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Nous sommes arrivés au terme de notre réponse. Elle a été plus longue que nous ne le pensions en prenant la plume. Nous avons pourtant voulu éviter les longueurs et ne dire que le nécessaire, et encore avons-nous laissé de cété un certain nombre de bons arguments dont saint Thomas nous offrait la matiére; nous nous sommes bornés aux textes les plus explicites.
Si nous avons attaché de l’importance a la question, c’est que rien n’est plus utile 4 la vraie piété que la connaissance de tout ce qui se rapporte & la vie surnaturelle et, dans cet ordre d’idées, de ce qui tient a laction divine dans nos
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ames. Il nous faut connaitre les dons de Dieu afin de les estimer & leur valeur, d’en remercier la divine bonté et de les mettre a profit en en faisant un usage qui sera d’autant meilleur que nous en aurons une connaissance plus exacte et plus approfondie. C’est pourquoi nous ayons salué avec bonheur l’ouvrage du P. Froget sur |’ Habitation du Saint-Esprit dans les dmes justes, comme nous avions fait auparavant pour le remarquable volume De deificatione justorum per Jesum Christum, de Mgr Laneau, premier vicaire apostolique de Siam, édité par les Missions étrangéres, 4 Hongkong; puis pour le substantiel et intéressant traité de M. Bellamy, professeur au Grand Séminaire de Vannes: La vie surnaturelle considérée dans son principe.
Crest dans le méme but que nous avons consacré dans Ami du Clergé W@assez longues études au Saint-Esprit, 4 ses dons, a la grace divine.
Eclairés des rayons si lumineux qui émanent de nos grands docteurs et principalement de celui qui est le Maitre par excellence, nous pourrons, tout en nous édifiant nous-mémes, répandre d’immenses et bienfaisantes clartés dans les 4mes qui nous sont confiées et quisont avides de ces lumiéres. Aussi ne pouvons-nous. mieux terminer ce travail qu’en empruntant au P. Froget lui-méme ces lignes qui terminent sa réponse: « Puissent ces humbles pages contribuer a répandre la connaissance et l’estime des dons divins, faire croitre dans les cceurs la dévotion envers l’Esprit sanctificateur, et réaliser ainsi, quoique dans une faible mesure, le yeu du Souverain Pontife Léon XIII, quand il exhortait naguére les prédicateurs et ceux qui ont charge d’Ames a faire de plus en plus connaitre et aimer |’Esprit-Saint » (p. 568).
Ajoutons que nul ouvrage n’est mieux fait povr atteindre ce but que celui dont nous le remercions et le louons de nouveau : L’Habitation du Saint- Esprit dans les dmes justes. Ce n’est pas « dans une faible mesure, » comme il le dit avec une édifiante modestie, mais dans une large mesure, que le P. Froget contribuera 4 la réalisation des veeux du Souverain Pontife.
QUESTIONS de science ecclésiastique CONSULTATIONS DIVERSES
Q. — L’Ami du Clergé dans son n° 17 de 1899, p. 384, n’a-t-il pas été trop sévére pour ce pére de famille qui, mourant, n’a d’autres moyens de vivre qu’ « une allocation mensuelle d’une société défendue » ?
Ne parait-il pas certain que notre malade remplit ou peut remplir toutes les conditions mentionnées deux pages plus haut dans le méme numéro de Ami, ot lon donne la lettre du cardinal Parocchi 4 Mgr Satolli determinant « en quels cas on peut tolérer inscription dans les sociétés condamnées » 2?
La seule difficulté est qwil (notre malade) tient a demeurer membre de la dite société. Or ici simpose
une distinction importante, nécessaire méme, sans laquelle on risque une solution plus ou, moins juste, et que Ami n’a pas méme insinuée : il est évident que ce pére de famille ne peut pas demeurer membre actif dune telle société, mais est-ce qu'il ne peut pas demeurer membre passif dans le sens des quatre conditions « toutes réalisées en méme temps » ?
Si le cas proposé n’est pas fictif, il serait charitable de rectifier cette décision absolue de lAmi s’il y a lieu, comme c’est mon avis ainsi que celui de. plusieurs autres de mes confréres.
R. — L’Ami n’avait pas & insinuer dans la réponse visée par notre correspondant la distinction des membres actifs, et passifs qui n’intéressait point la solution du cas proposé. Il est une autre distinction 4 laquelle le rédacteur du cas susdit a pensé, qu’il a insinuée assez clairement et que notre honorable critique parait n’avoir pas soupconnée, c’est celle-ci: autre choseest un membre public, autre chose un membre occulte ou quasi occulte d’une société condamnée. Avec un membre occulte la tolérance de participation passive peut s'admettre en circonstances urgentes et particuliéres, le scandale n’étant pas a craindre. Mais pour un membre public « connu comme tel au vu . et au su de tous ses co-paroissiens, » c’est autre chose. Comment imaginer la conciliation possible de ces deux contradictions : abjuration publique et participation publique? Si le pénitent se sépare publiquement de la société, il perd ses droits a assurance, aux termes des statuts ; s'il ne s’en sépare pas publiquement, le scandale demeure et la réconciliation avec l’Eglise est impossible. Admettez-vous qu'il puisse publiquement renoncer 4 faire partie de l’association interdite, et secrétement continuer a verser ses cotisations, et illusionner ou tromper assez ses anciens compagnons pour leur laisser ignorer sa conversion et bénéficier de la clause statutaize qui veut que Vassocié « demeure membre de la société toute sa vie durant »? Si vous admettez cela comme possible, votre solution serait acceptable, et nous y avions pensé. Mais en vérité Vhypothése n’implique-t-elle pas contradiction? C’est notre avis ; ce sera le votre aussi, sans doute, 4 la réflexion ; et dés lors notre réponse était juste.
Q. — Une femme catholique, vivant maritalement avec un juif, et en ayant eu deux enfants, .se propose de venir habiter ma paroisse, de s’y marier civilement et ensuite a l’église. En conséquence elle me prie de solliciter dispense auprés du Saint-Siége.
le Une telle dispense est-elle en usage en France, surtout dans les régions exclusivement catholiques?
2° Le curé qui n’a aucune raison particuliére en faveur de ce mariage, et qui sait au contraire que cela cause-
vait un grand scandale dans sa paroisse et exposerait
les fidéles 4 la tentation de faire de semblables mariages, : dans un milieu industriel ot Pon rencontre des gens de toutes religions, peut-il préter son concours pour obtenir une telle dispense, sachant d’ailleurs que sur un tel exposé la dispense sera refusée 8 Rome ?
3° Le danger de mort de la femme catholique serait-il une raison suffisante pour solliciter cette dispense? Ne vaudrait-il pas mieux alors obtenir la promesse devant témoms, de se séparer si elle revient en santé, et de l’en-
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CLERC ee ee 99
terrer a l’église sans messe ni cérémonies afin d’éviter le plus de scandale possible ?
.R.— Ad I. Non. Cette dispense ne s’accorde qué trés difficilement dans les pays catholiques. Elle s’accorde cependant dans certaines circonstances particuliéres et sur de bons motifs.
Ad II. Cest a voir, suivant les cas. Il appartient au curéet 4 l’Ordinaire de peser le pour et le
contre. Il est clair que si la dispense doit étre cause de scandale et porter préjudice grave aux
intéréts spirituels de la paroisse, on ne l’accordera pas 4 Rome; on s’étonnera méme de la demande.
Ad Ill. En principe, non. Le bien général de la communauté chrétienne ’emporte sur les considérations d’ordre privé. Mais, en cas de mort, il faudrait de plus graves craintes de scandale, parce que, d’un cété, la conversion officielle de la moribonde, sa réconciliation avec l’Eglise, in articulo
mortis, peut produire bon effet, et de lautre, sa -non-réconciliation 4 cette heure supréme peut étre plus grand scandale que sa vie irréguliére.
La solution que vous proposez serait la meilleure. Tachez de Vobtenir. Elle sauvegarde tous les intéréts a la fois. Mais elle n’est pas toujours possible, et alors, wt supra, il faut choisir : ou légitimer le mariage publiquement par dispense, ou abandonner a son triste sort la concubine qui “ne veut pas de séparation, et ne pas l’enterrer
- religieusement.
Nota. — Si vous lenterrez a léglise, en cas de rétractation et promesse devant témoins, pourquoi -supprimer les cérémonies ordinaires, puisque vous
pouvez efficacement réparer et prévenir tout scan-
dale en publiant (en faisant savoir a tous) le fait de la réconciliation? A quoi bon priver la défunte,
quien a tant besoin, des suprémes secours de la - charité, si de ce fait les vivants n’ont nullement a -souffrir? A moins que yous ne vouliez procéder
ainsi pour raison de punition exemplaire... Ce qui passerait facilement pour excessif.
Q.— Une personne, ayant eu quatre ou cing enfants gui lui sont morts successivement aprés avoir vécu chacun plusieurs mois, voyant les épreuves que Dieu lui -envoie chaque fois qu’elle a. un enfant, met des empé- - chements 4 avoir des enfants. D’accord avec son mari elle croit ne point pécher, elle est dans la bonne foi. - Je Doit-elle étre inquiétée ? 2° Pourrait-on prudemment lui communiquer l’étude que vous avez faite sur l’onanisme ? ey
R. — Si vous pouvez le faire sans inconvénient, communiguez notre étude; c’est une maniére de s’en tirer qui dans certains cas pourra rendre service. Tout cela dépend un peu du degré d’éducation et des dispositions des gens qui sont en cause. Les uns pourront s’y éclairer, la ou d’autres ne verront rien ou aboutiront 2 un état de doute dangereux pour leur conscience. Plusieurs de nos -correspondants nous ont écrit qu’ils avaient eu a s’applaudir d’avoir « habilement » fait passer sous les yeux de tels bons laiques catholiques de leurs -paroisses l’article sur lonanisme, qui a été fort
bien compris, ainsi qu’ils ont pu le constater par Vattitude et le langage des pénitents aux confessions suivantes. Mais, encore une fois, c’est 1a un procédé qui ne serait pas bon 4 employer n’importe quand et avec n’importe qui. Nous écrivons pour des prétres et non pour les gens du monde; d’ou, dans nos formules, certaines expressions de casuistique libre que pourraient fort bien ne pas lire sans « étonnement » et sans apparence de « scandale » des esprits mal disposés ou mal préparés par leur éducation intellectuelle et morale 4 bien entendre, du premier coup, sur simple lecture, de pareils sujets. A chacun de voir, dans les décisions de sa prudence personnelle, ce qu’il conviendra de faire pour le mieux.
Q: — Un homme a fait partie de la franc-maconnerie
pendant unyan. L’année écoulée, il ne parait plus aux -
réunions, il née verse plus sa cotisation. Vingt ans se passent ainsi. Est-il encore excommunié? Et le prétre a qui il parle du passé, a-t-il, pour l’absoudre, besoin de pouvoirs particuliers ?
R. — L’excommunication qui a été réellement encourue ne peut étre levée que par l’absolution donnée par un juge légitime. Ni le’ temps écoulé, ni l’amendement du coupable ne’ sont suffisants pour V’enlever : il faut la sentence du juge.
Si cet ancien franc-macon a réellement encouru excommunication, ce qui est assez rare et ce qu’il faut tout d’abord bien examiner, un confesseur ordinaire ne peut l’absoudre: des pouvoirs particuliers sont nécessaires, car cette excommunication appartient a la classe des excommunications qui sont simpliciter réservées au S. Pontife. (Constit. Apost. Sed., § 2, n. 4).
Q. — Jean omet de faire ses Paques. Sa négligence
‘coupable entraine un péché mortel.
Le temps pascal est passé. Il pense chaque jour a son obligation de faire la communion pascale; mais, par fune négligence encore coupable, il s’en dispense. Commet-il chaque jour un nouveau péché mortel ?
R. — Non, il ne commet pas chaque jour un nouveau péché, mais seulement quand il renouvelle sciemment, par un acte nouveau, son refus de communier, ce qui suppose plusieurs conditions, savoir :
40 Qu’il sache et se rappelle présentement qu il est encore tenu de communier pour satisfaire au devoir annuel de la communion le plus tdét possible;
20 Ou’il voie une circonstance ou il lui serait moralement possible d’accomplir ce devoir, soit dans le présent, soit dans l’avenir ;
8° Que mis ainsi en denieure par sa conscience de réparer son omission en temps opportun, il refuse de le faire, soit qu’il forme cette résolution a Vavance, soit qu’il omette, par négligence grave, de communier quand le moment opportun est arrivé.
Il pourrait encore multiplier son péché par une série de changements dans sa volonté, par
30 L’AMI DU
CLERGE
exemple, si aprés avoir résolu de réparer son omission en communiant le plus tdt possible, il forme ensuite une résolution contraire. II ferait un nouveau péché chaque fois qu'il renouvellerait ce refus aprés avoir résolu de communier.
Mais s'il reste dans sa négligence sans faire aucun acte nouveau de volonté, son péché n’est pas multiplié.
Q.— Je lis dans le n° 83 de la Jurisprudence, a Varticle des obligations du bineur : « Si vous desservez plusieurs paroisses vous devez célebrer autant de messes pro populo quwil y a de paroisses. » Or, l'un de mes confréres est chargé de trois succursales. Il alterne réguliérement tous les quinze jours dans ses deux dessertes. Est-il tenu de dire dansla semaine une messe pro populo pour la paroisse qui n’a pas eu de messe le dimanche précédent? Autrement : est-il obligé dacquitter trois messes pro populo chaque dimanche ?
R. — ll est tenu d’appliquer trois ‘messes par chaque dimanche, conséquemment d’en appliquer une pendant la semaine pour la paroisse qui en a été privée le dimanche.
En plusieurs diocéses, les prétres qui desservent deux paroisses sont dispensés d’appliquer une seconde messe pro populo, a condition quw’ils acquitteront par leur seconde messe une intention dont Vhonoraire sera remis a ]’évéché pour une ceuvre diocésaine déterminée, le séminaire par exemple.
A défaut d’indult, le prétre doit autant de messes qu'il administre de paroisses.
Q. — Je dessers deux succursales et une chapelle. Pour le service de cette chapelle sans titre, j’ai 75 francs de ‘la commune. J’y célébre le premier dimanche du mois. Puis-je disposer de cette messe pour mes parents défunts ?
R. — Desservant deux succursales, vous devez deux messes chaque dimanche, une pour chaque succursale, méme quand vous célébrez la messe dans la chapelle et que la messe est omise dans la seconde paroisse.
Vous ne pouvez donc disposer de votre messe du premier dimanche du mois pour vos parents, ni pour aucune autre intention particuliére, 4 moins d’y étre autorisé par indult.
Q. — Dans les retraites de premiére communion ayant au' moins trois jours de durée, pour la confession des enfants, deux méthodes sont en présence.
Premiére méthode. Confession générale divisée en plusieurs confessions partielles: dans la premiére, v. g. accusation des fautes opposées aux six premiers commandements; dans la deuxiéme, reste des commandements de Dieu, etc.; dans la troisiéme et derniére, absolution.
En somme, absolution* renvoyée 4 la derniére confession.
Deuxieme méthode. Prénaration sérieuse et complete de la confession générale, aprés laquelle absolution.
Il revient a la mémoire des enfants, des péchés oubliés, des inquiétudes, on les avertit de se réconcilier une fois, plusieurs fois, si c’est nécessaire, mais on les a préparés a Vabsolution dés la premiére confession.
lo Y a-t-il des inconyvénients a suivre la deuxiéme méthode ? reek 02
20 Quelle est celle qui peut étre la plus utile aux enfants ? =
R. — Chacune des deux méthodes a du bon. Il y aurait lieu de ne pas s’astreindre a suivre toujours la méme pour tous les enfants. Mais, s’il faut s’attacher 4 une, de régle générale, nous préférons la premiére. Voici pourquoi.
40 Tl est préférable que la confession ait toute son intégrité avant labsolution. C’est plus régulier, l’instruction compléte de la cause devant naturellement précéder la sentence.
Sans doute les péchés mortels oubliés et les
péchés véniels de méme nature que ceux gu’on
accuse avec la contrition requise, seraient remis
indirectement. Mais ils doivent, au moins les mortels, étre directement soumis au pouvoir des clefs et les enfants devraient les accuser méme aprés en avoir été absous indirectement. I] est plus ré-
gulier de n’absoudre ces péchés que directement,
aprés qwils ont été accusés.
2° Jl vaut mieux pour les enfants n’avoir plus le souci de la recherche de leurs péchés pour se préparer immédiatement a l’absolution, ce qui se réalise plus facilement avec la premiére méthode qu’avec la seconde. Etant en repos sur la recherche des péchés, les enfants donnent toute leur attention aux motifs de contrition, et ils recoivent ainsi mieux préparés et avec plus de profit l’absolution.
3° Une absolution qui ne laisse prise 4 aucune inquiétude est chose si bonne, si agréable, si fortifiante, qu’il y a lieu de prendre tous les moyens pour que l’enfant aprés l’absolution puisse goiter sans mélange d’aucune amertume la douceur de létat de grace et de union certaine avec Dieu: ce qui ne pourrait avoir lieu s'il devait encore se demander s'il n’a pas encore quelque péché 4 confesser.
Si l’on adopte cette premiére méthode, il est évident qu'il ne faut pas fermer la porte du saint tribunal aux enfants déja absous, s’il leur revient ensuite quelque souvenir de péchés oubliés: ou quelque inquiétude de conscience.
Sila confession générale pouvait étre faite d’une maniére compléte en une seule fois, la seconde méthode aurait moins d’inconvénients. Mais lexpérience est la pour nous avertir qu’il ne saurait en étre ainsi habituellement.
Il pourrait arriver que quelque enfant efit besoin de recevoir l’absolution, not pas avant d’avoir fait une confession aussi complete qu’il le peut, mais sans aucun’ délai, l’absolution lui étant nécessaire pour se soutenir dans la pratique de la vertu et éviter le péché. Il faudrait tout naturellement faire une exception en sa faveur.
Q. — 1° Un curé qui désire s’absenter de sa paroisse pour un long voyage, s’est assuré les services d’un confrére. Il lui a promis un salaire de 150 dollars, et 50 dollars d’intentions de messes. Si, ce qui est probable, le prétre assistant acquitte pour plus de 50 dollars de messes, le curé pourrait-il se servir de Pexcédent pour payer le salaire convenu ? .
LAMI DU
CLERGE es) ie
2° Un jour que l’assistant était en promenade, un de ses amis est venu au presbytére et a confié au curé trois intentions de messes pour étre remises a l’assistant: Or le-curé ne trouva rien de mieux que de donner ces intentions comme yenant de lui-méme, et il obligea Vassistant ales déduire des 50 dollars d’intentions promises.
R, — Ad I. Il y ala un véritable contrat synallagmatique, qui doit étre littéralement exécuté.
D’une part, le curé promet : 4° 150 dollars sans autre condition que celle de remplir les obligations générales de la paroisse; 2° 50 dollars pour intentions de messes.
D’autre part, le remplacant s’engage 4 garder la paroisse et a acquitter des intentions de messes pour 00 dollars.
Au retour, si le or a gardé la paroisse,
‘il lui sera dt 150 dollars pour ce seul fait, sans qu’on puisse y toucher en conscience.
Pour les messes, s’il en a acquitté pour 50 dollars, on lui devra encore ces 50 dollars, outre l’argent déja mentionné plus haut.
Pourrait-il en acquitter davantage? Oui, s'il s’agit de messes que le curé serait obligé d’acquitter, sil était présent. Ces messes seront alors taxées d’aprés le tarif diocésain. Oui encore, s'il s'agit de messes manuelles remises personnellemental’assistant pour qu’il les acquitte lui-méme: ily aici une détermination certaine du prétre.
Mais il faudrait répondre non, s’il s’agissait dhonoraires remis pour le curé, car assistant n’aurait aucun titre 4 disposer de ces honoraires.
S’il en dispose, il est tenu a restitution a légard du curé; ou plutdt le curé pourrait retenir les honoraires, sauf 4 acquitter le méme nombre de “messes 4 l’intention du remplacant.
Ad II. Puisque dans le cas, la personne qui a apporté les intentions de messes a formellement désigné le remplagant pour les acquitter, le curé ne peut, sans injustice, les faire compter dans le nombre des honoraires promis pour le service pendant son absence.
Q. — Dans le résumé que l’Ami a donné du Guide canonique de M* Battandier, je lis ces mots (1898, p.973, “re col.) : « La S. Congr. a fait au sujet de ce voeu deux observations importantes... b) Expungantur sequentia : ... Assertio qua tenetur sub voto castitatis comprehendi ‘actus mere internos. »
D’autre part, Lehmkuhl dit (t. I, n° 581) : « Voto castitatis prohiberi quemlibet actum internum, adeo compertum est apud omnes ut in eo immorari necesse non
sit. »
Gomment concilier ces deux affirmations contradic-
toires? Si la S. Congr. a modifié sur ce point lenseignement unanime des TT., par quel décret l’a-t-elle fait? Je vous serais reconnaissant de donner quelques éclaircissements.
R. — La remargue que vous signalez a été -enyoyée aux Fréres du Sacré-Coeur d’Annecy par un décret du 15 mai1891, ad 4. Nous la reprenons : « Expungantur sequentia : ... Assertio qua tenetur sub voto castitatis comprehendi actus mere internos. » - baat at ao
« Les constitutions, ajoute Mgr Battandier, ne sont pas un cours de morale, elles doivent écarter avec soin tout ce qui pourrait lui ressembler, et telle est la raison des deux animadversions cidessus *. » (
Relisez cette observation et vous verrez qu ‘elle nest pas en contradiction avec Lehmkuhl. Le sens naturel, c’est que cette assertion ne doit pas figurer dans les constitutions. Il ne s’ensuit pas rigoureusement qu’elle soit théologiquement fausse.
Q. — Y a-t-il obligation pour tout prétre occupé aux fonctions du ministére paroissial d’avoir connaissance de toutes les réponses des Congrégations romaines, et pour ce faire, d’étre abonné 4 une reyue donnant toutes ces réponses ? :
R. =. Dobligation stricto sensu, non; et ce pour plusieurs raisons. Toute obligation suppose un objet déterminé auquel elle se rapporte, qui la spécifie. A quelle revue s’abonner pour la fin indiquée? Il n’y en a point qu’on doive considérer comme officielle au sens propre du mot; sur quoi porterait alors le devoir de s ‘abonner a une revue pour étre renseigné, si aucune n’a mission de nous renseigner en ce qui touche ‘les décisions des Congrégations romaines ?
De plus, l’abonnement aux revues n’est pas un moyen indispensable 4 employer pour arriver 4 savoir ce qu'il est nécessaire de connaitre parmi ces décisions. Toutes n’ont pas la méme importance; la plupart sont des réponses particuliéres, adressées a des particuliers pour des cas particuliers : celles-la n’ont point per se d’autorité obligatoire générale pour toute l’Eglise. Quant aux autres, a caractére absolu et universel, décisions dogmatiques ou morales, elles finissent toujours par pénétrer dans la presse catholique, dans les auteurs, dans la pratique, et par étre suffisamment connues autrement que par la lecture des revues. Les évéques d’ailleurs ont généralement soin de notifier au clergé et aux fidéles ces décisions graves a portée universelle, soit par l’organe de leurs Semaines religieuses, soit par voie d’ordonnances ou de lettres circulaires, soit enfin par la diffusion de Venseignement oral sous toutes ses formes.
Done, a parler strictement et per se; nous ne voyons pas qu’un prétre doive se croire en conscience obligé sub peccato 4 s’abonner a une revue pour y prendre connaissance des actes du Saint- Siége, qui ne s’imposent pas tous, tant s’en faut, a son attention, et qu’il peut aisément rencontrer ailleurs.
Néanmoins, per accidens, en partant de ce principe qu'il y a pour chacun de nous obligation de s’instruire sur ce sujet, et que la presse est devenue le moyen normal de communication qui transmet aux fidéles les lois et décrets promul-
‘ Mer Battandier, Guide canonique, n. 140.
gués 4 Rome, on peut dire, sans parler spécialement d’abonnement 4 une revue, que le prétre a un devoir lato sensu d’ouvrir les yeux et les oreilles, de se mettre au courant des nouveautés, de fréquenter enfin certains périodiques quelconques, ou au moins de s’éclairer auprés des personnes qu'il sait étre en état de lui fournir les informations utiles. Cependant, méme sur ce terrain, nous ne pousserions pas bien loin pareille théorie, et nous ne trouverions guére a blamer celui qui s’en tiendrait, pour la morale- par exemple, 4 un auteur récent et de bon renom, sans se croire obligé 4 faire des dépenses pour saisir au passage, dés leur premiére apparition, les réponses de Congrégations qui se multiplient beaucoup depuis quelque temps.
Mais, au fait, cher confrére, si vous étes un lecteur de l’Ami, vous pouvez trés bien vous en contenter. Voila, au moins en ce qui vous concerne, une réponse pratique a laquelle rien ne vous empéche de vous tenir tuta conscientia.
Q. — Dans une chapelle privée 4 laquelle est attaché tout ce qui est nécessaire pour lexercice du culte (ornements et vases sacrés), un prétre est invité par le propriétaire 4 venir célébrer la messe. Le curé de la paroisse peut-il défendre a ce prétre de dire la messe sur sa paroisse, quand il est de notoriété publique que ce prétre, du diocése, n’a contre lui ni suspense ni interdit ?
En deux mots : Un curé a-t-il le droit de défendre a qui il voudra de dire la messe sur sa paroisse?
R. — Le curé n’a de droits que sur son église paroissiale et les chapelles qui en sont la propriété. Pour les chapelles appartenant a des particuliers, a des confréries ou des communautés, le droit d’y permettre la célébration de la messe appartient au supérieur de l’Giuvre ou au propriétaire de la chapelle.
En cas d’abus, le curé n’a d’autre recours que d’en prévenir l’évéque diocésain, qui a seul autorité pour y remédier.
Ce point se trouve parfaitement élucidé dans le Traité des Confréries, de M. Tachy.
Nous citons le passage le plus important (n° 357) :
La confrérie jouit du droit de patronage sur Poratoire ; elle peut donc en conséquence :
1o Nommer le chapelain et le révoquer a son gré, comme nous l’ayons prouvé au chapitre consacré au chapelain ;
2° Indiquer au chapelain Vheure des cérémonies ;
8° Inviter les prétres quelle veut a célébrer dans Voratoire. Cette liberté est laissée aux patrons, comme le prouve la décision suivante de la S. Congrégation du Concile datée du 26 juin 1858 : « An liceat patronis N. celebrare facere missas solemnes aliasque sacras functiones non parochiales przesertim in die festo sancte: Anatoliz in eorum publico oratorio per capellanum, aliosve presbyteros independenter a parocho in casu ? — Resp. Affirmative in omnibus, ad formam decreti 10 decembris 1703.» Le 25 septembre 1758, la méme Congrégation avait déja déerété que les confréries in junctionibus nom parochialibus non tenentur requirere parochum aliosque sacerdotes parochic. D’ailleurs le décret de 1703 déclare, no 17, que les curés ne
peuvent pas, invitis confratribus, enseigner la doctrine ©
chrétienne dans les oratoires indépendants des confré-
ries ;
4o Eaclure les prétres qu ‘elle veut, méme le curé de la paroisse, de la célébration des offices. La preuve s’en trouve dans les citations précédentes.
Il s’ensuit que si un prétre demande l’autorisation de célébrer dans Voratoire de la confrérie, il devrait stricto jure s’adresser d’abord au président de la confrérie. Le chapelain ne peut intervenir que pour vérifier le celebret, quand il y a lieu.
Q. — Que penser des faveurs attachées aux exemplaires-d’une lettre que la B. V. Marie aurait écrite aux habitants de Messine? Des « Révélations faites par N.-S. J.-C. a sainte Brigitte et a sainte Elisabeth sur les diverses souffrances et indignités sur sa sacrée humanité dés qu’il fut livré aux Juifs jusqu’a sa mort »?
R. — Brtler tous les exemplaires qui vous tomberont sous la main, et interdire de les copier. Voici une des régles que vient de publier le cardinal Gotti pour distinguer les indulgences authentiques des indulgences apocryphes : « Art. vIIL: Doivent étre rejetées comme mensongéres les brochures ou feuilles dans lesquelles on promet aux fidéles, contre la récitation de telle ou telle priére, la délivrance d’une ou plusieurs 4mes du Purgatoire, et les indulgences que l’on dit ajoutées a cette promesse sont apocryphes. »
Lisez aussi ce passage de Mgr Barbier de Montault (t. vil, p, 406), a propos des lettres apportées du ciel et du crédit qu’on peut leur accorder :
Les Prussiens, lors de la derniére guerre, nous révé-
lérent une superstition analogue, dont les détails ont été |
empruntés au Die Gartenlaube par lAmi de la Reli-
gion (1872, n° 3), et que je crois opportun de reproduire s
HCH
lettes.
L’amulette allemande consiste en une lettre qui, sui-
vant une croyance répandue dans l’armée, a la yertu de rendre invulnérable. :
Elle est copiée 4 la main et concue en ces termes :
«Il faut avoir la fot, car sans la foi, cette lettre n’a aucune vertu.
« Cette lettre vient du ciel. En 1579, on la trouva flottant sur le bénitier de l’église de Rudnau dans le Holstein. Elle était écrite en lettres d’or. Toutes les fois qu’on voulait la prendre, elle reculait. En 1591 seulement, un saint homme congut Vidée de la copier. Alors la lettre se leva d’elle-méme et se tint droit devant lui. Si vous saignez du nez ou que votre sang coule de toute autre fagon, prenez cette lettre et placez-la sur votre sang, Ceux qui possedent cette lettre ne peuvent étre ensorcelés et leurs ennemis ne leur feront aucun mal. Ceux qui possédent cette lettre n’ont rien 4 craindre de V’éclair, du tonnerre, du feu ou de l'eau. Si une femme est dang les douleurs et qu’elle ne puisse enfanter, qu’on lui mette cette lettre dans la main, et elle enfantera, et l’enfant sera heureux. Celui qui posséde ce talisman est protégé contre le canon et contre le fusil de l’ennemi, Que celui qui ne croit pas a cette vertu, attache cette lettre au cou d’un chien et qu'il tire sur le chien : il verra que c’est la vérité. Celui quia cette lettre sur soi ne peut étre fait prisonnier, aussi vrai que le Christ est né, quil a vécu sur cette terre et quiil est nemoutp au ciel. Amen. »
Tous les soldats du roi Guillaume portent des amu-
enne, VAmi ne pourrait-il pas nous dire un mot du role de saint Cyprien dans Vaffaire du baptéme des
hérétiques &
R. — Nous répondrons a cette demande en
-montrant comment les relations de Cyprien avec
Rome, excellentes sous les papes Corneille et
Lucius, deviennent plus difficiles d’abord sous Etienne et dégénérent en rupture ouverte. Nous chercherons ensuite a expliquer comment saint
Cyprien fut entrainé a cette extrémité,
-1. Saint Cyprien et le pape Corneille. — Saint Cyprien gouvernait depuis cing annces l’Helise de
‘Carthage quand fut soulevée la question du baptéme = des - quelques
hérétiques.
difficultés,
Jusqu’alors et maleré il avait entretenu avec
Rome des relations empreintes de la plus cordiale bienveillance.
La
-Ainsi apres la persécution de 250, les chrétiens
qui avaient failli, voulurent ventrer dans la com-
- munauteé Sans se soumettre a la pénitence ordi-
naire. Leur empressement aya amena: un
- double schisme, 4 Carthage celui de Novat et de
Félicissime, qui soutenaient les lapsé,
a Rome
celui de Novyatien qui rejetait au contraire tout accommodement avec eux. En réalité le schisme
servait a couvrir le mépris que Von avait pour les
- autorités ecclésiastiques. On le vit bien quand les schismatiques laissant de cdté leurs principes —opposés s’unirent dans leur révolte contre les
éyéques de Rome et de Carthage.
Mais ceux-ci agirent de concert pour réprimer
le désordre. Un concile réuni a Carthage en 252 ~ admit les Japsi a la réconciliation aprés penitence, et le compte rendu de cette réunion fut envoyé a
l’évéque de Rome, le pape Corneille, qui rassembla
a son tour 4 Rome un concile de soixante évéques - @Italie. Les décisions prises a Carthage y furent
ee , commun des éyéques ramena
trouvées des plus sages et renouvelées, et cet avis a Vobéissance la
plupart des fidéles égarés.
- Déja au moment de l’élection du pape Corneille,
- discutée 4 Rome par les Novatiens, Cyprien avait pris parti pour le nouvel élu et contribué a affer-
mir son autorité. La correspondance des deux
évéques nous montre clairement d’ailleurs lunité
de sentiments qui régnait entre eux et quel soin chacun avait d’avertir son collégue des moindres
incidents survenus dans son église.
Une fois pourtant Cyprien se plaignit de Corneille, et, semble-t-il, avec quelque raison. L’évéque de Rome, pour mettre fin aux clameurs de schismatiques venus de Carthage, leur avait - lJaissé lire dans son église des lettres blessantes pour Cyprien. Ce manque d’égards aurait pu amener entre eux un froid prolongé, mais la per- -gécution de Gallus vint donner un autre cours 4 leurs préoccupations. Le pape Corneille en fut la
premiére victime. Dés le début (252) il était exilé & Centumcelle (Civita Vecchia). Cyprien informé
de cette mesure lui écrivit une lettre de félicitations sincéres. Toutes les difficultés anciennes
Q.— Pour compléter ses études sur l'Afrique chré-
étaient oubliées. Cette lettre, la derniére qui nous soit restée de Cyprien a Corneille, date probablement des derniers jours de 2h2..
Corneille mourut en exil (juin 253), et son successeur fut Lucius qui ne gouverna I’Hglise que
quelques mois. Il eut pourtant occasion de rece+
voir une lettre de Cyprien, toujours fidéle a ses habitudes de déférence envers Rome. C’est a la mort de Lucius (fin de 253) que fut élu Etienne, auparavant archidiacre de Rome. :
A ce moment la paix régnait dans les communautés de Rome et de Carthage. La’ question des lapsi était réglée et Novatien avait perdu son influence. Etienne du reste, membre du clergé de Rome, avait pris part a toutes les mesures prises
- @un commun accord dans les deux Eglises. On
pouvait donc s’attendre aux meilleures relations entre Cyprien et Ktienne. Mais cette méme question des ldapsi excitait ailleurs des troubles et allait amener entre les deux éeveques: de braves démélés.
Il. Les évéques dlspagne. — Ce’ fut tout d@abord la question des éyéques tombés d’Espagne. D’aprés la régle admise partout, les ecclé- Siastiques qui avaient sacrifié dans la persécution devaient rentrer au rang de simples fidéles.
Cette regle parut dure a quelques-uns et en particulier 4 deux espagnols, Martialis év. d’Emerita (Mérida) et Basilide év. de Legio (Léon) et Asturica (Astorga). Le baton pastoral était déja confié a d’autres, quand ils résolurent de. le reprendre. Basilide, le plus. entreprenant sans doute, se rendit a Rome, et sut si bien plaider sa cause auprés d’Etienne que celui-ci le rétablit sur son siége épiscopal ainsi que Martialis. Cette décision était en contradiction avec les coutumes de toute VEglise. Les Espagnols, étonnés et mécontents, décidérent de remettre leur cause entre les mains de l’évéque de Carthage. On savait que Cyprien était inébranlable dans les questions d’administration, et sans se défier d’Etienne on pouvait croire qwil n’avait pas prévu toutes les difficultés créées par sa décision. Cyprien qui avait lutté si longtemps pour: Vaffaire des lapsi devait y voir plus clair. De fait, 4 Vassemblée synodale d’automne 254 (on n’est pas str de cette date), la question fut soumise au concile de Curthage et résolue a Yunanimité dans un sens contraire a l’arrété d’Etienne. Cette décision fut transmise sous forme de lettre au prétre Iélix, au peuple chrétien de Legio et Asturica, a Cilius diacre et au peuple d’Emerita. Elle était signée par 37 évéques et forme ta 67¢ lettre du recueil. Cyprien y résume les faits qui se sont passés en Nspagne, rappelle a ce propos les régles 4 suivre dans les élections (ce qui donne a cette lettre une grande importance), raconte l’appel a Rome et explique la conduite d’Etienne. Trop éloigné pour connaitre les faits, il s’est laissé. circonvenir par l’évéque déchu, Mais cette erreur ne doit point profiter aux coupables. De tels hommes ne peuvent gouverner VEglise du Christ, et bien que ces scandales aient
33 Pre.
ey aD bition SOE
3h : 4? AAMT DU? CLERGE
a ie ates aU Ler nal sree et orn BS SE ee
été prédits par Jésus-Christ, ce n’est. pas une raison pour les favoriser.
Qu’advint-il de cette affaire? On ne sait. A coup sir la lettre de Cyprien fut connue a Rome et déplut profondément a Etienne. Car cette maniére d’agir était sans précédent, et n’en fut que plus mortifiante. Mais Cyprien n’y prit pas garde et méme une circonstance analogue se présentant peu aprés, il en profita pour faire de nouveau la lecgon a Etienne.
Ill. L’évéque d’Aries. —Il s’agissait cette fois non plus d’un« tombé, » mais au contraire d’un « novatien, » qui refusait d’admettre a la pénitence ceux gui avaient sacrifié. C’était Marcianus, évéque d’Arles. L’évéque de Lyon essaya, mais inutilement, de ramener le coupable a de meilleures dispositions. Il en appela méme 4 Rome, mais sans plus de succes, Etienne n’essaya aucune remontrance. C’est alors seulement que Pévéque de Lyon écrivit a saint Cyprien. Peut-étre celui-ci a-t-il hésité avant de se charger de cette affaire. I] nous dit qu’on lui a écrit a plusieurs reprises : semel atque iterum mihi scripsit *. Mais enfin entrainé par son zéle il adressa une lettre 4 Etienne lui-méme. Les termes de cette lettre semblent bien vifs aujourd’hui, surtout quand on songe qu’il s’agit de ’évéque de Rome. Cyprien rappelle d’abord les faits, puis déclare a Etienne qu'il lui faut écrire aux évéques des Gaules, guapropter te facere oportet plenissimas litteras ad coepiscopos nostros in Gallia constitutos, et condamner Marcianus. I] lui enjoint ensuite de faire nommer un autre évéque par les fidéles de la cité d’Arles : dirigantur in provinciam et ad plebem Arlate consistentem a te litterce quibus oblento Marciano, alius in loco ejus substituatur. Vient ensuite un petit sermon appuyé de textes pour démontrer que les fidéles d’Arles périssent sans réconciliation, que c’est aux évéques et spécialement 4 lui Etienne a s’en émouvoir, qu'il doit enfin appliquer les regles suivies par ses prédécesseurs Corneille et Lucius. Ici encore le résultat final nous est inconnu. En tout cas, si Etienne ne profitat point de la legon pour son propre compte, il ne laissa pas de la comprendre, car il la rendit bientét a Cyprien dans Vaffaire du baptéme des hérétiques.
IV. Lajffaire des hérétiques. — lly avait en Afrique comme partout ailleurs de nombreux hérétiques. Quelque attachés quwils fussent a leurs erreurs, on ne laissait pas d’en convertir.
Mais que faire alors pour les réconcilier? Tant quwils’agissait d’anciens fidéles, passés au schisme ou 4 lhérésie dans un jour d’égarement, et qui rentraient au bercail aprés avoir reconnu leur erreur, la difficulté n’était pas grande; on les rangeait avec les adultéres et autres grands pécheurs qui suivaient les exercices de l’expiation pénitentielle. Mais quand on avait affaire a des chrétiens nés dans le schisme ou l’hérésie, bapti-
4 Lettre Lxvur a Etienne.
sés, il est vrai, mais souvent avec des rites bizarres, — la question devenait plus difficile. Les soumettre 3 a un long noviciat et Jes regarder comme de simples paiens, c’était les éloigner de l’Eglise ; d’autre part, leur initiation premiére au christia- — nisme paraissait bien douteuse; a coup sfir on ne pouvait la regarder comme entierement valide. Mais que fallait-il recommencer ?
« La cérémonie de Vinitiation chrétienne comprenait alors deux rites sacramentels distincts, que de nos jours l’Eglise latine sépare le plus souvent, mais qui autrefois étaient toujours unis dans les circonstances ordinaires, c’est-a-dire quand le baptéme était solennellement célébré par l’évéque. Le premier et le principal était ’immersion baptismale, accomplie au nom des trois personnes divines. L’autre, que nous appelons confirmation, comprenait trois actes, l’onction d’huile parfumée, Vimpression du signe de la croix et imposition des mains. Ce second rite, dont les trois actes sont plus ou moins expressément indiqués dans les anciens auteurs et dans les livres liturgiques, avait pour but de conférer le Saint-Esprit au nouveau baptisé. Bien qu’il ne fit pas considéré comme essentiel au salut, on lui attribuait une signification et une efficacité tellement élevées que la célébration en était réservée 4 l’évéque lui-méme, agissant au milieu de tout son clergé, et quelle était toujours entourée des formes les plus solennelles. Dans certaines églises, l’initiation hérétique fut réprouvée tout entiére, et les convertis durent recevoir de nouveau le baptéme et la confirmation. Dans d’autres on distingua, on accepta comme valide le baptéme des hérétiques, mais leur confirmation fut jugée nulle, et le rite de ’admission des convertis fut précisément celui de la collation du Saint-Esprit '.
Les premiers en usaient ainsi parce qu’ils n’avaient qu’une confiance médiocre dans le baptéme des hérétiques et aussi parce qu’ils crai-— gnaient, en le reconnaissant comme valide, d’en- | courager les dissidents dans l’erreur 2. IJ leur semblait plus prudent de conférer de nouveau le baptéme, et plus avantageux pour |’Eglise de soumettre tous les fidéles au méme rite. Les seconds appuyaient leur opinion sur les paroles de saint Paul, quand il reproche aux fidéles de se glorifier parce quwils ont recu le baptéme d’un apétre et | non dun simple disciple. Ils admettaient comme valides les baptémes conférés au nom de Jésus-Christ.
Partisan de lunité en tout, dans la discipline comme dans le dogme, Cyprien était naturellement porte a choisir la premiére méthode. A quoi bon toutes ces disputes, quand il était si facile de recommencer? L’évéque de Carthage fit done rebaptiser les convertis, méme ceux qui avaient
4 Duchesne, Origines chrétiennes, p. 481.
* Les mémes difficultés reviennent a toutes les époques. Les catholiques anglais ont fait valoir le méme argu-
ment pour amener la condamnation des ordinations de l’Eglise anglicane.
-IVAMI DU CLERGE
été baptisés par les Novatiens. Et ¢’est A des Nova-
tiens convertis, parait-il, que lon doit le renouvellement de la querelle baptismale en Afrique.
La querelle en effet n’était pas nouvelle. Dans un concile tenu a Carthage vers 220 par Agrippinus, on avait agité cette question et admis la pratique dun second baptéme. D’autre part Pévéque de Césarée, Firmilien, rapporte que l’on s’était occupé de cette méme question en Orient aux conciles d’Iconium et de Synnoda vers 225'; le méme témoignage nous est encore donné par Denys d’Alexandrie dans Eusébe, vu, 7, ‘Hist. Eeclés. « Ce ne sont pas, dit-il, les Africains qui ont introduit la coutume de rebaptiser les hérétiques, cette coutume a été adoptée bien avant
Cyprien par d’autres évéques aux synodes d’Ico-
nium et de Synnoda. » Il semble méme que le pape Ktienne était déja en discussion a ce sujet
avec les évéques d’Orient, quand la question fut
de nouveau soulevée en Afrique °*.
Quoiqu’il en soit, ce fut un simple fidéle du nom de Magnus qui ressuscita cette discussion en
Afrique dans une lettre 4 Cyprien. Cette lettre est
perdue; mais nous avons la réponse de Cyprien qui déclare nul le baptéme des hérétiques et cons-
titue notre premier document sur la question.
Cette lettre sans doute fit du bruit, excita des doutes, et enhardit les objections. Dix-huit évéques de Numidie ayant adressé a Cyprien la méme consultation, celui-ci réunit a Carthage un concile de 31 évéques, et le méme principe y fut encore proclamé. La Maurétanie 4 son tour s’émut et en son nom Ilévéque de Nova, Quintus, demanda des explications. Cyprien lui adressa
comme réponse la lettre synodale du précédent
concile, et une lettre particuli¢re ol ses argu-
ments personnels sont exposés et développés. |
a ‘Sans y nommer directement le pape, ’évéque de
Carthage laisse déja poindre a son endroit une
certaine opposition.
Mais l’affaire avait pris de importance et au
-concile d’automne (255) elle était objet principal
des délibérations. Cyprien jugea qu'il était temps
de couper court 4 totites les objections et @aviser »
le pape Etienne du sentiment des évéques d’Afrique. Outre la lettre synodale du présent concile, il lui adressait copie des deux lettres aux évéques Numides, et a l’évéque de Maurétanie Quintus. Il était dit dans la lettre synodale : « Celui qui abandonne une secte doit étre baptise de nouveau, et il ne suffit pas (parum est) d’imposer les mains a de tels convertis, sils ne recoivent pas auparavant le baptéme de l’Eglise. »
Cyprien exprimait ensuite lespoir que ses déci-
sions obtiendraient l’assentiment de Rome. Toute-
x fois ses derniers mots renferment une certaine
appréhension, en méme temps quwils témoignent de la ferme résolution de s’en tenir a Vavis du
4 Lettre de Firmilien 4 Cyprien, rxxv du Recueil... 2 Ibid. xxv, 20.
concile : « Trop souvent on n’aime pas a renoncer a une opinion qu’on a défendue, et plus d’un évéque sans rompre avec ses collégues sera tenté de persévérer dans la coutume qu’il a embrassée. Nous ne prétendons pas imposer une loi ni faire violence 4 personne, sachant que chaque évéque est libre et maitre de se comporter comme il lui plait dans l’administration de son église, sauf & rendre compte a Dieu de sa conduite *. »
En somme Cyprien déclarait a Etienne que PAfrique serait heureuse de voir Rome suivre la pratique du second baptéme, mais qu’en toute hypothése elle la garderait parce qu’elle la croyait suffisamment justifiée par les livres saints et par la tradition. Il serait bien inutile d’étudier ici au point de vue doctrinal une question que l’Eglise a tranchée depuis longtemps, mais nous devons examiner argument de tradition plus d’une fois invoqué par Cyprien. « L’usage de rebaptiser les hérétiques, dit-il 2, n’est pas nouveau, car il ya bien des années deja, sous l’épiscopat d’Agrippinus de sainte mémoire, un erand nombre dévéques résolurent cette question dans un concile, et depuis lors jusqu’a nos jours des milliers @hérétiques ont recu un second baptéme sans difficulté. » La tradition de Cyprien remonte donc a Agrippinus, vers 215, pas au dela. Firmilien du reste déclarera plus tard que « c’était la coutume des Africains de ne pas rebaptiser. Ils ont changé de méthode croyant se rapprocher de la vérité. » I] vante au contraire l’ancienneté du second baptéme en Asie-Mineure ; mais en fait il ne remonte pas au dela de 240. Il semble donc acquis d’aprés
- le témoignage des rebaptisants eux-mémes, que
leur prétendue tradition est de date récente et ne peut faire autorite.
Ils le sentent si bien qwils recourent a un autre argument, celui de raison. « Les défenseurs du baptéme des hérétiques, dit Cyprien, ayant été vaincus par nos arguments, ont recours a la coutume. » C’est done que celle-ci les favorise. Et la chose parait si bien établie que Cyprien ajoute : « Mais il ne faut pas en tenir compte, une erreur est toujours bonne a rejeter; on est de consuetudine presumendum, sed ratione vincendum *.
Consuetudo sine veritate, vetustas erroris est *. — Non quia aliquando erratum est, ideo semper errandum est *.» On voit clairement d’aprés ces textes que Cyprien apres avoir invoqué Vautorité de la coutume, la rejette parce qu’il la suppose contraire a sa thése. I] y a la une contradiction difficile a expliquer.
Mais on ne s’arréte pas a ces détails quand on est entrainé dans un parti, on cherche avant tout a augmenter le nombre de ses partisans. Cyprien, aprés avoir adressé 4 Ktienne sa fameuse lettre, jugea bon de s’expliquer longuement dans une
4 Ep. Lxxi, 3.
? Hip. LXxit.
3 Hp. “xxi, ad Quintum.
‘Ep. uxxiy, ad Pompewum.
5 Ep. uxxi, ad Jubaianum.
ce
36 ae TYAMI DU CLERGE
sorte de traité qu’il adresse 4 Jubaianus, On suppose qwil s’agit ici d'un évéque de Numidie, peut-etre métropolitain de (Cirtha) Constantine. Ce traité en tout cas est le morceau théorique le plus important de toute cette affaire. La question y est longuement traitée au point de vue doctrinal et historique dans le sens que nous avons indiqué. Gyprien employait ainsi ses loisirs en attendant la réponse d’Ktienne qui tardait 4 venir. Ke n’arriya en effet qu’au commencement de l’été de Pannée suivante, 256, et loin de calmer les esprits, elle était faite pour amener entre les deux Eglises une séparation plus profonde.
V. La rupture. — La lettre synodale adressée a Etienne lui avait en effet singulierement deplu. Elle allait contre la doctrine de ’Eglise romaine sur le baptéme et sur l’autorité du pontife romain, et surtout elle venait aprés les affaires d’Hspagne et des Gaules. Aussi les envoyés de Cyprien furent fort mal recus. Etienne interdit aux fideles de les accueillir et de les loger et répondit aux décisions du concile par une lettre concue en termes trés sévéres. Cyprien y était traité d’antechrist, de faux apdtre, douvrier diniquité 1; le pape jetait Vinterdit sur les maximes émises et pratiquées en Afrique, sur les personnes qui oseraient les soutenir ou les suivre; peut-étre méme alla-t-il jusqu’a excommunier Cyprien.
Certains nient que cette derniére mesure ait été prise. Leur négation s’appuie sur le silence d’Kusébe, de saint Jérdme, sur le témoignage de saint Augustin d’apres lequel « Cyprien demeura avec Etienne dans la paix de l’unité. »
Pourtant le P. de Smedt, dans lune de. ses remarquables dissertations d’histoire ecclésiastique, se prononce pour V’excommunication. Les passages suivants, tirés de la lettre de Firmilien °*, semblent en effet affirmer qu’elle fut prononcée. Ep. yxxy, 6: In plurimis provinciis multa pro locorum et hominum diversitate variantur, nec tamen proplter hoc ab Ecclesiw catholice pace atque unitate aliquando discessum est. Quod nunc Stephanus ausus est facere, rumpens adversus vos pacem, quam semper antecessores ejus vobiscum amore et honore mutuo custodierunt.— Ibid., 24: Peccatum vero quam magnum tibi (Firmilien interpelle ici Ktienne) exaggerasti, quando te a tot gregibus scidisli! Lacidish enim te ipsum. Noli te fallere ; siquidem ille est vere schismalicus qui se a communione ecclesiasticce unitalis apostatam fecerit : dum enim putas omnes a te abstineri posse, solum te ab omnibus abstinuistt. — Cyprien est tout aussi net dans le discours qu’il adresse aux évéques un peu plus tard: Superest ut... quid sentiamus, proferamus, neminem judicantes, dut @ jure communionis aliquem si diversum senserit, amoventes *. Il semble difficile de voir dans ces paroles une
4 Bp. a Firmilien, rxxv, 25-26,
Ne pas négliger ce qui sera dit plus loin de cette lettre de Firmilien.
2 Compte rendu du concile de Carthage (256).-
simple menace. Il y eut évidemment scission et séparation, c’est-a-dire excommunication.
Seulement on peut distinguer avec le P. de Smedt trois especes d’excommunication en usage alors, quand il s’agissait d’évéques. La premiére et la moins grave consistait 4 ne pas recevoir les lettres quwun évéque excommunié envoyait a d’autres évéques. Une autre mesure plus sévére était le refus d’admettre au concile : c’était une mise au ban de I’Kglise. Dans ces deux cas lexcommunié restait évéque, mais il ne communiquait pas avec les autres évéques restés fidéles. La troisieme excommunication était le retranchement complet de la société chrétienne : c’était Vanatheme proprement dit, en usage contre les heretiques et les schismatiques. Cyprien ne fut évidemment pas lobjet dune pareille mesure.
Ktienne prétendit seulement cesser tout rapport avec. Carthage et les évéques d'Afrique. Ainsi, semble-t-il, peuvent s’expliquer a la fois les temoienages de Firmilien et de Cyprien, ainsi que les paroles de saint Aucustin.
Mais cette mesure, quelle quelle fit, ne laissa pas d’émouvoir profondément saint Cyprien. Il s’en ouvrit immédiatement a Pompeius, évéque de Sabrata en Tripolitaine, et a Firmilien évéque de Césarée en Cappadoce; en méme temps il convoquait a Carthage pour le concile habituel d’automne tous les évéques d’Afrique. ;
Le concile s’ouvrit le 1er septembre 256. Il réunissait cette fois 87 évéques, des trois provinces de la Proconsulaire, de la Numidie et de la Maurétanie. C’était la plus nombreuse assemblée de ce genre qu’on etit vue a Carthage. Elle ne s’occupa que de la question du baptéme. Cyprien fit lire la lettre de Jubaianus et la réponse qu’il y avait faite, et, apres avoir rappelé aux évéques leur indépendance, les invita 4 donner successivement et en toute liberté leur avis. Leurs réponses, qui nous ont été conservées, sont toutes favorables a saint Cyprien. Ce fut pour celui-ci une victoire complete.
Quant 4 Firmilien de Césarée, il ne put faire
parvenir sa réponse a Carthage qu’aprés le concile. Son sentiment était du réste entiérement conforme a celui de Cyprien, mais sa lettre témoigne Vun mécontentement plus grand encore a Véegard d’Etienne. On se demande ce qui serait advenu, si cette situation difficile avait duré.
: Elle se dénoua au mois d’aott suivant 257 par la mort d’Etienne. Ses successeurs Xystus et Denys, sans revenir sur les décisions dogmatiques Etienne, reprirent avec Cyprien et Firmilien les relations interrompues, et méme l’Eglise de Firmilien s’étant trouvée peu aprés éprouyée par une invasion de Perses, ’évéque de Rome fut le plus empressé a lui porter secours.
VI. Pourquoi cetle résistance? — Cette résistance de Cyprien, aprés. avoir troublé VEglise au ire siécle, ne cesse pas d’étonner et d’embarrasser aujourd’hui encore les catholiques. Cyprien s’ost trompé cette fois, tous en conviennent. Mais com-
-ment-lui, si désireux de la paix et de l’unité dans Tglise, a-t-il pu se laisser entrainer & de si facheuses extrémités, on ne gaurait le dire avec certitude. Pourtant on a cherché a expliquer cette conduite de plusieurs manieéres.
La premiére et ia plus simple a été de regarder comme apocryphes tous les documents qui ont trait 4 Vaffaire du baptéme. Cette idée n’est pas nouvelle, elle date du temps de saint Augustin. Ce savant écrivain, grand admirateur de Cyprien, et voulant le justifier, nous apprend que de son temps on attribuait aux Donatistes les écrits qui concernent la fameuse controverse. Mais il ne parait pas accorder 4 ces bruits une grande confiance. Ce systéme a été repris au siécle dernier et de notre temps par plusieurs apologistes. Ils s’ap- - puient pour le soutenir sur les bruits recueillis par saint Augustin, sur le silence de Pontius, bio- - graphe de Cyprien (il ne dit pas un mot de cette affaire), le silence aussi de Denys d’Alexandrie, sur le ton et les inconséquences des lettres de Firmilien ; etdeCyprien. Nous ne discuterons point la valeur de leurs arguments. Mer Freppel 1 et le P. de - Smedt 2 ont fait pour arriver & cette méme conclusion : rejeter ces documents pour. les motifs alléoués, ce serait nier toute certitude historique, car il n’est pas d’auteur ancien dont on ne ptt -ruiner le crédit avec une semblable méthode. Il faudrait douter de tout. Le mieux est de s’en tenir a ce qui nousest resté, ou il faut abandonner VYespoir de connaitre la vérité sur les premiers Ages du christianisme.
Doit-on alors croire que Cyprien s’est seulement trompé sur le caractére de cette question et que la regardant comme une affaire de pare discipline, il a cru pouvoir refuser a Etienne son obéissance? Telle est opinion de Mer Freppel: « Aux yeux de Cyprien, toute la question des rebaptisants se restreignait 4 une simple question de discipline au sujet de laquelle chaque évéque restait libre de se former une opinion, et chaque Eglise de conser- “yer sa coutume particuliére. S’il avait attribué a Vobjet du débat un caractere dogmatique, il se serait exprimé tout différemment; il n’aurait pas dit que chacun est libre de penser la-dessus et de faire comme bon lui semble... Il regarde toute Vaffaire des rebaptisants comme un point de discipline qu’il appartient a chaque évéque de régler dans son diocése suivant la coutume établie. » On croit pouvoir sauvegarder ainsi la mémoire de Cyprien et la défendre de Vaccusation de schisme. « Sil est vrai.de dire avec saint Augustin que Vidée d’un schisme ou d’une révolte contre une décision dogmatique n’effleura pas un instant Vame de ce grand homme », on convient pourtant que Pobstination de Cyprien etsurtout ses paroles trop vives sont inexcusables. « On ne peut que blamer cette opiniatreté a défendre une innovation dont le successeur de saint Pierre signalait
le peril. »
1§.Cyprien, p.400 et seq. i a Discertotiones, diss. v, p. 286 et suiy.
se ae - LAMI DU CLERGE en ae} = x :
Il semble pourtant, et c’est opinion du P. de Smedt, que cette excuse et cette distinction entre la discipline et le dogme ne sont pas admissibles ici. Il suffit de suivre la discussion de cette affaire pour se convaincre que les évéques africains voyaient la une question de dogme autant que de discipline. Ils refusaient le baptéme des hérétiques, parce qu’il paraissait favoriser ’hérésie, il est vrai; mais ils lont rejeté aussi parce quwils le regardaient comme nul et incapable de conférer la grace. Et quand méme on aurait démontré, ce qui n’est guére possible, qu’il s’agissait ici @une seule question de discipline, il n’en
resterait pas moins que Cyprien a refusé d’obéir
au pape dans une question ot celui-ci avait stirement le droit de décider. L’autorité infaillible du pape s’étend sur les décisions de foi et aussi*sur les questions de discipline qui intéressent toute l’Eglise. Mais comment trouver une question plus importante que celle qui a pour objet la validité du baptéme, le premier des sacrements?
VII. — Faut-il croire alors avec les protestants que les évéques d’Afrique et Cyprien en particulier n’admettaient point l’autorité supréme de Pévéque de Rome? Non, car ce serait se tromper plus grayement encore sur les sentiments de Cyprien. Au rir¢ siécle en effet Pautorité supréme du pape dans I’Kglise était chose reconnue. On le prouve facilement par des textes d’Origéne, de Tertullien, des Philosophowmena, et les évéques d’Afrique ne pouvaient Vignorer. Il y a plus: si nous en venons a saint Cyprien lui-méme, nous trouvons dans sa conduite et ses écrits des preuves multiples de sa foi 4 l’autorité de l’évéque de Rome. Nous l’avons vu agir en serviteur respectueux et dévoue des prédécesseurs d’Etienne ; chaque pontife nouvellement élu recoit ses félicitations et ses hommages; les actes de son administration sont mentionnés a Rome comme pour y étre approuvés ; les comptes rendus des conciles d'Afrique en particulier sont réguliérement envoyés au pape. Dans l’affaire des évéques d’Espagne, Cyprien, il est vrai, décide a lencontre d’Etienne, mais il hésite avant de se charger de cette mission, et en le faisant il a bien soin de rappeler que c’était a l’évéque de Rome de prononcer. Dans Vaffaire de ’évéque d’Arles, Cyprien affirme nettement le devoir, 4 plus forte raison le droit pour le pape de prononcer, comme arbitre supréme, sur les difficultés des évéques entre eux. Si lévéque de Rome, Etienne, tout récemment nommé quwil est, a pour mission, au dire de Cyprien, de rappeler a Vordre tous les évéques, eest qu’en vertu de son élection, il est leur chef; autrement ce serait aux vétérans de l’épiscopat, a Cyprien lui-méme, d’assumer cette mission. Mais Cyprien ne s’en charge qu’au refus de Vévéque de Rome, ou quand celui-ci, mal informé, a prononcé contre les décisions habituelles de VEglise. | j
Loin de renier en pratique l’autorité du pape, Cyprien est donc un de ses défenseurs les plus en
88 Pigs | AMI DU 7 | | 7 tration est la phrase suivante du passage que nous
vue. Il l’affirme plus clairement encore dans ses ouvrages. A plusieurs reprises, il déclare que lRglise « est fondée sur Pierre et que c’est de la qu’elle tire son unité 4, » que l’évéque de Rome est le successeur de Pierre 2, que l’Eglise de Rome est l’Eglise principale source de V’unité épiscopale, la racine et le modéle de toutes les Eglises °. Mais c’est dans son traité De wnitate Ecclesie quwil expose avec plus de complaisance sa pensée sur ce sujet et montre le mieux le rdéle du pape dans |’Kglise. Aprés avoir rappelé les paroles fameuses : Tu es Petrus... pasce oves..., il ajoute : « C’est sur un seul qu’il batit son Eglise (4 un seul qu’il confie
la charge de paitre ses brebis). Il est vrai (qu’apres |
sa jrésurrection) il confere a tous les apdtres une égale puissance en leur disant : Comme mon pére m’a envoyé, moi je vous envoie; recevez le Saint- Esprit. Si vous remettez les péchés & quelqu’un il lui seront remis, et si vous les lui retirez, ils lui seront retenus. — Toutefois pour rendre J’unité manifeste (il établit une seule chaire), voulant ainsi en vertu de son autorité que Vorigine de cette méme unité commencat par un seul. Sans doute les autres apdtres étaient aussi ce que fut Pierre, admis au méme partage de l’honneur et du pouvoir ; mais l’unité est le point de départ (et la primauté est donnée 4 Pierre pour qu’on puisse voir qu’il n’y a qu’une seule EKglise du Christ et une seule chaire. Tous sont pasteurs, mais il n’y a quun seul et méme troupeau que tous les apdotres doivent paitre d’un commun accord) pour montrer que l’Kglise du Christ est une... Quoi donc! celui qui-ne garde pas cette unité de lKeglise croit-il encore garder la foi? Peut-il se flatter d’étre dans l’Eglise, celui qui résiste a PEglise, qui se révolte contre elle (qui abandonne la chaire de Pierre sur lequel est fondée lEglise), quand le bienheureux apdtre Paul a son tour enseigne la méme doctrine et nous montre le sacrement de l’unité en disant : « Vous n’étes qu'un corps et qu’un esprit, comme vous étes tous appeleés a une méme espérance. Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foil, qu’un baptéme, qu’un Dieu *. »
Nous avons cité en entier ce long passage, a cause de son importance et de sa beauté; nous Vavons cité aussi parce que c’est précisément la quwon a cru trouver une nouvelle explication de la conduite de Cyprien a Végard d’Etienne 5,
Cette nouvelle explication consiste a dire que Cyprien, en défendant l’unité de l’EKglise et l’autorilé du pape, ne les entendait pas comme on le fait aujourd’hui. Le point d’appui de la démons-
-Wpitre xu, 5, iv, 7, Lx, 8.
* uit, 8 et Ly, 14.
3 xLv, 3.
‘ Cyprien, De Unitate Ecclesiew, 4. Cf. Freppel, Saint Cyprien, p. 262. Les parenthéses marquent les passages qui manquent dans certains manuscrits.
5 Cf. Delarochelle, Revue d'histoire et de littérature religieuse, année 1896, p. 519, 538. Nota: L’auteur de Vart. laisse de coté les mots renfermés entre parenthéses.
CLERGE
avons reproduit : L’unité est le point de départ... pour montrer que VEglise du Christ est une... « Ce passage, dit-on, est souvent cité, pour les vérités qu’il renferme, vérités qui
font ressortir quand on y regarde de prés celles”
qui y manquent. » En effet lorsque saint Cyprien dit que l’unité est le point de départ, il entend seulement que « saint Pierre a regu ayant tous les autres le pouvoir apostolique pour qu'il figurat dans lunité de sa personne l’unité de |’Eglise. Puis le méme pouvoir a été donné a tous les apotres qui le détiennent solidairement avec lui et au méme degré. » Mais «si tous les apotres étaient égaux, tous les évéques le sont, et comme
Pierre n’a rien eu de plus que les autres, si ce
nest d’avoir figuré en sa personne l’unilé de l’Eglise, et d’avoir été le centre apparent de la chrétienté apostolique, ainsi aucun privilége n’appartient a l’Eglise de Rome, que d’avoir été en Pierre le point de départ de l’unité catholique et de rester encore pour cela méme, le centre visible de la communion ecclésiastique... L’épiscopat n’est pas seulement dans tout l’univers, il est possédé intégralement par tous ceux qui en sont revétus. Il y a un épiscopat universel qui comprend tous les évéques catholiques, il n’y a pas d’évéque universel. » Cette théorie de Cyprien, indiquée dans le traité De Unitate, apparait plus clairement encore, ~dit-on, dans les paroles de Vévéque de Carthage au concile de 256 : « Il n’y a plus qu’a dire sur cette affaire chacun ce que nous pensons, sans juger personne et sans refuser la communion a ceux qui auraient un avis différent du nétre. Car aucun de nous ne se constitue évéque des évéques et ne contraint ses collégues a la nécessité d’obéir : attendu que tout éyéque dans la latitude de sa liberté et de son pouvoir est indépendant, et qu’il ne peut pas plus étre jugé par un autre, qwil ne peut lui-méme juger autrul. »
Ainsi done @aprés cette interprétation, Cyprien aurait bien reconnu a l’évéque de Rome une autorité sur les autres évéques, mais une autorité nominale, une autorité qu’on appellerait mieux honoraire. Il serait le premier des évéques, mais non pas Pévéque des évéques ; il serait la premiére des colonnes qui soutiennent l’Eglise, mais non la pierre fondamentale qui porte tout l’édifice.
vest a lui pourtant qwil faut rester uni, mais sans lui étre subordonné. I] faut rester uni a lui parce que l’Hglise est une et qu’il en est le centre, mais il n’a pas de pouvoir sur les autres. « L’unité chretienne qu'il représente a pour cause efficiente
le Saint-Esprit qui la maintient, pour garantie et
liens extérieurs l’obligation qui s’impose 4 tous de rester unis, de ne pas quitter, de ne pas diviser PEglise du Christ *. »
Cette théorie sur les rapports du pape et des évéques, serait évidemment fausse, on en
* Ibid.
convient. « Elle enléve aux paroles du Christ : «Tues Pierre et sur cette pierre je batirai mon « Kglise, » presque toute leur signification réelle et historique, et ’acte du Sauveur conférant la pri- -mauté a Pierre, devient une sorte de fantasma- gorie. » :
Ajoutons qu’elle offre de plus une lacune grave. Si quelqu’un s’avise de rompre lunité, qui le fera rentrer dans ordre? Si l’Eglise se divise en deux parties égales, qui décidera de quel cdté est le centre? Rome? Mais alors Rome est plus qu’un pouvoir symbolique et nominal, et c’est de Rome que dépend la direction de l’Eglise. L’évéque de Rome entraine forcément ceux qui ne peuvent se séparer de lui. Il est leur chef supréme.
Mais, dit-on, cette explication est encore la meilleure et elle étonnera beaucoup moins en ce qui concerne saint Cyprien, si on se rappelle le temps oti celui-ci a vécu et les circonstances ou il se trouvait. A cette époque, au me siécle, la question de Vautorité supréme du pape, reconnue en pratique, était loin d’étre for- -mulée et établie d'une facon précise. Saint Cyprien est le premier qui ait abordé directement ce sujet et il ne faut pas étre surpris s’il l’a fait avec quelque inexpérience. Mieux que personne, il gotitait la belle unité de l’Eglise, de ses évéques - et de ses fideles groupés autour de Vévéque de Rome; mais en ce temps de floraison de schismes et dhérésies dans les communautés particulicres, comment léyéque pouvait-il gouverner son troupeau sil n’avait ’autorité et Vindépendance d’un apotre? Cyprien ne voulait pas que sous prétexte - @appel, le clergé dun diocése résistat a son évégue et passat la mer pour consulter au lieu dobéir. Cette défiance des appels 4 Rome a survécu longtemps encore a Cyprien dans l’Kglige d'Afrique. Du reste Pévéque de Carthage, orateur et administrateur avant tout, ne s’était pas, comme Tertullien et plus tard saint Augustin, adonné de - Jongues années durant a l’étude des principes. II avait franchi trés rapidement les degrés de la carriére ecclésiastique et il devait 4 Tertullien quwil appelait «le Maitre » toute sa théologie. La doctrine du Maitre ne renfermait pas que de Vor pur. Cette théorie nouvelle, comme tant d’autres sur les origines chrétiennes, est née en Allemagne. Son origine protestante ‘, sans étre de nature a la recommander, ne la ferait pas non plus déprécier, si toutes les difficultés étaient résolues avec elle. Mais, outre qu’elle s’appuie sur un texte discuté et des paroles (Concile de 256) dont la hardiesse s’explique par les circonstances, elle laisse subsister des contradictions graves entre les doctrines et la conduite de Cyprien. Elle ne répond pas a la vérité historique qui nous montre la primauté effective de juridiction exercée dés les premiers temps et du vivant des apdtres. Elle est en opposi- - tion avec la théorie de saint Cyprien sur le principe de Punité, qu’il voit dans la primauté de
4 M. Delarochelle l’a empruntée 4 Harnack, Lehrbuch der Dogmengeschichte. 8° édit., p. 884.
saint Pierre. Elle implique aussi que I’Eglise n’aurait pas eu tout d’abord son unité bien établie, ni son centre d’unité bien reconnu, comme si cette unité n’avait été que l’ceuvre du temps et non Vinstitution méme de Notre-Seigneur. Nous ne saurions donc y souscrire, mais il n’était pas sans intérét de présenter a nos lecteurs cette explication aprés les autres.
Adhuc sub judice lis est. La question est encore ouverte sur saint Cyprien. Mais il est possible que les raisons diverses invoquées pour chaque théorie, malentendu sur l’importance de la question baptismale, indécision chez certains esprits sur Pexercice pratique de l’autorité pontificale, difficultés particuliéres d’administration, ardeur dans la lutte, propre aux Africains, il est possible, dis-je, que toutes ces causes aient contribué-en méme temps a envenimer la discussion.
Ce qui reste acquis, de l’aveu de tous, c’est qu’au lieu de nuire 4 V’unité de l’Eglise, saint Cyprien mieux que personne a montré sa nécessité et son heureuse influence. « Nul n’a plus fait que Cyprien pour établir dans lEglise l’autorité, » a dit un écrivain notoirement hostile 1. C’est ce qu’a bien reconnu |’Kglise d’Afrique en conservant pour son évéque l’admiration la plus sincére et la plus constante. C’est ce qu’a récompensé aussi en lui VKglise catholique, qui, oublieuse des vivacités passageéres de saint Cyprien et ne se souvenant que de son zéle, de ses mérites et de son glorieux martyre, ’a placé au nombre de ses plus grands docteurs.
Voir dans le P. de Smedt, Dissertationes selectee in primam cetatem Hist. Eccles., Paris, 1876, p. 286, la biblographie du sujet. Ajouter Duchesne, Origines
chrétiennes, et Delarochelle, Revue a@’hist. et de litt. relig., année 1896.
LAME DU CLERGE et les livres
Comptes rendus bibliographiques
Le péché @incroyance, par le P. Badet, prétre de lOratoire. — Un vol. in-12 de 360 p., 3 francs. — Paris, Briguet.
Marie et Vame chrétienne, par le méme. — Un vol. in-12 de 340 p., 3 francs. — Paris, Briguet.
Jésus et les femmes dans l’Evangile, par le méme. — Un vol. in-12 de 320 p.,3 francs. — Paris, Briguet.
J. — Chaque siécle a eu ses incrédules. Le nétre n’en a peut-étre pas plus que ses devanciers. Seulement Vincroyance de nos jours affecte des allures plus scientifiques. Ce n’est plus la gausserie bruyante du moyen age, nila fiévre de débauche de la Renaissance, ni la raillerie légére du xvi? siécle. Non. Notre siécle veut se faire prendre au sérieux ; il ne veut plus se donner des airs de polisson qui gambade autour du sanctuaire ; il ne veut plus que Yon dise de lui, comme autrefois : CGherchez la femme. I] est bien trop orgueilleux pour cela, trop infatué de lui-méme et de ses conquétes dans le domaine de la science; et c'est & coups de discus-
{ Havet, Revue des Deux Mondes,1# sept. 1885, p. 69.
ie
sions @’apparence trés scientifique, c’est sur des données scientifiques qu'il prétend fonder et élayer son incroyance. Les apologistes, les polémistes ont multiplié les réponses sur les points de détail.. Nous ne croyons pas qu’aucun d’entre eux ait saisi Vincroyance moderne aussi vigoureusement que le fait le P. Badet , @est un corps a corps perpétuel. Nul n’a montre avec plus de force, avec une logique plus serree et plus impitoyable, l’inanité radicale, principielle, de toutes les raisons intellectuelles alléguées contre la foi. Nul n’a mis en lumiére plus intense et plus crue cette verite, que la volonté humaine,;« fixée dans une passion ou un intérét, constitue réellement la seule barriére qui se dresse entre l’esprit de Vhomme et la vérité chrélienne : Yobstacle écarté ou brisé, la lumiére passe, la certitude se produit, la foi triomphe. » :
Ge livre place certainement le P. Badet aux premiers rangs de nos écrivains ecclésiastiques. C’est un style ou il y a peu pour la sentimentalité moderne, peu pour Vimagination : et quelle belle imagination cependant nous révéle le P. Badet dans sa saisissante et fulgurante allégorie du crabe (ch. 1v)! Mais c’est une imagination toujours contenue, toujours au service de la raison, au service d’une pensée souverainement maitresse d’elle-méme et qui entend devenir maitresse d’autrui et qui. dés le début empoigne son lecteur pour ne plus le lAcher que convaincu et confessant sa faute, la faute non pas de son intelligence mais de sa volonte : ;
« Si, dans un seul cas, ’incroyance pouyait se justifier et n’étre pas un péché, jamais le divin Maitre n’etit prononcé cette parole si décisive, si absolue : Celwi qui me croiva pas, sera condammné. Sortie d'une telle bouche, une pareille menace ne saurait étre vaine. Hn dévit des protestations de l’orgueil humain, elle aura son. effet infailliblement. Elle’se changera, quand se lévera le jour des suprémes justices, en une sentence inexorable, frappant saus appel tous ceux qui n’auront
as eraint de refuser ou-de retirer leur adhésion a *Hyangile. Il ne sera fait d’exception en faveur de personne. La malédiction atteindra tous les coupables, si haut qwils soient placés dans leur propre pensée ou dans celle des autres, si rassurés qwils se disent dans leur conscience. »
‘IT et IIT. — Jésus et les femmes, Marie et Vame chrétienne : nouvelles éditions d’ouvrages justement gottés, ou lon étudiera, ici l’action de Marie sur Yame huniaine et sur le monde, action inséparable de celle de son Fils, action incessante et la plus haute que Dieu ait pu réserver 4 une créature, action que ces pages suaves et fortes nous montrent justifiée par sa mission providentielle et maternelle, par sa dignité incomparable, par ses priviléges, par ses vertus, par les principaux mystéres de sa vie ; — et la, la femme telle qu’elle nous apparait dans l’Eyangile, tour 4 tour pardonnée, louée, reprise, bénie, consolée, dévouée, toujours analysée avec une stireté qui pénétre jusqu’aux derniéres fibres du cceur, avec une dignité de pensée et de sentiment qui bannit sévérement toute flatierie de la sensibilité, avec une habileté supérieure a tirer du texte évangélique des applications pratiques : magnifique commentaire des récits de lEvangile oi1 le Sauveur apparait en face de la femme. En conclusion, un admirable tableau de ce qu’a été, dans nos civilisations chrétiennes, « la femme née de l’EKvangile. »
La réalité des apparitions démoniaques, par dom Bernard-Marie Maréchaux, bénédictin de la Congrégation olivétaine. — Un vol.-in-12 de xxx-84 p., 4 fr. — Paris, Téqui.
Une manifestation diaholique (1890-4891) :
Etude de faits merveilleux, par Vabbé Segaud, docteur en théologie. — Un vol. in-8 de 288 De, 4 fr. — Lyon, Vitte.
Le surnaturel et la science. Le miracle, par le Dt As Goix. — In-8 de 4112 p., 4 fr.— Paris, Bloud et Barral.
Les Francs-Macons peints par euxmémes, par Léon de Génieu. —In 8 do 96 p.
1 fr. 50.— Paris, Bioud et Barral. i
I.— Dom Maréchaux, cédant 4 de nombreuses instances, vient de réunir en volume les articles publiés ar lui sur les apparitions démoniagques dans la savante Revue du Monde invisible.
. Ihles fait précéder d’uné Introduction largement tra-
Ole AMI DU CLERGE tas Oe :
1 By
céé, ot il étudie, au point de vue scripturaire et théologigue, la question des apparitions démoniaques. Il s’étend en particulier sur la réalité physique de Vapparition de Satan a Jésus-Christ au désert (contrairement 4 une trés singuliére assertion de M. Le Camus), apparition qui est le point de départ et comme le type de tous les assauts du diable contre les saints. Vient ensuite le récit de ces assauts, dont ’auteur reléve le cdté exterieur et sensible. Successivement nous voyons le diable aux prises avec saint Antoine, saint Martin, saint Benoit, saint Romuald, saint Dominique, saint Frangois d’Assise, sainte Francoise Romaine, sainte Thérése, gaint Jean de Dieu, sainte Colette, saint Philippe de Néri, les vénérables Agnés de Langeac et Benoite du Laus, le vénérable curé d’Ars, le saint homme de Tours, etc. C’est une évocation d’un intérét palpitant. La conclusion qui s’impose, c’est que les apparitions démoniaques se présentent avec les caractéres de faits historiques trés authentiquement établis et indéniables aux yeux d’une critique sans parti pris.
Il. — Une manifestation diabolique est une thése pour le doctorat en théologie. L’auteur part de faits particuliers, trés connus et indiscutés, pour poser ensuite des principes, discuter, juger, donner les caractéres distinctifs du surnaturel absolu ou relatif, ou simplement de l’extraordinaire. — Ouvrage trés utile par conséquent a tous ceux qui ont charge d’dmes. Des faits de ce genre, nous tenons 4 le dire en passant, sont beaucoup plus fréquents qu’on le croit généralement.
III. — ia trés remarquable étude du D* Goix se divise en cing chapitres qui forment deux parties bien distinctes. Dans la premiére, on donne la théorie du miracle, sanotion, sa possibilité, sa vérification (p. 5-45).
— Dans la seconde, qui est menée avec une rare rigueur -
scientifique 4 travers. une exposition palpitante d’intérét, on étudie en particulier le miracle fondamental de notre foi, la Résarrection de Jésus-Christ : le la mort méme de Jésus et les hypothéses proposées pour l’infirmer : vie latente (fakirs de l’Hindoustan), mort apparente (crucifiées jansénistes), mort simulée (arrét volontaire des battements du cceur); 2° les apparitions de Jésus: réponse des Juifs, réponse des apotres, hallucinations partielles et completes (folie), hallucinations collectives, hallucinations véridiques (télépathie), matérialisations spirites (téléplastie). C’est avec toute la précision (un spécialiste que Vauteur, se placant sur le terrain des sciences médicales et naturelles, renverse lun aprés l'autre tous ces échafaudages d’explications fantastiques.
Conclusion :
commandement de la raison mise en présence de la résurrection du Christ. » — « Le saint est le seul homme vraiment et totalement raisonnable. » Si autem Christus non resurrexit, inanis est ergo preedicatio nostra, inanis est et fides vestra. (I Cor., xv, 14).
IV.—M. de Génieu tend le miroir aux franes-macons, un miroir ot. chacun peut lire ce que la franc-maconnerie fait en politique, le mystére dont elle s’enveloppe, ce quwelle prétend faire de la religion, de la famille, de Ja propriété. C’est une brochure faite tout entiére de documents; et rien ne vaut Péloquence des documents en pareille matiére. Ce sera une mine féconde et indispensablg pour nos journalistes catholiques et conférenciers populaires, et pour tous ceux qui ont, 4 quelque titre que ce soit, mission de faire du bien autour d’eux et d’éclairer les masses sur le fléau capital qui a accumulé déja tant de ruines et qui nous en prépare tant d’autres t
Lecons d@’Keriture sainte. Jésus-Christ, Sa vie, son temps, par le P. Leroy, 8. J. — Un vol. in-12 de 802 p., 3 fr. — Paris, J. Briguet.
Le titre choisi par le P. Leroy déroute un peu le lecteur. Ce volume est, en effet; un recueil d’homélies préchées au Gest de Paris; et c’est autre chose que l’on est habitué a lire sous ce titre un peu pompeux de « Legons d’Keriture sainte, » ou sous ce sous-titre : « Jésus-Christ, sa vie, son temps. » Aprés tout, la faute en est peut-étre, non pas au P. Leroy, mais a tant de modernes professeurs @’Ecriture sainte qui nous ont accoutumeés a chercher dans leurs « Legons » tout, histoire, géographie, archéologie, morphologie, linguistique, sociologie, etc., foul, excepté ’Hcriture sainte elle-méme et son interprétation simple, claire, traditionnelle. IL faut dire aussi que ce volume du P. Leroy n’est que le premier d’une série qui se continuera chaque année ; et
« ACCEPTER LE DON DE LA Fot, tel est le
quand Youvrage sera complet et que les proportions en apparaitront nettement a nos yeux, il est fort probable, en effet, que nous aurons une magnifique exposition
évangélique, une large interprétation du Nouveau Tes-
tament expliqué par lui-méme et par le rapprochement des textes, le vrai cours et la vraie « lecon d’Kcriture sainte » telle que l’entendaient les Péres.
Vous vous .souvenez qu’au temps de La Bruyére, la plus grande nouveauté éiait d’entendre un prédicateur qui préchat « l’Evangile. » Crest cette nouveauté-la qui est celle du P. Leroy et qui donne leur cachet distinctif aux dix « legons » du présent volume : Dieu et l’argent, le pouvoir de la priére, Jésus maitre de la mort, les Juifs rejetés, le Christianisme dernier mot du progrés, la foi et les intellectuels, Jésus et la pécheresse, le péché
- contre le Saint-Esprit, etc.
L’Histoire sainte em sermons, par l’abbé Maitres de Labussiére. — Un vol. in-16 de 252 p., 2 fr. — Lyon, Vitte.
doseph fils de Jacoh, figure de Jésus
Fils de Diew. Treize chromotypies de HH. Kneefler, d’aprés les dessins de Madjera et Pessler. — In-quarto, cartonné 4 fr. — Ratis-
bonne, Pustet (édition francaise a Paris chez Lethielleux, a Bruges chez Bayaert-Storie).
- Bethiéem et Nazareth. Album de quinze
gracieux tableaux de la Sainte Enfance, peints par Diefenbach. — In-quarto, 4 fr. — Ratisbonne, Pustet (édition francaise comme ci-dessus).
Biblia Pauperam. Images de l’Ancien et du Nouveau Testament, déssinées par le professeur
J. Klein et le Fr. Max Schmalzl, rédemptoriste. — Grand in-8, 29 grandes compositions et 7 vignettes ornementées, 3 fr. 75. — Ratisbonne, Pustet.
I. — Mettre VHistoire sainte en sermons, a une époque ou on ne l’apprend plus a Vécole, ot lon n’a guére le temps de apprendre au catéchisme, oti bientot, par conséquent, nos fidéles seront exposés a ne plus rien savoir d’Adam et d’Eve, du déluge, d’Abraham et de Jacob, de Moise et des prophétes, de David et des
destinées du peuple de Dieu: quelle heureuse idée! - combien opportune et combien nécessaire! et quel dom-
mage qu’elle n’ait pas été mieux réalisée! Que de fois déja nous avons répété que l’Ancien Testament ne se comprend pas sans le Nouveau; que dans les desseins de Dieu il n’était que la préparation, l’annonce, lébau-
~ che, l’aurore du Nouveau ; que, séparé du Nouveaa, il nous apparait comme une série d’aventures sans signifi-
cation possible, une énigme indéchiffrable, un corps
sans 4me; que Jésus-Christ est présent et doit étre mis ~-en lumiére 4 chaque page de l’Ancien Testament, avec
beaucoup plus d‘éclat encore que Dieu lui-méme 4 chaque page de la création!
Kit voila ce que l’on ne trouve pas, sinon de loin en loin, et dans une ombre 4 peine perceptible, 4 travers ces « sermons. » Et voila ce que rien ne saurait rempla-
- cer, pas méme les conclusions morales plus ou moins
vagues que l’on essaie de dégager des récits sacrés. — Sauf cette réserve (mais on voit quelle est capitale),
ces « sermons » offrent de histoire sainte un exposé
agréable, clair et simple, et qui n’est pas dépourvu d’onction. A une prochaine édition le complément que nous jugeons absolument nécessaire.
Tl. — Que l’on ouvre par exemple l’album intitulé : Joseph fils de Jacob, figure de Jésus Fils de Dieu. Voila une merveille d’art et d’intelligence du sens figuratif de VEcriture. Ces treize chromotypies du célébre Kneefler~d’un coloris ot la délicatesse le dispute a Véclat, représentent l’histoire de Joseph et celle de Jésus ; au premier plan, la scéne biblique , au-dessous, la scéne évangélique, et le verset génésiaque rapproché
du yerset évangélique qui l’éclaire de toute la lumiére-
messianique; et ces deux versets eux-mémes largement développés dans les deux pages de texte qui accompagnent chaque chromotypie, développés surtout avec onction, avec une cnction pénétrante qui révéle le cur d’un mailre caléchiste (Vabbé Wittmann, curé de Champrougier).
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Ill. — Bethléem et Nazareth, album de méme format et de méme perfection artistique, mais qui n’offre pas la méme valeur doctrinale, puisqu’il n’y est pas question de Ancien Testament, et que l'on so borne a reproduire, avec quel charme divin! quelques-unes des scénes les plus aimées de Il’Enfance du Sauveur. Auone de chaque tableau, une poésie de l’abbé Hoornaert. :
IV.— Nul artiste n’a mis cette concordance des deux testaments en plus pleine lumiére théologique que le Fr. Schmalzl, dans ces gravures de la Biblia pauperum qui illustrent les éditions du Bréviaire de Ratisbonne. Ce sont ces grayures que l’on retrouyera réunies dans le présent Albwm, mais plus fines, dans un format agrandi, sur papier de luxe. C’est le plus beau plan d’Histoire sainte que Von puisse réver, le plus merveilleux tableau synoptique de tout l’ensemble de la religion, depuis la création jusqu’é Apocalypse. Au centre de chacune de ces gravures, un mystére du Nouveau Testament, et tout autour, en nombre variable, les figures de l’Ancien, tout le développement de l’économie divine de la Rédemption promise, annoncée, préfigurée et enfin consommée, tout un admirable plan d’enseignement religieux (le plan méme de Dieu) qui surgit et se déroule , sous vos yeux.
Les Saints. — Saint Nicolas Ier, par Jules Roy. — Sainte Geneviédve, par Henri Lesétre. — Volumes in-42 de 200 4 220 p., 2 fr. — Paris, Lecoffre.
Petite Bibliothéque édifiamte : Saint Jean-Francgois Régis ; — Le Bon Larron, par L. Masson. — Plaquettes in-42 de 82 p., 0 fr. 20. — Lyon, Vitte.
Onze Saints fondateurs @’Ordres religieux, in-18 de 102 p., 0 fr. 30. — Quelques Saints et Saintes de France, in-48 de 56 p.,
0 fr. 20. — Trois Saintes Reines de France, 22 p., 0 fr. 15. — Trois Saints novices de la compagnie de Jésus, 32 p., 0 fr. 20. — Les
Saints Apotres et Evangélistes, 94 p.,0 fr. 380. — Les Sainis Martyrs, 24 p., 0 fr. 145. — Quatre Saintes fondairices, 28 p., 0 fr. 15. — Six jeunes Saintes et Martyres, 48 p., 0 fr. 20. — Quelques Saints Evéques des Gaules, 40 p., 0 fr. 20. — Paris, J. Briguet.
a Légende dorée, par A. de Gériolles. — Un vol. in-40 de 192 p., illustré, 1 fr. 75 (fortes remises par nombre). — Lyon, Vitte.
Saint Antoine de Padoue, par le P. Léopold de Chérancé, capucin. — Un vol.,in-18 de 240 p., illustré, 4 fr. — Lyon, Vitte.
Un Apdétre. Vie du P. Emile Saladin, des Missions Etrangéres de Paris, par le chanoine Guers. — Un vol. in-8 de 810 p., 4 fr. — Paris, Bloud et Barral.
La wénérable soeur Bemoite, par l’abbé Juge. — Un vol. in-42 de 392 p., illustré de nombreuses gravures, 3 fr. — Lyon, Vitte.
Les gioires de la Terre Sainte, par M. Sodar de Vaulx. — 2 vol. in-12 de 310 et 350 p., 6 fr. — Paris, Bloud et Barral.
I. — La collection Les Saints poursuit le cours de ses succés. Saint Nicolas Ie’ est Pune des figures les plus énergiques de la dynastie pontificale. Il est l'un des cing ou six papes du moyen age qui, ayant le profond sentiment de recueillir dans l’héritage de Pierre le devoir de guider I’Hglise universelle, ont exercé avec le plus de force leurs droits de primauté ; et c’est peut-étre le pape qui a fait l’effort le plus vigoureux (précisément parce qu’il était un des premiers) pour affranchir de toute subordination 4 ’égard des princes et de toute compromission avec le siécle la supréme magistrature de l’Eglise. Malheureusement (et c’est ici l’occasion de vérifier une fois de plus que du mensonge il reste toujours quelque chose), il demeure, méme aux yeux de nombre de catholiques, accablé du reproche affligeant d’avoir
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fondé son gouvernement sur une ceuvre de mensonge, sur des documents fabriqués, appelés Fausses Décretales, c’est-a-dire sur des décisions papales qui ne viennent pas des papes auxquels l’auteur de ce recueil les attribue, ou qui ne sont pas reproduites dans leurs formes authentiques, ou qui sont entiérement fabriquées. C’est de ce reproche que M. Jules Roy, professeur a l’Ecole des Chartes et & l’Ecole des Hautes-Etudes, justifie Nicolas Ier, en montrant qu’il a fait constamment dériver sa doctrine d’une origine antique et certaine, méme daus les cas ot il est d’accord avec le recueil des Fausses Decretales. En tout ce qui touche la liberté et ’indépendance de l’Eglise ainsi que la primauté de son chef, les Fausses Décrétales n’ont rien changé a ce qui était Pessence méme de la discipline ecclésiastique : elles n’étaient que Vexpression de doctrines qui se manifestent dans une tradition ininterrompue. — Aprés quarante merveilleuses pages d@’introduction exposant la situation de l’Eglise lors de l’élection de Nicolas Ie" (858), ’ouvrage se divise en deux parties : 1° Vhistoire méme du pontificat ; et 2° synthése doctrinale des idées de Nicolas I*" sur la papauté, sur son triple pouvoir législatif, judiciaire, exécutif, sur les rapports entre les deux puissances; puis deux appendices sur les sources de ces doctrines et sur le jugement des causes des évéques avant ce pape.
— La vie de sainte Geneviéve a été écrite en latin, dix-
huit ans aprés sa mort, par un biographe dont le nom est resté inconnu, probablement un clere de I’Kglise de Paris. C’est la principale, et, & vrai dire, la seule source d’informations détaillées que nous possédions sur la sainte. Des savants allemands ne pouvaient manquer d’en attaquer l’authenticité; mais M. Duchesne l’a victorieusement défendue et établie de fagon désormais irréfutable. Mais, avoir des documents certains n'est pas tout; il faut les vulgariser. Et c’est ce que vient de faire, avec un gotit égal a sa science, M. l’abbé Lesétre, curé de Saint-Hlienne-du-Mont. Placé par la Providence auprés du tombeau de la sainte Patronne de Paris, témoin quotidien du pieux empressement avec lequel le peuple y vient prier, et confident des faveurs incessantes qu’il y obtient, nul n’était mieux qualifié pour présenter au public lettré la vie de sainte Geneviéve. Grace a lui,. beaucoup sauront désormais que sainte Geneviéve n’a pas été seulement une jeune bergére un beau jour inspirée de Dieu, un météore en un jour d’orage, mais qu’elle a été mélée a la vie publique de Paris jusqu’a un Age extrémement avancé. On goititera surtout ’étude ingénieusement conduite des rapports de sainte Geneviéve et de sainte Clotilde, qui font assister une fois de plus a la formation religieuse et catholique de la nation francaise.
II. — Deux nouvelles biographies a signaler dans la « Petite Bibliothéque édifiante, » si coquette, si pimpante avec sa couverture historiée et ses arabesques aux marges de ses feuillets : Saint Francois Régis, VYapotre du Vivarais, l’une des vies apostoliques les plus effrayantes de labeurs et d’austérités que lon puisse méditer; — et le Bon Larron, sous le patronage de qui tant de gens aujourd’hui doivent éprouver le besoin de se mettre.
Ill. — Ce serait & se demander si ’hagiographie a jamais pris chez nous un développement comparable a celui que nous lui voyons aujourd’hui. Et cest la encore un excellent signe des temps. La nouvelle collection Briguet sera la bienvenue dans les milieux populaires et scolaires. En quelques pages précises, on y trouvyera des notions biographiques suffisantes sur quelques-uns des saints qui doivent nous intéresser davantage : sur les apdtres, sur les apdtres des Gaules en particulier (saint Denys, saint Martial, saint Irénée, saint Pothin, saint Loup, saint Martin, saint Remi, saint Hilaire, saint Germain d’Auxerre), sur les grands fondateurs d’Ordres (saint Dominique et saint Francois, saint Benoit, saint Ignace, saint Alphonse, saint Vincent de Paul, saint Jean de Dieu, etc.), sur quelques grandes fondatrices (sainte Claire, sainte Thérése, sainte Jeanne de Chantal, sainte Angéle), sur les trois jeunes Saints de la Compagnie de Jésus (saint Louis de Gonzague, saint Stanislas Kostka, saint Jean Berchmans), sur les martyrs et les martyres enfants (saint Symphorien, les sept Fréres, sainte Symphorose, sainte Catherine, sainte Agnés, sainte Cécile, sainte Eulalie, etc.), ete.
IV. — Quelle heureuse idée aussi l’on a eue de nous donner cette nouvelle édition, vulgarisée, de la Légende dorée! La Légende dorée, écrite au xi siécle par un prélat italien, Jacques de Voragine, s’intitulait d’abord
tout simplement Légende des saints; cest Venthousiasme des masses qui Vappela ensuite la Légende dor, puis définitivement Légende dorée. La Légende dorée fut vraiment le livre de chevet.du moyen age ; elle pénétrait partout, dans les cloitres, dans les chateaux, jusqu’aux veillées de village, ot quelque clerc en lisait et en commentait les chapitres a son auditoire enthousiaste ; elle était d’un attrait irrésistible pour ces dimes simples, croyantes, éprises de la sublimité des martyrs, émerveillées des miracles des saints, toujours en liesse a la vue des déconvenues et des humiliations du diable. BS ; De la présente édition on a élagué les répétitions, les faits du Nouveau Testament suffisamment connus par ailleurs, des libertés d’expression qui ne seraient plus de mise dans un livre destiné au jeune Age. Pour le reste on a respecté, autant que possible, la pensée et la forme du texte primitif; et ces quarante ou quarantecing légendes sont charmantes, avec leurs grandes illustrations hors texte, aussi naives et aussi simples que la légende elle-méme.
V.— Une Vie populaire de saint Antoine de Padoue, agréablement illustrée, d’un bon marché extréme, avec un bon chapitre final sur les événements de Toulon et le Pain de saint Antoine, est assurée d’un accueil universel. Et quand, nous disons « populaire, » cela ne veut nullement dire que cette Vie soit dépourvue de science et de critique; bien au contraire : on n’aura qu’a lire Vindication des sources et la bibliographie du sujet, en téte du présent volume ; ou mieux, on n’aura qu’a se souvenir qu’il est l’ceuvre d’un religieux Capucin, quil a été écrit par conséquent avee la conscience d'un frére de saint Antoine, avec une conscience faite de foi, de respect, de dévotion, @amour. Et quand il sagit d’hagiographie, cette conscience-la peut bien sembler aussi stire, aussi éclairée que toute la critique du monde.
VI. — Tous les missionnaires sont des apdtres, et tous des héros; et de tous la biographie mériterait détre célébrée dans les fastes de l’Eglise et de Vhistoire de la civilisation. Mais, sur ce fond commun d’héroisme, quelques figures se détachent, plus gran-
dioses que les autres; et quiconque ouyrira la Vie du
P. Saladin, s’écriera qu'il a sous les yeux une de ces figures-la. Le P. Saladin restera dans Vhistoire comme un des fondateurs de l’Eglise au Siam ; et sa biographie est une source précieuse pour tous ceux qui s’intéressent a Vavenir de linfluence francaise en Indo- Chine. — Inutile de rappeler a nos lecteurs qu’ils retrouveront ici la male rondeur et la vigueur toute militaire qui caractérisent le style de l’abbé Guers, notre ancien aumoénier militaire de ’armée du Rhin.
Vil. — Sceur Benoite, du Tiers Ordre de Saint- Dominique, au xvi’ siécle, fut la fondatrice du célébre pélerinage de Notre-Dame du Laus (prés Gap), qui chaque année attire plus de 80,000 pélerins. « Je ne sais, écrit Mgr Berthet, évéque de Gap, en téte de cette biographie, je ne sais si dans Vhistoire de l’Hglise il y a une vie marquée dun surnaturel si constant, si multiplié et si étonnant... Peu habitués que nous sommes de nos jours a cette atmosphére si exclusivement divine, on se trouve comme surpris et embarrassé dans son jugement. Mais... on est bien obligé d’avouer que tout porte lempreinte de la plus exacte vérité et de la plus parfaite authenticité. C’est au grand jour et non point dans ’ombre que s’est passée cette vie; des foules innombrables en ont été temoins. Pendant cinquante-quatre ans sans discontinuer, chacun a pu en constater la réalité. » Pendant cinquante-quatre ans en effet, cette pauvre bergére a été favorisée des apparitions de la sainte Vierge et a vécu dans Vintimité des anges; elle en a recu des avis et des ordres, pour elle-méme et pour toutes sortes de personnes, sans distinction de rang ni de fortune ; elle a ramené quantité de pécheurs a Dieu et morigéné les directeurs des ames; elle a lu dans le secret des consciences et dans le secret de Vavenir, et prédit long'emps a Vavance les événements les plus imprévus. Et cest par millions que se comptent les témoins de cette vie extraordinaire et de
‘Vorigine du pélerinage, — La cause de la Servante de
Dieu a été introduite en 1871. Espérons que ce travail le dernier qui soit sorti de la plume de l’abbé Juge, ecrit avec autant de simplicité et d’amour que d’exactitude et de sens critique, trouvera une rapide diffusion et . intéressera nombre d’émes chrétiennes au succds d’une cause si précieuse pour notre pays. ;
VIII. — Dans les Gloires de la Terre sainte, ou Histoire de ses héros, de ses martyrs et de ses ; pélerins, vous trouverez Vhistoire des établissements franciscains en Terre-Sainte depuis le jour ot saint Frangois lui-méme fixa ce champ d’action 4 ses fils, cest-a-dire, en somme, toute Vhistoire du catholicisme en Terre-Sainte pendant les longs siécles ot les Franciscains furent seuls 4 supporter le poids du jour et de la chaleur, une moisson incomparable de déyouements ignores, d’héroismes obscurs, d’ceuyres de charité, le tout conté dans une langue généreuse et chevaleresque, digne du sujet. C’est une chevauchée enthousiaste a travers les siécles, une vraie croisade, que feront, a la~suite de Vauteur, tous ceux qui aiment la Terre-
Sainte.
Les grands saints de France et leurs amis, par Ch. d’Héricault.— Un vol. in8 de x11-330 p., 4 fr. — Paris, Bloud et Barral.
Voici un des livres les plus aimables, les plus suayes que nous ayons lus; et combien plus suave le trouvet-on encore, quand on songe que c’est le chant du cygne et que M. d’Héricault vient d’étre enlévé 4 la littérature catholique! M. d’Héricault avait pensé d’abord a inti- - tuler son livre: La douceur du Christ ; mais ce titre, qui manque au frontispice, n’en exprime pas moins le parfum se se dégage de chacune de ces pages. La douceur est l'une des Béatitudes, la fleur de l’humilité et de la charité, la fleur qui rayonne au front de toutes les perfections, naturelles ou surnaturelles. N’a-t-on pas remarqué que les arts montent vers la perfection 4 mesure quwils s’élévent vers la douceur? Suivez un peu Vhistoire de la peinture, des sombres prédécesseurs de Cimabué & Raphaél; et pour Cimabué lui-méme, son génie, nous dit un vieil historien, se révéla surtout au
- portrait de saint Francois d’Assise, parce que le peintre y avait montré «un peu plus de bonté. »
Cette douceur qui méne l’art vers les hauteurs, c’est elle aussi qui y méne nos ames; et c’est la douceur du Christ. C’est elle encore qui a fait monter l’humanité, la
France tout particuliérement, vers la civilisation. Et cette douceur a brillé chez les saints.de tous les pays, sous toutes les latitudes : M. d’Héricault le sait mieux
- que personne, lui qui naguére ouyrait d’une main si pieuse et avec une si respectueuse curiosité le cceur des
-méres des saints, le coeur des grands fondateurs d’Ordres religieux, pour y contempler les plus pures effusions de
-Yamour, les tendresses naives et profondes de ces
ames.
Mais ne peut-il pas sembler que cette douceur a du fleurir surtout sur notre sol, et que cette dame gentille et douce, généreuse, crédule a la tendresse, facile au dévouement, emportée vers l’apostolat, aisément chevale-
resque et heureuse d’étre utile, — ne semble-t-il pas que cette Ame, qui est l’ame méme de la France, adti donner une nuance personnelle ala charité qui est la vie de
-toute la chrétienté?
Nos saints de France ont été des saints aimants, tout
pénétrés de la « douceur du Christ; » et c’est une grace de suivre l’épanouissement de cette douceur a travers les pages de M. d’Héricault : sous les Mérovingiens, au
temps du bon roi Gontran, au vir’ siécle, « le siécle des ©
éyéques, » saint Amand, saint Eloi, saint Ouen, saint Aubert, etc., — sous les Carlovingiens, les amis de ‘Charlemagne, Vamitié guerriére transfiguree par le christianisme ; — au moyen age, saint Bernard, saint Louis, saint Anthelme de Belley ; — dans les temps modernes, saint Frangois de Sales, sainte Jeanne de Chantal, saint Vincent de Paul, saint Jean-Francois Régis, ete.
Fourviére, Poéme religieux, par Ferris de Gersac. — Plaquette in-16 de 32 p., 0 fr. 50. — Lyon, Vitte.
Notre-Dame de Fourviére, par Pierre
- Dupont. — Plaquette de 8 p., 0 fr. 20. — Lyon, Vitte. :
La foi et la plus tendre piété ont inspiré ce poéme, ou
I’on trouvera, en vers élégants et sobres, Vhistoire du plateau et de la Basilique de Fourviére, depuis les ori-
gines romaines, ot le Forum
; dominant la colline, Ecrasait Lugdunum dun joug marmoréen ;
— depuis les premiéres traces historiques du sanctuaire de Marie (au rx° siécle) :
Huit siécles ont rongé le Forum, qui s’écroule !
Marie est seule alors sur le sommet conquis :
Bien simple, son palais !... .
Un toit sur quatre murs, l’autel dans une niche,
Une porte d’étable, et c’est tout...
— jusqu’aux splendeurs de la nouvelle Basilique :
Au milieu des éclairs d@’un brillant nimbe d'or, La Reine parait : c’est Marie |!
S. E. le cardinal archevéque de Lyon a accepté la dédicace de ce poéme et béni J’auteur.
II. — Réédition de la gracieuse poésie que le célébre chansonnier lyonnais consacrait, il y a plus de cinquante ans, a la gloire et a l'amour de sa patronne.
Science et Religion. tudes pour le temps présent. — Vingt-sept volumes in-12 de 64 p., 0 fr. 60. — Paris, Bloud et Barral.
La collection Science et Religion se poursuit avec une rapidité dont s’applaudissent tous les amis de la « sclence » et de la « religion. » Vingt-sept nouveaux opuscules viennent de paraitre. Voila bien la forme d’apologétique qu’il fallait & nos contemporains. Que de fois nous avons été tentés de nous impatienter devant ces questions @honnétes lecteurs qui nous demandent uu « petit manuel d’apologétique, court et précis, répondant de fagon suffisante aux objections et difficultés de la science moderne! » Eh ! mon Dieu, la science incroyante se porte partout, nous attaque partout, sur tous les terrains, philosophique, scripturaire, patristique, médical, astronomique, géologique, social, historique, etc. Comment en quelques centaines de pages répondre a tant d’adversaires? D’autant plus qu’en notre pauvre cervelle humaine, toute démantelée par le voisinage de quantité de passions envahissantes, l’erreur ou lobjection pénétre avec une tout autre facilité que la vérilé.
La marine moderne a créé ses sous-marins imperceptibles et ses petits torpilleurs capables de faire sauter les pesants et redoutables cuirassés. Voila longtemps que la littérature légére lance ses torpilles contre les ceuvres imposantes de nos théologiens et de nos docteurs. A nous de retourner contre elle ses propres armes. Contre un ennemi sans cesse mobile, fuyant, insaisissable, il faut des troupes légéres, alertes a débrouiller une situation, 4 éclairer le maquis oti se dérobe Vattaque, a frapper au point vulnérable. Et c’est ce que font 4 merveille ces charmants petits volumes auxquels le public studieux a réservé un accueil qui a dépassé toutes les espérances.
De pareilles études ne s’analysent pas. Les titres d’ailleurs et le nom des auteurs parlent d’eux-mémes. Qu’est-ce que l Ecriture Sainte ? existence et théorie de Vinspiration, par le P. Catmgs, qui nous donnait déja, l’an dernier, dans la méme collection, un admirable résumé de la question de Vorigine des Evangiles (Comment se sont formés les Evangiles). — De la prospérité comparée des nations catholiques et des nations protestantes, au triple point de vue économique, moral et social, par le P. Frammrton, 8. J. (réfutation du méchant opuscule de Laveleye, réédité lan dernier L Avenir des peuples catholiques. Un de nos lecteurs nous avait demandé d’écrire cette réfutation dans Amz du Clergé : le voila servi & souhait, et beaucoup d’autres avec lui). — La connaissance du Beau (sa définition, application aux beautés de la nature), par M. Gaszorit, l’auteur si souvent cité ici du Beau dans la nature et dans Vart. — L’Art et la Morale, par le P. SeRTILLANGES, dominicain : grave probléme, que les lecteurs de la Revue Thoméiste seront heureux de relire ici, traité avec la rare plénitude de sens esthétique et de sens théologique qui distingue l’auteur. — La Sorcellerie, par J. BerrRanp : étude de la magie noire et examen des questions connexes (bilocation, bicorporéité, répercussion, etc.), avec indication des solutions actuellement possibles.
Le diable dans Vhypnotisme, par le docteur H&or, l’auteur universellement connu de Névroses et possessions diaboliques (Ami, 1897, p. 1100). Ce docteur
AA
Hélot, dans un précédent opusceule de cette méme collection, avait prouvé que I’ «hypnotisme franc » n’est qu'un hypnotisme incomplet ct tronqué, artificiellement composé de phénoménes choisis et séparés (pour les besoins de la cause) d’autres phénoménes transcendants. Des polémiques récentes l’aménent a preciser mieux encore cette fois ; et il établit trés carrément que Vhypnotisme est intrinsequement mauvais, en prouvant que Io il est contraire a V’ordre divin qu'il tend a renyerser ; 20 que le diable seul peut étre ’auteur des phénoménes hypnotiques ; 3° que I’hypnotisme est une evocation au moins implicite du démon. Il déclare @ailleurs ne faire un crime a personne de son opinion, d’autant moins que lui-méme a longtemps partagé l’opinion mitigee sur Vinnocuité relative de ’hypnotisme, et qu’il a mis pres de quinze ans, en plusieurs étapes, 4 se former une opinion contraire. Les lecteurs de Névroses savent quelles garantios de science et d’orthodoxie il nous oifre, et qu’ila été appelé comme expert et témoin dans pres d’une centaine d’exorcismes, ce qui lui a permis de se conyaincre des rapports trés intimes que présentent les possessions certaines avec les phénoménes de Vhypnose. — L’hypnotisme et la stigmatisation, par le docteur IMBERT-GOURBEYRE, professeur a VHeole de médecine de Clermont-Ferrand : encore un des noms les plus illustres de la médecine contemporaine (nous en avons longuement entretenu nos lecteurs en 1894). Il établit ici, contre quelques catholiques, que les faux stigmates de l’hypnotisme ne peuvent s’expliquer naturellement. Et il conclut victorieusement que ces phénoménes ne sont nullement comparables aux stigmates d’origine divine dont ils ne sont que la contrefagon diabolique.
Ce que le christianisme a fait pour la femme, par Gabriel @Azamrusa : un des chapitres les plus curieux dejl’apologétique sociale del’ Eglise, et la plus fine critique du féminisme contemporain. Tous les lecteurs de V Univers connaissent d’ailleurs la verve éblouissante et la belle humeur toujours pétillante de G. dAzambuja. — Les ressorts de la volonté et le libre arbitre, par. M. Domet bE Voraszs, ancien ministre plénipotentiaire, un de nos néo-scolastiques les plus en yue. — Pratique de la liberté de conscience dans nos sociétés contemporaines (cesarisme et rationalisme ; rapports de l’Eglise et de l’Ktat : la religion d’Etat, les concordats, le droit commun ; Amérique), par Vabbé Cansr, l’auteur vraiment « classique, » toujours consulté pour ces délicates questions, qui ont été la méditation de toute sa vie. — La frane-maconnerie contre la liberté, par Francois VeEviLLor : que peut-il y avoir de commun entre la franc-magonnerie et la liberté? et quel nuage imperméable Vignorance libre-penseuse a done épandu devant les yeux des hommes d’aujourd’hui, pour qu’il soit toujours nécessaire de leur mettre en lumiére une incompatibilité aussi évidente! — Les théories modernes de la criminalité, par le docteur DeEnassus, professeur a la Faculté libre de médecine de Lille : exposé ef discussion vigoureuse des théories de Lombroso : caractéres anatomiques, physiologiques, physionomiques, intellectuels, passionnels, religieux, du criminel aux différents ages de la vie et aux diverses époques de la civilisation. — La faillite du matérialisme, par P. Courser, ancien éléye de l’Kcole polytechnique. Trois volumes : le premier consacré a l’historique de la question, de Lucréce au cinétisme de Hirn et aux anneaux tourbillons de sir William Thomson ; les deux autres, discussion serrée des hypothéses relatives au mouvement des atomes, au cinétisme des gaz, ala thermodynamique, a V’éther, a Vattraction et gravitation universelle, ete.
Le Globe terrestre, trois volumes: 1. La formation de Vécorce terrestre; Il. La nature des mouvements de lécorce terrestre ; Ill. La destinée de la terre ferme et la durée des tenrps géologiques, par A. de LAPPARENT, membre de I’Institut, professeur a l’Kcole libre des Hautes-Etudes, l’éminent géologue dont la science n'a d’égale que la modestie, l’honneur de nos Congres scientifiques internationaux trisannuels, une de nos plus pures gloires chrétiennes, qui, des profondeurs de l’ecorce terrestre et des caleuls en apparence les plus arides, sait faire jaillir toute la poésie et toute la foi de son ame. — Comment peut jinir lunivers, d@aprés la science et daprés la Bible, par C. de Kirwan : question tres a Vordre du jour ; Vhiver dernier, quantité d'instituteurs, improvisés couférenciers sur ordre supérieur, ont débité la-dessus & vos ouailles, avec projections lumineuses 4 l’appui, des sornettes ot le blasphéme allait de pair avec ’absurde. — Le levier d’Archimede ou la mécanique céleste et le céleste mécant-
L’AMI DU CLERGE el N a eee
cien, par le P. Orrouan, de ns plus Blovees de la mécanique céleste. Aprés Archiméde, on entend Leibnitz et Bernoulli, Pascal et Newton,
volumes : questions les —
puis les Modernes, Laplace, Faye, Wolf, Hirn, etc.; et ~
avec tous, on entend dans la eréation la voix de Dieu: Ei divi omnibus his que circumstant fores carnis
mece : Dixistis mihi de Deo meo, quod vos non estis ; —
dicite mihi de illo aliquid! Et exclamaverunt voce magna : Iesh recir Nos! » (S. Augustin, Conf, x, 6, 8).
L’éducation chrétienne de la démocratie, par Pabbé Cauippe : éducation par la science? par le socialisme ? ou par la foi? Tous les lecteurs de la vaillante Démocratie chrétienne de Lille savent avec quelle science
théologique et quelle dialectique impeccable Vabbé Ca- —
lippe conduit ses déductions. — Les hommes de France
a Lourdes (souvenirs du pélerinage national d’hommes ~
du 17 au 21 avril 1899), par Frangois VmuiLLor : ne pensez-vous pas que des manifestations de ce genre doivent élre un facteur des plus importants dans l’éducation d’une démocratie comme la notre ? — Les confréries musulmanes, par le P. Louis PETIT, superieur des Augustins de ?Assomption a Kadi-Keuy (Constantinople) : aux politiciens qui révent de faire l’education du mahométisme et de le placer sous le protectorat de la France, le P. Petit apprendra ce que c’est que lesprit musulman, tel que les confréries nous le montrent en action. La question n’est d’ailleurs pas neuve pour nos lecteurs, qui en ont lu un exposé ici-méme
(1898, p. 984-986). — Que Vorgueil de Vesprit est le —
grand écuerl de la foi, par Yabbé Fremont : verité que Yon ne saurait trop rappeler et que M. Frémont illustre a Paide de trois lamentables exemples : Théodore Jouffroy, Lamennais, Ernest Renan. — La religion catholique peut-elle étre une science? par le méme. — La
révélation devant la raison, par F.VERDIER, supérieur —
du grand séminaire de Montpellier. L’antinomie de la
science et de la foi, de la raison et de la révélation, est —
la grande erreur de ce siécle démolisseur : aussi: le
Concile du Vatican a-t-il placé le dogme de leur harmo- ~
nie nécessaire 4 la base méme de son édifice de restauration, et il ne faut donc pas se lasser de mettre dans Véclat le plus évident cette vérité, que « la doctrine du Christ est le soleil d’ot partent et ot convergent tous les rayons de lumiére. »
Discours de Mgr Berteaud, évéque de
Tulle. — 1 vol. in-8 de xxv11-346 p., 5 fr., Jranco —
5 fr. 50. — Paris, Bloud et Barral.
Tous ceux qui ont dévoré, il y a deux ans, la Vie de Mgr Berteaud, réclamaient avec ardeur la publication — de sés discours, ou du moins de ce qu'il avait été pos-
sible de cueillir au vol dans les merveilleuses improvi-
sations de Pévéque de Tulle. Car on sait que Mer Berteaud n’a jamais écrit. Il s’abandonnait toujours entiérement a Vinspiration du moment. Il n’a jamais préparé un discours, au sens vulgaire du mot; et, sans doute, il n’aurait pu le faire. L’idéal qu'il s’était formé de son devoir pastoral, « chanter le Verbe, » exeluait toute composition oratoire et tout travail de préparation prochaine. « Quand l’évéque parle, disait-il, cest un
pére quis’entretient avec ses enfants. L’évéque est la
bouche du Verbe. Sa lévre doit toujours étre préte et docile aux insinuations du Verbe. Il vit dans la lumiére
sa pensée mest occupée que dela vérité que Jésus-Christ —
a enseignée. Dés que les fidéles s’approchent de lui, il faut quil parle, qwil chante le Verbe et qu’on l’écoute. »
Ainsi faisait-il. Toute sa vie n’a été qwun méme discours, un grand discours des magnificences de Vamour de Dieu. Il parlait de Vabondance de l’esprit, d’un esprit qui s’épanchait en toute occasion et sans effort parce qwil était sans cesse alimenté par l’étude et la méditation. Il y a certainement peu d’exemples d’une pensée aussi constamment élevée, aussi totalement pénétrée de lumiére, et de lumiére surnaturelle. Toute sa vie n’a été quwune contemplation habituelle dela vérité de Dieu et de la beauté de ses muvres. « Ce monde, a dit saint
Paul, est un systéme de choses invisibles manifestées visiblement; » et de Maistre ajoute : « Tout se rapporte, dans ce monde que nous voyons, 4 un autre monde que ~
nous ne yoyons pas. » Voila le fond de la conception que lévéque de Tulle se faisait de la nature et de l’histoire. Tout y est pénétré de la pensée de Dieu, de seg desseins et des yérités nécessaires a la vie des ames ; et tout y est transparent aux regards de la foi. Le Verbé
rojette sur toutes choses un reflet divin : tous les étres, ous les éléments, tous les phénoménes de la nature sont « les syllabes d’or du poéme immortel que le Verbe dé Dieu chante dans la création a la gloire de son Pére. » Et histoire aussi est un poéme divin : tout y est ordonné pour la gloire de Dien, pour le triomphe de son Eglise et le salut des Ames.
Cette éloquence ne vieillira peut-étre pas. Alors que tant de voix qui se croyaient, il y a trente ou quarante ans, appelées 4 embraser le monde, se sont éteintes et ne nous ont laissé que cendre inerte, la grande voix de Vévéque de Tulle vibre comme au premier jour, vibre de tout ’éclat et dela nouveauté du Verbe et de son Eeriture inspirée. On n’a pu en recueillir que des fragments, des ruines, semble-t-il ; mais ce sont des ruines immortelles. On n’y trouvera pas l’unité classique des discours académiques, cette unité superficielle et gsouvent factice qu’offre le premier chateau de cartes venu, mais toujours l’unité reelle et profonde, fruit dela pen- -sée une qui ne cesse d’animer Vorateur, pensée une et infiniment variée, dont on reconnait l’inspiration a4 travers les sujets les plus divers et devant les auditoires les plus dissemblables, dans un Carmel ou devant des enfants, 4 Paris ou 4 Rome, a Saint-Louis-des-Frangais ou au Colisée, pour une premiére communion ou pour une bénédiction Baie: sur saint Martin ou sur saint - Hilaire, sur Vinfaillibilité du pape ou sur la mission de —Vévéque, pour une bénédiction de drapeau ou pour une inauguration de pélerinage. Chacun de ces discours (il y en a une vingtaine) est précédé d’une notice qui le replace dans son cadre et supplée aux lacunes inévitables du texte reproduit.
Béatitudes. Les curs délachés. Les dou et humbles, par Vabbé Henry Bolo. — Un vol.
in-12 de 317 p., 2 fr. 50. — Paris, Haton.
Les Béatitudes de M. Bolo font suite 4 sa Philoso- phie de Vhomme heureux, que nous ayons analysée ici en 1898 (p. 676). Il envisage dans les béatitudes évangé- liques, non pas seulement le code de nos devoirs, la
promulgation de certaines vertus caractéristiques du christianisme, absolument inconnues du monde paien et fort peu vulgarisées chez les Juifs, — non pas seule- -ment encore la promesse du bonheur du ciel. Tout cela est sans doute dans les béatitudes. He Mais ce n’est pas tout. Il n’est pas douteux non plus que Dieu a youlu que nous fussions, grace a cette législation nouvelle, plus heureux dés cette vie. Il y a, dans les béeatitudes, des promesses (Ils posséderont laterre... Ils seront consolés... Ils seront rassasiés de justice) “qui ne se rapportent pas exclusivement 4 des joies éternelles et qui appellent une réalisation partielle et - proportionnée dés cette vie. Ht chaque béatitude a pour commencement, on pourrait dire pour base, un bonheur trés présent : Beatt... beati estis. :
Crest qu’en effet tout obstacle au bonheur réside pour “nous dans la matiére; la matiére est toujours pour nous “une source de souffrance, qu’il s’agisse de la matiére étrangére au milieu de laquelle nous vivons, ou de la matiére corporelle dont nous sommes composés. S’af- -franchir donc, se détacher de la matiére, ec’est Punique moyen pour nous datteindre le bonheur ici-bas; et cest a ce détachement que tendent les béatitudes. Bienheureux les pauvres par Vesprit, c'est le détache- “ment des biens terrestres. Bienheureux les coeurs purs, c’est le second degré du détachement, le renoncement plus ou moins absolu 4 la vie matérielle des sens, aux instincts passionnels qui troublent ef qui corrompent. De ce double renoncement, de ces deux béatitudes fondamentales découlent les six autres. k . Les béatitudes sont le sommet de l’Evangile, le point central de ’enseignement de Jésus-Christ. Tout, dans VHvangile, converge vers les béatitudes. Tout, dans -LEvangile, miracles et discours, n’est que la mise en cuvre ou la mise en lumiére des béatitudes. Aussi M. Bolo en fait-il le centre d’un exposé complet de la doctrine évangélique, un commentaire perpétuel de VEvangile. Ce premier volume, comme l’indique le -gous-titre, n’étudie encore que deux béatitudes, celle des pauvres et celle des doux, que l’on appelle aussi la béatitude des humbles, la douceur n’étant que l’humi- ‘lité prise en sa forme extérieure, le parfum de l’humilité, la posture, la physionomie, la maniére d’étre de ceux gui ont un ceur humble. C’est un traité complet de détachement et de douceur, resplendissant de textes
AMI DU CLERGR
scripturaires, éclairé de toutes les lumiéres que ’Evan- gile répand sur ces deux vertus, éclairé aussi par Vexemple et les enseignements des deux saints qui en ont été les plus achevés modéles, saint Francois d’Assise et saint Francois de Sales.
L’éducation des jeunes filles. — Instructions, avis, conseils, d’aprés Mme de Maintenon, par le P. Libercier: — Un vol: in-12 de xx 348 p., 3 francs. — Paris, Téqui.
Le jeune homme chrétien a Vécole des saints, d’aprés le P. Berthier, missionnaire
de la Salette. — Un vol. in-16 de 286 p., 4 fr. 50. — Paris, Haton.
Annales de la premiére communion et de iz persévérance,. sous la direction de Vabbé Pradal. — Seiziéme année. — Un vol. in-8 de 528 p., 5 francs. — Paris, Haton.
La Mission. Avis relatifs ad la mission. — ee de 32. p., in 12, 0 fr. 10. — Paris, Lethieleux.
Le catholicisme en quatre chapitres, par ’abbé Laherrére. — Tract in-18 de 62 p., 0 fr. 15. — Paris, Briguet.
Portrait du vrai chrétien, par l’abé J.-M. L. — La confiance en Dieu, par le méme. — Tracts in-32 de 64 p., 0 f. 40. — Lyon, Vitte.
La Famille selon les Livres Saints, par le P. Clair, dominicain. — In-32 de 226 pages, 0 f. 50, franco 0 f. 65. — Paris, Maison de la Bonne Presse.
I. — Le nouvel ouvrage du P. Libercier peut revendiquer les suffrages flatteurs qu’ont obtenus déja ses deux précédents opuscules, dont il n’est que la suite et le complément (Les religieuses enseignantes, et En entrant dans le monde). Madame de Maintenon nous a laissé l'un des plus grands styles du xvue siécle. Elle ne parlait jamais que pour dire quelque chose ; et Von est émerveillé, en lisant ces pages, de la multitude de remarques pénétrantes et de conseils pressants qu’elle prodigue sur tous les sujets qui touchent a la formation compléte, religieuse, morale, intellectuelle, « honnéte » dune jeune fille : le tout dit avec une franchise qui n’est jamais rude, mais que l’on sent toujours animée dun ardent dévouement et d’une tendresse contenue. Et cest a juste titre que Mgr Le Nordez écrit, dans l’éloquente lettre-préface qui ouvre ce volume: -
« Mme de Maintenon mérite un rang notoire, sinon le premier, parmi les femmes qui se sont appliquées avec compétence a V’éducation des jeunes filles. »
II. — Trés bien accueillie sera aussi la nouvelle édition du Jeune homme chrétien, du P. Berthier, memento complet de la jeunesse chrétienne, fait surtout dexemples et de traits empruntés 4 la vie des saints (trois parties : vertus 4 pratiquer, obstacles 4 surmonter, moyens de salut).
Til. — Et pour avoir de bons jeunes gens, il faut premiérement former de bons enfants, de bons premiers communiants. C’est 4 quoi vous aideront efficacement les Annales dont la seiziéme année vient de paraitre : yous y trouverez, comme de coutume, retraites, allocutions, historiettes, fleurs de la vie des saints, illustrations chrétiennes, dialogues, etc., par MM. Dassé, Bleau, Protois, Rosiére, Célestine Doré, ete.
IV.— Et, pour la persévérance des hommes, La Mission : 8 pages de conseils pratiques et notions catechistiques indispensables, et 18 pages de cantiques (dont on ne nous donne malheureusement que les paroles).
VY. — Tout le catholicisme en quatre chapitres, en 60 pages in-18, cela n’a lair de rien, et l’on est tenté de passer 4 coté sans méme l’ouvrir. Ouvrez cependant, et vous admirerez comme nous l’étonnante vigueur de logigue et la chaleur de conviction avec laquelle l’auteur établit : 1° existence de Dieu ; 2° la divinité de Jésus- Christ; 8° la divinité et infaillibilité de lMglise de Jésus-Christ ; et 4° comment l’Eglise romaine est seule
- ’Eglise de Jésus-Christ. — Et aprés cela, yous prierez beaucoup, avec l’auteur, pour le retour des incroyants : car, les lettres de créance de l’Hglise comme Ambassadrice du ciel ont beau étre suffisantes, la foi catholique a beau s’imposer de par le bon sens et la raison : elle n’en reste pas moins un acte libre, un acte ou la volonté a sa part décisive. « D’oh la nécessité, a laquelle nulle science ne peut nous soustraire, de confesser notre impuissance relativement a la foi ; d’en imploxer le bienfait par ’humilité de la priére, en la considérant comme une pure grace, un don, une faveur dont en tout état de cause on reste redevable 4 la miséricorde, et nullement comme un fruit possible des recherches du talent, ou de leffort obstiné du travail personnel. »
VI. — Deux nouveaux Tracts de la Bibliotheque céleste, dus 4 la plume toujours aimable et simple, male et tendre, de l’abbé Laffay, l'un de ces prétres du Prado de Lyon en qui se perpétue si fidélement Vesprit du P. Ghevrier. Répandez surtout a profusion autour de yous la Confiance en Dieu.
VII. — La famille est la premiére société voulue de Dieu, et Dieu a pris soin de lui tracer une constitution solide et précise. La Bible nous dit tout ce qwil faut sur le mariage, sur les divers états-de vie, sur les devoirs des époux, sur Véducation des enfants. Et cest. le recueil de ces textes sacrés que nous offre aujourd'hui le P. Clair : pas de commentaire proprement dit, simplement leg explications voulues pour relier entre elles les pensées éparses dans les Saints Livres et en former un tout. — En appendice, quarante pages de priéres et consécrations a usage des époux aux divers moments de la vie conjugale, et un modéle darchives de famille : curriculum vitce du pére, de la mére, des aieux, et surtout des enfants : A ceux-ci le P. Clair réserve douze pages blanches, une page pour chaque enfant. Dieu veuille que beaucoup de familles les remplissent toutes !
Quand j’étais Romain, par Oscar de Poli. — 4 vol. gr. in-8 de 310 p., illustré, 4 fr. — Paris, Briguet.
Le Bambino, par Belleforme-Ramiére. — 1 vol.
in-8 de 240 p., illustré, 1 fr. — Lyon, Vitte.
Soeur Louise, par Oscar de Poli. — 4 vol. in-12 de 334 p., 3 fr. — Paris, Briguet.
Nouvelles petites histoires. Traits de
- missions, par le P. Devés, des Oblats de Marie- Immaculée. — 1 vol. in-8 de 240 p., illustré, 3 fr. — Paris, Briguet. :
‘Le Philosophe au village, par Adrien Vernet. — 1 vol. in-42 de 820 p., 3 fr. — Paris, H. Gautier.
Grande amie, par Miriam. — 4 vol. in-42 de 312 p., 3 fr. — Paris, H. Gautier.
Conquise, par Marie Stéphane, — 4 vol. in-12de 322 p., 3 fr. — Paris, Briguet.
Katal orguaeil, par Edmond Coz. — 4 vol. in- 42 de 312 p., 3 fr. Paris, Briguet.
Petite fleur, par Lucie des Ages. — 4 vol. in-12 de 150 p., 2 fr.; franco, 2 fr. 40. — Paris, Haton.
Les Femmes Francaises pendant la guerre de 4870, par Jeanne France. — France et Patriotisme, par Mme de Pitray. — Jeanne Hachette, par André Talmont. — 8 vol.
gr. in-8de 150 p., illustrés, 4 fr. le vol. — Lyon, Vitte.
Les trois fiancées de Louis XV. Nouvelles nouvelles, par Charles de Vitis, lauréat de l’Institut. — Un vol. in-12, 3 fr. — Paris, Téqui (Collection Saint-Michel).
La Wamille de Chandoré, par Marguerite Levray. — Le vieil ami, par Mme de Stolz.
— Le gros lot, par la méme. — Baneroche, par Mme la vicomtesse de Pitray.— La fortune
des Valbert, par Mme Chéron de la Bruyere.
— Volumes in-12 43 fr. — Paris, Haton.
Aventures et embuseades, par G. dela Lan- . delle. — Un vol. in-8, 8 fr. — Paris, Haton.
Souvenirs d@’un caré de campagne, par — Siéphen Lefranc. — Un vol. in-8, 4 fr., franco 4.f. 75. — Paris, Haton.
Musique et théatre pour pensionnats et colléges, par l’abbé Thibault, Caritas, G. Meugé, J. Blanchon, Jehan Grech, W. Moreau, etc. — Paris, Haton.
I. — L’an dernier, c’était Aua bords du Tibre (Ami, 1898, p. 252); cette année, c’est Quand j étais Romain. Et Romain, M. le yicomte Oscar de Poli ne l’a pas été | seulement comme nous devons tous Vétre ; il a été vraiment « citoyen Romain, » et de par la volonté de César, . tout comme saint Paul, de 1860 a 1870. César, en ce temps-la, s’appelait Napoléon III. Les gens de courte mémoire ont oublié certaine circulaire de feu le duc de Persigny, alors ministre de l’intérieur, par laquelle se ~ trouvérent dénaturalisés, défrancisés les catholiques francais qui étaient allés sans le placet impérial monter la garde autour du Vatican. Ces braves soldats avaient vu clair dans le double jeu de la politique napoléonienne, et, sans s’attarder a d’oiseuses « demandes de permis, » avaient fait vite, comme sjils eussent pressenti que le compére Cialdini allait tét recevoir des Tuileries la consigne de faire de méme. N’étant plus Francais légalement, que pouyaient-ils devenir, sinon
- « Romains » plus quwils ne Vavaient jamais été? Tout
catholique frangais a deux patries la France et Rome.
Et c'est cette Rome dont M. Oscar de Poli nous éyoque les souvenirs avec une jeunesse toujours nouvelle, souvenirs toujours vivants d’une ville ot tout parle, méme les pierres, qui sont des pierres de vingt ou vingt-cing siécles, méme la poussiére des voies, qui est une poussiére d’imperators et de martyrs; fresques majestueuses qui déroulent sous nos yeux quelques-unes ~ des grandes scénes romaines, du Colisée et du prétoire & Mentana et aux bibliothéques pontificales. ;
Voila un livre qui fera les délices de notre jeunesse scolaire, de la jeunesse aussi de nos campagnes; livre de flamme, écrit avec une merveilleuse verdeur de belle humeur et d’entrain chevaleresque, brilant d’amour pour le pape et pour tant de vieilles choses chrétiennes qui nous font toucher du doigt le miracle que fut l’apparition du christianisme aux yeux des contemporains des Césars. :
Il. — Une des choses les ¢lus charmantes de cette Rome qui en a tant, une des manifestations les plus aimées de cette dévotion italienne toujours si familiére — et si sincére, si primesautiére et si tendre, c’est la dévotion au Bambino de VAra Coeli. Et il nous est salutaire, a nous Frangais, de regarder quelquefois de’ ce cété de la vie italienne, de nous déshabituer un peu de cette religion guindée, rechignée, renfrognée, recroquevillée, grincheuse, que nous ont léguée nos grand’méres ~ jansénistes, Allons, un peu plus de simplicité avec le — bon Dieu, et laissez-moi vos enfants se pamer d’aise et sourire a tous les anges emmi la gerbe Whistoires (il y en a plus de quarante) que leur conte le Bambino de leur ami Belleforme-Ramiére,
Ill. — M. Oscar de Poli n’est pas resté toute sa vie a Rome. Les armes l’avaient fait citoyen romain en 1860; — les armes Yont ramené citoyen francais en 1870, pour le rendre ensuite 4 sa chére « vie de chateau. » Oh! Laimable chatelain qu'il doit étre! Qui donc a dit qu’on ne sait plus causer en France? Lisez Oscar de Poli, et ce recueil de récits contés dans les longues veillées de chateau et reliés ensemble par d’exquis dialogues, qui ont certainement été vécus (Sceur Louise n’est que le premier, suivi de six autres : La Vierge aua« lilas, Le mariage @un chevalier errant, A bon chat bon rat Une effroyable aventure, etc.); et dites si vous pouvez souhaiter causeries plus pétillantes d’esprit et de bonne humeur, plus parfumées de grace et de tendresse, tour 4 tour plus mouillées d’émotion douce et plus fusées de francs éclats de rire. 5
AV. — Les Petites Histoires du P. Devés seront les” bienvenues, non pas seulement de la jeunesse qui aime lire, mais plus encore des catéchistes et des prédica-
ay
LAMI DU CLERGH
teurs. Voila un livre comme nous voudrions en voir €crire beaucoup par nos Congrégations religieuses qui
donnent des missions en France ou 2 Vétranger et qui, certainement, n’auraient toutes qu’a puiser a pleines
mains dans leurs souvenirs pour nous offrir des gerbes dhistoires comme celles du P. Devés. On n’aime plus lire les gros livres aujourd@’hui, les récits suivis; mais ces « petites histoires » sont sires d’étre dévorées comme « fruits » de salut. France, Afrique, Amérique, elles vous proménent partout; et avec elles vous ferez le tour du monde et, ce qui vaut mieux encore, le tour du monde de la grace: « Lis africains, Roses africaines, un Comédien converti par le scapulaire, la Conversion de Beeuf-Levé, chef des Sioux, les Pauvres du Sacré- Coeur de Montmartre, une séance de Spiritisme, le Jubilé de Trets, etc. » ;
V. — Le Philosophe au village : aventures d’un jeune homme moderne, loyal mais peu muni d’idées philosophiques, que tout pousse d’abord du cété. des passions démagogiques, qui fit peut-étre allé loin dans ce sens si la fortune lui etit souri, puis qui remonte le courant et retrouve dans la lumiére religieuse l’intelligence et le courage de se dévouer a son pays sous le drapeau « républicain libéral. » Pages brillamment et finement écrites, qui nous promettent toute une série d'études sociales des plus interessantes.
VI-VIII. — Des deuils et des larmes, mais 4 travers tout cela et transfigurant tout, du courage, du dévouement, des ceuvres de miséricorde, les délicatesses d’une éducation chrétienne et la vision du bonheur pour terminer : voila tout Grande amie, avec le charme simple et Solide que tous nos lecteurs connaissent au style de Miriam.
Conquise et Fatal orgueil, études dames anglaises et anglicanes, broyées par les duretés de la vie et ramenées enfin 4 la lumiére catholique ou elles trouvent la paix et la sérénité et ce que cette terre peut donner de bonheur. Voyez cette admirable scéne de miss Rosey qui vient de repasser toute sa jeunesse d’orgueil et de haine et d’en faire l’aveu 4 son oncle : « Est-ce ainsi que les catholiques se confessent?.... Alors ils ne souffrent pas ce que j’ai enduré pendant des mois?... Ils éprouyent ce soulagement de tout dire... comme je Vai fait tout 4 Vheure... » (Fatal orgueil, p. 309). « Diteslui qu’il ne me pleure pas, ni deuil ni larmes! Des fleurs, des chants, des priéres! car j’ai trouvé le repos et les joies que je n’ai pas su connaitre ici-bas!... J’ai trouvé le Dieu qu’aime mon ame, je le tiendrai et ne le laisserai plus s’en aller. » (Fatal orgueil, p. 311; Conguise, p. 321).
IX. — Petite Fleur du bon Dieu, placée par la Providence dans un milieu ot l’on se contente volontiers de gémir sur le malheur des temps et de protester contre les désordres de la société, sans se douter qu'il peut exister un deyoir social de tout essayer pour aborder et soulager ceux dont nous sommes les fréres devant Dieu. Petite Fleur, tout en se laissant parfois appeler made- — moiselle Don Quichotte, convertit tout ce monde-la, et a travers les péripéties les plus variées, le raméne a la vérité et 4 la charité chrétienne.
X. — Trois volumes tout vibrants de foi et de patriotisme sous leur couverture empanachée comme un régiment de dragons : Femmes frangaises yous redira Vhéroisme des Alsaciennes, les martyres de Bazeilles, les veuves de Metz, les méres de Paris, les héroines de Chateaudun, les fusillades honteuses des barbares d’Outre-Rhin, etc. — France et Patriotisme, trois récits dus a l’une de nos plus fines plumes féminines, M™ de Pitray, née de Ségur, qui semble avoir sucé au berceau la grace franche et la vigueur de cceur de notre bonne Me de Ségur. — Jeanne Hachette, tableau dramatique dun des plus glorieux faits d’armes de notre histoire, d@une des plus éclatantes explosions du patriotisme intense que Jeanne d’Arc venait d’allumer en notre pays.
XI. — Les trois fiancées de Louis XV, recueil de nouvelles (il y en a une douzaine) dues a la plume de Charles de Vitis, le pseudonyme du prétre qui obtint récemment, au concours du Petit Journal, le prix de trente mille francs pour son superbe Roman de Vouvriére, depuis traduit dans toutes les langues. Style charmant, émotion douce, humour plein de discrétion, et toujours une perspective morale et chretienne a Vhorizon. — Une demi-douzaine de ces nouvelles sont prises de la vie chinoise : lire surtout Li-Hoa, fraiche legende
de la Vierge, et les deux contes humoristiques intitulés : Barbe Bleue et Autour @un fez.
XII. — Lisez Mme de Stolz, toujours si simple et si bonne ; — Mme Chéron de la Bruyére et les funestes suites dune fortune improvisée; — Mme de Pitray, toujours si attentive 4 nous montrer la tendre Providence qui nous suit et nous arme de courage a travers toutes nos souffrances ; — Marguerite Levray, l'une des conteuses les plus aimées de nos jeunes filles, admirablement fine et délicate & mettre la touche chrétienne sur tous les événements de notre vie quotidienne.
XIII. — Avec G. de la Landelle, on est stir d’étre toujours dans le mouvement, dans la hardiesse, dans. la vigueur, dans ’héroisme. Son nouveau volume d’A ventures nous retrace le tableau d’une colonisation au Brésil, colonisation mouvementée comme toutes les colonisations, mais sage aussi, humaine et délicate parce qwelle est chrétienne et conduite selon les régles de YEvangile : rivalités implacables de hordes sauvages, émigrants portugais fuyant la persécution de Pombal, a la recherche d’une patrie nouvelle, de concert avec des bandes d’esclaves négres. Etude ethnologique trés intéressante donc, pénétrée de larges vues sur la fusion des races et sur leur régénération pacifique par la foi.
XIV. — Souvenirs d'un curé de campagne! Vivent les titres comme celui-la, qui a le double avantage, premiérement d’étre trés exact, et secondement de ne pas étre moins éloquent et de nous dispenser d’en dire plus long. Ce « Journal » est-il authentique? En tout cas, il mérite de l’étre, et la critique interne ne relévera cer-tainement aucun argument contre son authenticité. C@est bien la la vie du curé de campagne, faite de dévyouements obscurs et de déboires cruels, mais aussi de belle humeur invincible. Faites-moi lire cela a tous vos gens (méme aux citadins) qui croient tout apprendre au flambeau fumeux de leur journal et qui ne savent plus méme ce que c’est qu’un curé.
XV. — A la musique, maintenant! A tout seigneur tout honneur. L’abbé Thibault, comme tous les ans 4 pareille époque, gate nos pensionnats. Madame Malbrough (opérette burlesque, 8 p. de texte, 8 p. de musigue, 2 fr. 50) a grand deuil, comme chacun sait; et le pis, c’est que toutes les petites et grandes filles de nos couvents vont lui éclater en pleine figure. — Charlotte sermonne avec délices sa poupée, quand tout a4 coup se dessine a Vhorizon la silhouette de Fanchette avec le réglementaire flacon @huile de foie de morue. (saynéte enfantine, 1 fr. 50) : une idée : administrons la cuillerée d’huile 4 la poupée, puisque « ma poupée et moi nous ne faisons qu’un. » Oui, mais madame mére a promis une robe neuve a une petite indigente du voisinage si Charlotte, huit jours durant, absorbait consciencieusement son huile. Charitas omnia suffert. Allons, vite une petite chansonnette pour se donner du cceur... une, deux, trois, ca y est... pour la robe de la petite Suzette! — Et-que lon soit sage! Si on ne lest pas, notre visage nous trahit : temoin bébé, tout honteux de voir un diablotin dans son miroir. (Le miroir de Bébé, monologue enfantin avec chants, 1 fr. 50). — Fillettes au bois: voici Croquemitaine avec sa séquelle de diablotins et son orchestre hurlant hou! how ! hou! Mais voici aussi le Prince Charmant (opérette-féerie enfantine, 3 fr.) et Croquemitaine mis a la raison, c’est-a-dire aux fers. — Le Prince charmant, c’est Petit Jésus, qui garrotte tous les petits diablotins d’orgueil, de mauvaise téte, de mauvais coeur. (Saynéte enfantine, 1 fr. 50). — Petit Jésus, tout aimable et tout souriant entre ses deux anges, UAnge de Vécole et ' Ange de la famille. (Saynéte enfantine pour distribution de prix, 2 fr. 50). — Anges invisibles, mais gu’il fait si bon reconnaitre, monseigneur, monsieur le curé, monsieur l’aumdnier, Sous ta houlette. (Saynéte pour fétes, 1 fr. 50). — Une houlette toujours douce et tutélaire et que on n’est pas tenté de secouer. comme celle des rois : Les dix ans de Louis XV (opérette, 3 fr.) : au palais de Versailles, tous les enfants nés le méme jour que le roi, tous acclamant leur petit gouverain, «beau comme Vespérance ! »
Espérance fragile et vite envolée. Les enfants de Versailles n’ont pas été aussi heureux que les petites filles de Caritas (pseudonyme transparent d’une Sceur de charité), quéteuses improvisées, appréhendées au collet par la police : mais Tout est bien qui finit bien. (Opérette comique, musique de G. Meugé, 8 p. de texte, 12 p. de musique, 3 fr.). — Des mémes auteurs, Le castel a’ Yvoire, épisode de la campagne Egypte, drame en 3 actes avec prologue, pour jeunes filles (libretto, 1 fr. ;
nn
musique, 16 p., 2 fr.) : c’est vraiment 1a le drame des définitions classiques, fait de rire et de larmes, de deuil et de gaieté, les épreuves les iplus douloureuses fondant sur les heureux de ce monde, la joie ne reparaissant qu’avec la simplicité de quelques bonnes paysannes, finalement tout le monde récompensé suivant son meérite. — Des mémes, L’Hostellerie du Conquérant (comédie en 38 actes, libretto, 1 fr., musique, 2 fr.) : une cousine américaine cousue de dollars : qui aura l’héritage ? Pavarice (Me de Grippesol)? ou Porgueil (Mme Jobard)? non: la charité. Oh! la bonne « hostellerie, » et les aimables servantes, au rire si franc et si clair! — Des mémes: Au royaume des Fleurs (grande-scene lyrique pour féte, pour jour de lan, etc., 3 fr.) : pivoine, tulipe, rose, lis, violette, etc., 4 quile prix? —
De Marie J. et J. Blanchon, Tulipe et Pdquerette, opérette en 2 actes (libretto, 1 fr. ; partition, 2 fr.) : qu’on est done sot quand ona tant d’esprit que Mile Tulipe! — De Jehan Grech et J. Blanchon, La Duchesse Anne de Bretagne, drame historique en 4 actes (libretto, 1 fr. ; partition, 3 fr.), musique d’un effet pénétrant, sur themes de vieilles complaintes bretonnes : voir, par exemple, le dernier chceur : :
A la France! noble patrie
Royaume moult aimé de madame Marie |
Los au bon Dieu dont la munificence
Octroyant aux Francais la Reine des Bretons, Garde aux Bretons le cour de la Reine de France !
L’ Apostasie et le Martyre, ou le triomphe de ’amitié chrétienne, tragédie chrétienne en 4 actes, I fr., par labbé Cabanoux, curéde Saint-Thomas d’Aquin : émouvant épisode des catacombes, ot. sont retracés le baptéme, Vapostasie, le retour et le martyre d’un jeune noble romain, Théodore, fils de Cornelius, au temps du pape Sixte II et du diacre Laurent.
Vive la France! comédie en un acte pour petites filles, par Jehan Grech, 1 fr. : délicieuse allégorie, tout le patriotisme naif et candide que lon trouve encore aux foyers chrétiens. — Du méme, Jeunes vaillantes, scéne martiale et patriotique pour fillettes, 1 fr. : piéce a allure militaire, charmante sur lévres de petites filles. — Du méme, Le Testament de Mademoiselle Agénora de Villeboiseau, comédie en 8 actes, 1 fr. : demoiselle colére, impétueuse, qui vient d’hériter d’un demi-million : quen faire? Les conyoitises s’agitent autour delle; finalement un testament est dressé selon toutes convenances, et le rideau tombe sur une entente générale (ne le relevons pas, si nous ne voulons pas voir Yentente brisée). — Rébecca la Sorciére, par Amélie Amestoy, drame en 38 actes.: épisode pathétique de la révolution d@’Angleterre, évasion de la reine Henriette de France. — De L.-M. Dubois, deux pétillantes comédiesvaudevilles pour jeunes gens : Aw Violon, et Le Clou de l Exposition de 1900, avec accompagnement d’Allemands, de milords, de gardes municipaux, etc.
De M. Denéchau, le jeune organiste angevin a qui sa Blanche de Castille et ses Zouaves (sans parler du reste) ont fait parmi notre jeunesse une popularité de si sain aloi, deux nouvelles opérettes, Péche miraculeuse, et Cueillette (la premiére pour jeunes gens, la seconde pour jeunes filles : la musique est la méme dans l’une et dans Vautre, les paroles seules différent ; chacune 3 fr.) : groupe d’écoliers ou d’écoliéres, gais comme colibris, pieux comme |’ Angelus, catéchistes improvisés d’une bande de saltimbanques qu’ils initient & des merveilles tout autrement gentilles et captivantes que les plus beaux tours de force : M. le curé achévera l’couvre ébauchée entre deux parties de colin-maillard. Charmante « cueillette » d’Ames, musique fraiche et franche qui aura vite « cueilli » toutes les jeunes fleurs de nos pensionnats pour les tresser en couronne pieuse et gaie au premier jour de féte.
De Besse de Larzes, le pétillant improvisateur dont la verve toujours en éveil a fait le tour de nos colléges chrétiens, quatre nouvelles comédies : Jacgyues Bonhomme, — Le locataire du deuwiéme, — Saluez! Pitow! (1 acte, chacune 1 fr.), — et Fils de Roi (avec chant, 1 f. 50).
De Besse de Larzes et W. Moreau, quatre scénes comiques et chansonnettes avec parler, 4 2 fr. Pune: Bécane et Teuf-teuf, duo (pour jeunes gens); Automobile et Bicyclette, duo (pour jeunes filles); L’amateur d’automobile (drélerie musicale pour jeunes gens); Les deux Cuisinieres, éiude de meurs de cuisine. — Deg mémes, Féte joyeuse, saynéte amusante avec cantate pour une réception d'évéque, 8 fr.
Et pour finir sur une note trés sérieuse, un cantique pour la communion : Jésus m’atiend, duo a voix égales,
“VAMI-DU CLERGE
paroles de. 1 1 fr. 50; — et de W. Moreau, deux mélodies profondément religieuses (réimpression) : Sainte Thérése, in-4°
de Vabbé Bernard;—musique de J. Blanchon, —
illustré, 5 pages de musique, 1 fr. 50; et Swur de Cha- —
rité, 1 fr.
Le contentieux des Fabriques et autres établissements ecclésiastiques, par J. Roquejoffre, secrétaire-greffier du conseil de préfecture de Aveyron. — Un vol. in-12 de 238 p., 2 fr. 50, franco 2 fr. 80. — Paris, Bloud et Barral.
Maleré sa situation administrative, Vauteur n’est pas de nos ennemis; et son Gwide des Trésoriers, publié lan dernier avec les encouragements de Mgr l’évéque de Rodez, est apparu 4 tous comme une ceuvre de sympathie-et de déyouement. Il en sera de méme du nouvel ouvrage qu’il nous offre cette année. Comme toute personne du droit commun, les personnes administratives, notamment les fabriques, les cures, etc., peuvent se trouver appelées soit 4 enyoyer une action devant le tribunal, soit a répondre a une action dirigée contre elles. En face d’un procés, la premiére question qui se pose, cest la question de compétence : competence ratione materice et compétence ratione persone vel loci : tribunaux civils ou conseil de préfecture ?
Cette recherche dela compétence fait Pobjet de la premiére partie (p. 11-130). La seconde partie donne les régles suivant lesquelles les fabriques ou autres établissements ecclésiastiques (cures, succursales, menses épiscopales, menses capitulaires, séminaires) doivent procéder pour se faire autoriser 4 actionner ou a défendre devant les tribunaux civils.
La médecine au presbytére. — Un vol.
in-16 de 300 p., reliure anglaise, 2 fr. 50. — Lyon, Vitte.
Ce petit volume de médecine était universellement réclamé depuis longtemps. I] s’adresse aux prétres de nos campagnes et aux religieuses appelées 4 les seconder. On s’est appliqué a y donner, sur les maladies les plus communes, tous les renseignements vraiment pratiques et suffisants pour une main intelligente et dévouée. On a laissé systématiquement de cdté tout le reste, affections spéciales qui relévent des spécialistes, opérations chirurgicales, détails techniques qui ne peuvent intéresser que.les spécialistes de certaines branches médicales.
Le méme point de vue pratique a présidé 4 la rédac-
tion de la thérapeutique. On a indiqué de préférence les |
remédes les plus simples, les plus ala portée de tous, les plus faciles a trouver; on a mis en relief surtout les ressources meryeilleuses et trop négligées que la Providence a déposées dans les plantes de nos champs ét de nos foréts. Ce petit volume est le fruit d’une immense expérience, de ’expérience de toute une vie. II a été colligé patiemment et complété pendant des années. L’auteur ne le destinait pas a la publicité. N’est-ce pas Taine quia dit que les meilleurs livres sont ceux que Von ne songe pas a publier? Une heureuse indiscrétion en a fait tomber quelques pages sous des yeux per-
gants; et nous savons ce quil a fallu dinstances—
pressantes pour triompher de la modestie de J’auteur et le déterminer a livrer son travail au public.
Tel gwil est, ce travail rendra les plus grands services. Un euré de campagne y trouvera, sous un format commode, sous un format de poche, tous les renseignements voulus pour faire bonne figure au chevet de ses
malades et en face des infirmités communes. On a adopté —
lordre alphabétique, plus facile pour l’usage quotidien, pour qui n’a pas le temps ou la volonté de faire de la médecine une étude suivie et systématique. Ca et la, il semblerait aussi que Von ait adopté le style télégraphique : vous ne sauriez croire quelle multitude de choses on a su condenser dans ces trois cents modestes pages.
Le gérant : J. Marrarer.
LANGRES. — IMPRIMERIE MAITRIER ET CGOURTOQ™
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222 ANNEH (Se sitrre)
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NOTES ET SOUVENIRS
D’UN VIEUX MORALISTE '
§ XXVIII. — Le péché matériel (suite) Ses remédes