour remédes, il ne donne qu’un petit morceau de pain, fait boire dans son yerre, fait quelques passes, prescrit quelques priéres, et puis recommande d’avoir confiance en Dieu et en lui. Un certain nombre de personnes m’ont affirmé avoir été. soulagées et méme complétement guéries par lui. Que penser de ces prétendues guérisons ?

Ce peu banal esculape n’est pas précisément um saint. Il vient cependant a4 la messe et faisait méme ses paques jusqu’a une mission ov les Péres, parait-il, ne se montrérent pas si complaisants. En voici la raison :

Cet individu posséde deux livres dont il ne veut pas se dessaisir : j le L’Evangile selon le Spiritisme, par Allan Kardec; 2° Secrets merveilleux pour la guérison de toutes

les maladies physiques et morales, par Yabbé Julio.

Je crois done mon sorcier adonné au spiritisme. Comment agir avec lui s’il se présente au tribunal de la pénitence, ou en cas de maladie ?

Peut-on admettre une certaine bonne foi? ~

R. — Il suffit de se reporter aux principes relatifs 4 la superstition. donnés tout récemment par PAmi, n° 5, p. 103, pour résoudre ce cas. Il s’agit ici de superstition véritable, ou les moyens employés ne peuvent guérir ni par une vertu naturelle, ni par une vertu divine, puisque « pour remédes, il ne donne qu’un petit morceau de pain,

fait boire dans son verre et fait quelques passes »

quelle proportion naturelle ou divine peut-il exister entre cela et l’effet voulu? Il y a done invocation au moins implicite du démon. II prescrit bien quelques priéres, mais quelles priéres? et encore ce n'est pas en elles qu’il se fie le plus: il faut avoir confiance en Dieu et en tui, une confiance sans doute infaillible: quel orgueil! Il n’est pas” un seul des saints thaumaturges qui ait recommandé d’avoir confiance en lui: pour eux, Dieu

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-. LVAMI DU CLERGE: 939

était ‘tout, eux n’étaient rien. Cette homme se croit une haute mission; il joue le réle d’envoyé de Dieu ; c’est un Allan Kardee au petit pied, et il doit assurément étre adonné plus ou moins au spiritisme ; les livres auxquels il tient tant et dont il ne veut se dessaisir 4 aucun prix le montrent bien. Sans doute il peut encore avoir une certaine bonne foi : quel est celui qui ne cherche pas Aa se faire illusion quand il s’obstine dans des idées mauvaises? mais pas une bonne foi suffisante pour l’excuser, d’autant plus que les Péres de la mission ont da l'instruire quand il s’est présenté devant eux et qu’il a résisté opinidtrément a la grace. Ces Péres ont done fait leur devoir en ne VYadmettant pas a la sainte communion.

Si désormais il se présente au tribunal de la pénitence, il est évident qu’il faut faire ce qu’ont fait les Péres, 2 moins donc que ses dispositions ne s’améliorent et qu’il veuille bien s’amender. — En cas de maladie grave, si le prétre est anpelé prés de lui, ou du moins admis, et quail veuille consentir a se confesser, la chose sera bien plus

dit entre autres choses, en 4856 : « Il n’y aura

plus de religion, ou plutét il en faudra une, mais |

vraie, grande, belle et digne du Créateur, et c’est toi qui es appelé a l’établir. »

Aussi, aprés son premier livre : Le Livre des Esprits, son familier lui remit une approbation écrite et signée de saint Jean l’Evangéliste, saint

Augustin, saint Vincent de Paul, saint Louis, La |

Vérité, Socrate, Platon, Fénelon, Franklin, Swendenborg, Chateaubriand, etc.

Son livre principal : L’Evangile selon le Spiri- 2

tisme, a pour but d’enseigner qu'il y a trois révélations : la premiére faite 4 Moise, la seconde faite a Jésus pour compléter la premiére, et la troisiéme faite par les esprits dans le spiritisme pour compléter la seconde. « Le réle de Jésus, écrit-il, a été simplement celui d’un législateur moraliste sans autre autorité que sa parole, et cette autorité, il la tenait dela nature exceptionnelle de son esprit et de sa mission divine. » Le Christ n’était donc qu’un homme, plus grand sans doute que tous ceux qui l’avaient précédé, mais

facilé* parce qu’a ce moment-la il y a presque tou-***moins grand évidemment que lui, Allan Kardec,

jours une grace plus forte et plus abondante, et la volonté fléchit plus facilement aux approches de léternité; et quand mémeses dispositions seraient encore trés douteuses, pourvu quwil n’y ait pas indisposition absolue et certaine, on pourrait au moins lui donner une absolution sous condition, parce qu'il se trouve dans la nécessité extréme, et ensuite l’extréme-onction, qu’on ne devrait méme pas lui refuser dans le cas ot, par défaut de connaissance, il ne pourrait faire aucune confession. Que penser des prétendues guérisons?

Comme il ne faut admettre l’extra-naturel que guand il est bien prouvé, il faut croire que ces -prétendues guérisons sont dues 4 l’imagination surexcitée par la confiance comme infaillible demandée et obtenue. Mais alors, en général, ces -guérisons ne peuvent pas étre de trés longue durée, la nature devant un jour ou l’autre reprendre empire sur l’imagination. — Sil y a des cas ou ces guérisons ne peuvent certainement étre attribuées ni a l’imagination, ni a la supercherie, comme le divin ne peut étre invogué ici, il faudrait croire 4 une opération diabolique, et encore ne ferait-elle jamais de miracles de premier ordre. Que faut-il penser des livres d’Allan Kardec et de l’abbé Julio? :

- *Léon Hippolyte Denizart Rivail, destiné a étre

plus tard le grand pontife du spiritisme sous le-

pseudonyme d’Allan Kardec, naquit a Lyon en 4804 d’une famille catholique, mais il fut élevé en Suisse 4 1’école protestante de Pestalozzi. Le but qu'il poursuivit pendant plusieurs années et qu’il ge croyait appelé a atteindre, était l’unification des croyances, et a partir de 1854 ot il lui fut donné d’assister 4 des séances spirites, le spiritisme lui parut le meilleur moyen pour arriver a ce but, et bientdt il entra en relation avec un esprit qui se donna d’abord le nom poétique de Zéphir et plus tard, celui de La Vérité, et qui lui

qui devait compléter son ceuvre et combler le vide qui séparait la science de la religion.

Quant a Vabbé Julio, évidemment ce n’est qu’un bien petit homme prés du grand Allan Kardec.

C’est seulement un prétre dévoyé, qui ne craignit pas tout récemment de convoquer tous les catholiques au congrés spirite de 1900. « Je fais appel, dit-il, a tous les catholiques prétres ou laics... L’Eglise ne perdra rien de ses dogmes, rien des vérités éternelles qu’elle a proclamées par la bouche de ses docteurs, en prenant contact avec le monde scientifique... La foi naive va devenir la foi éclairée... La section des spiritualistes indépendants est ouverte a tous ceux qui veulent aider a faire pénétrer la vérité dans les masses... » — « Notre abbé, dit le docteur Surbled, a écrit un

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