REGLE VI
Sont suspectes les indulgences pléniéres que lon assure concédées a la récitation de quelques paroles, les indulgences in articulo mortis exceptées.
Le Concile de Trente a déclaré qu'il fallait garder de la modération dans Ja concession des indulgences.: Ne nimia facultate ecclesiaslica disciplina enervetur 3.
Aussi les Souverains Pontifes, imitant la tradition, se sont montrés assez réservés pour la concession des indulgences. Au treiziéme siécle, on ne donnait guére que de petites indulgences partielles, par exemple de dix, de vingt, de quarante jours. Saint Thomas d’Aquin parle dindulgences de trois et de cing ans, que l’on ne pouvait gagner qu'une fois l'année, et cela pendant un temps de graces générales, et d’une indulgence de quarante jours accordée 4 perpétuité, que l’on pouvait gagner chaque fois qu’on visitait l’église de Saint-Pierre 4 Rome. De méme le pape Nicolas IV, dans une bulle de l’an 1290, parle comme
1 Ami, 1898, p. 1174.
2 Rescripta authentica, p. 008.
3 Sess. xx1, Decret. de Indulg.
d’une faveur exceptionnelle d’une indulgence de -
sept ans et de sept quarantaines ; on ne pouvait la gagner qu’a Noél, en visitant la méme église de Saint-Pierre 4 Rome.
Ce n’est qu’au quinziéme siécle que l’on accorda plus fréquemment des indulgences ; mais beau-
coup d’entre elles ont été révoquées.
De nos jours, le Saint-Siége a suivi les régles de prudence conseillées par le Concile de Trente. Dans les concessions d’indulgences pléniéres, il s’est montré trés réservé. Parmi les plus faciles, on cite surtout l’indulgence. pléniére attachée 4 la récitation de la priére O bone Jesu. Or, pour la gagner, il faut la confession, la communion, la récitation de la priére en question, et enfin des priéres aux intentions du Souverain Pontife.
Quant a l’indulgence in articulo mortis, elle peut étre gagnée en certains cas au moyen d’ceuvres fort courtes ; mais cela s’explique par le désir que l’Eglise a de faire participer tous les fidéles 4 la faveur de cette supréme grace.