ART. III. ORIGINE HISTORIQUE DES PAROISSES
Dans état actuel de la science, il est impossible de déterminer avec précision lorigine des paroisses et des curés. De fait, plusieurs opinions ont été 6émises a ce sujet par les divers auteurs qui ont étudié la question : Thomassin, Nardi, Lupi, Bingham, de Smedt, etc. Notre auteur ne consacre pas moins de trente-cing pages 4 exposer chacune de ces opinions et a discuter leurs preuves pour en montrer le fort et le faible. Comme conclusions, il adopte celles de Marius Lupi qui se résument dans les trois assertions suivantes :
1° Aux premiers siécles, on ne rencontre nulle part les paroisses et les curés. En effet, dés le pre-
mier siécle, une loi universellement mise en vigueur obligeait tous les fidéles des villages et méme des campagnes a assister au saint sacrifice de la messe célébré par Vévéque et a entendre la prédication. L’évéque préchait lui-méme et célébrait les saints mystéres entouré des prétres et des autres ministres. Mais il n’y avait alors en chaque ville qu’une seule messe solennelle, celle de ’évéque ou d’un prétre nommé par lui, et une seule assemblée, celle de l’église épiscopale, a laquelle prenaient part tous les sujets de l’évéque, prétres et laigues.
2° Les paroisses, dans leur forme déterminée et telles que nous les yoyons de nos jours, n’ont été établies d’une facon générale, définitive et complete, dans les campagnes, que vers le commencement du quatriéme siecle.
3° Dans les villes, les paroisses proprement dites, a peu prés telles qu’elles sont établies de nos jours, ne remontent pas au delad du commencement du xi¢ siécle. Les premiers indices apparaissent au concile de Limoges, tenu en 1082, sauf pour Rome et Alexandrie.
On peut cependant affirmer sans crainte que leur institution du moins rudimentaire et conforme aux besoins des premiers temps de l’Hglise, est quasi contemporaine de la propagation de la religion.
Arr. LY. NovTioN REELLE DE LA PAROISSE ET DU GURE, ET PROPRIETES CONSTITUTIYES DU PAROCHIAT
§ 1. Notion réelle de la paroisse et du curé
I. Qwest-ce qu’un curé ? — 1° Curés primitifs. Les curés primitifs sont ceux qui avaient anciennement le soin des Ames, ou qui possédaient un bénéfice qui, originairement, était cure, ou dans lequel on a érigé, par démembrement ou autrement, une nouvelle cure avec établissement d’un vicaire perpétuel pour le gouvernement spirituel de la paroisse.
20 Le curé proprement dit se définit : Clericus ab episcopo deputatus ad procurandum bonum spirituale alicujus parcecie ex officio et proprio
nomine per verbum divinum, sacramenta, alia-
que spiritualia. (Bonal).
30 Le desservant, selon le droit, est un prétre chargé de remplir les fonctions ecclésiastiques dans les paroisses dont les cures sont vacantes, ou dont les curés sont interdits ou absents temporairement.
En France, dans le langage officiel, on appelle desservant le curé des paroisses appelées succursales et dont le titulaire est révocable ad nutum episcopi. Le gouvernement ne voulait qu’une cure par canton avec des chapelles de secours, ou succursales, desservies par des sortes de vicaires 4 demeure ; mais les évéques, tout en conservant la dénomination de desservants, conférérent aux titulaires la méme juridiction qu’aux curés de canton. Il s’ensuit que les desservants en France sont de véritables curés, comme les curés de pre-
| 7 LAMI DU CLERGE pen ee ee ee ap en ee
miére et de deuxiéme classe, parce qu’ils ont mission légitime pour dispenser d’office et en leur propre nom, 4 un nombre déterminé de fidéles, la parole de Dieu et les sacrements, avec obligation pour les fidéles de les recevoir de celui qui est investi de cette mission.
Avant la Révolution, il y avait en France deg desservants selon le sens canonique du mot.
L’application qui a été faite de ce nom de nos jours est un non-sens au point de vue canonique. Il est vrai que Grégoire XVI s’en est servi dans sa réponse a l’évéque de Liege; mais Vemploi qu’il en a fait a pour but de se conformer a la maniére commune de parler, et non de conférer a4 cette expression une signification canonique qu'elle n’a pas.
I]. Que faut-il entendre par une paroisse proprement dile et quellies sont les conditions qui la constituent ? — 1° Toutes les fois que vous verrez une certaine portion du peuple chrétien renfermée dans des limites fixes et déterminées, et qu’a la direction de cette portion du peuple sera placé un prétre administrant seul, en son nom et par devoir, les sacrements aux fidéles, qui de leur coté seront obligés de les recevoir de lui, vous aurez une paroisse proprement dite, et vous pourrez saluer du nom de curé celui a qui en est confiée la direction.
20 La succursale, en droit canon, est une église dans laquelle on fait. le service paroissial, ou parce que les habitants sont trop éloignés de la paroisse, ou parce que les paroissiens sont en trop grand nombre. Comme il s’agit de venir au — secours des paroissiens, on a donné a ces églises le nom de succursales, du mot latin succurrere.
Le prétre chargé d’une succursale n’a d’autres titres et d’autres droits que ceux de vicaire du curé de la paroisse dont dépend la succursale. La charge des Ames appartient en droit au curé, qui peut Vexercer personnellement dans l’église de secours, comme si aucun prétre n’y était attaché.
En France, dans le principe, le gouvernement voulait établir, en dehors des cantons, de simples succursales, desservies par des prétres cuiseraient restés sous la direction des curés. Ces prétres, dans les Articles organiques, sont méme rangés au-dessous des vicaires et regardés comme des prétres auxiliaires qui n’exercent qu’en second les fonctions curiales.
Actuellement, chez nous, les succursales sont des paroisses proprement dites, avec un titulaire révocable ad nutum episcopi. (L’auteur donne ici la liste des piéces 4 produire pour l’érection d’une église en succursale).
30 L’annexe est une église située sur le territoire d’une paroisse, n’ayant aucune delimitation territoriale, dans laquelle le culte public est exercé au nom du curé de la paroisse, sous son autorité, par des prétres qui sont ses vicaires. L’annexe n’a pas de fabrique, au point de vue civil; elle ne peut ni posséder ni recevoir.
4o La chapelle vicariale est une église située dans les limites de la circonscription paroissiale, établie par l’évéque avec l’assentiment du gouvernement. Un chapelain est préposé a sa direction. Elle peut recevoir des donations et avoir une administration indépendante.
Au point de vue ecclésiastique, si Pévéque veut former une paroisse nouvelle, il faut suivre les régles tracées pour le démembrement; sinon les droits du chapelain seront déterminés par l’évéque, en sauvegardant ceux du curé.
50 La chapelle de secours est une église dans laquelle la paroisse dont elle dépend est autorisée a faire célébrer les offices religieux quand elle le juge convenable. [lle n’est point distincte de la paroisse sur le territoire de laquelle elle est située; elle ne jouit daucun droit; n’étant pas reconnue par la loi, elle n’a qu’une existence de fait. Personne ne peut y remplir les fonctions religieuses sans la permission du curé.
§ 2. Propriétés constitutives du parochiat
Le droit naturel et le droit divin sont muets sur ce point. Les monuments du droit ancien se taisent pareillement ou ne fournissent que des données négatives. Le Concile de Trente lui-méme renferme peu de choses a ce sujet. Il faut done s’en tenir 4 l’enseignement des docteurs.
I. PoInTs ADMIS PAR Tous. — 4° Le parochiat est un office qui a pour but de procurer le bien spirituel des Ames par la prédication de la parole divine et Vadministration des sacrements. De cet axiome indubitable il découle :
a) Que le parochiat comprend essentiellement la juridiction du for intérieur ou sacramentel. Cette juridiction est attachée a Voffice luiméme.
6b) Que le curé doit exercer une certaine vigilance sur ses paroissiens, procurer l’instruction religieuse et éloigner les dangers.
20 Tl est de Vessence du parochiat d’étre un office & exercer en son propre nom. Tout prétre qui n’exerce la cure des Ames qu’aux lieu et place dun autre, par une simple commission, n’est pas regardé comme curé.
30 Tl est de Vessence du parochiat d’étre un office & exercer sur telle ou telle portion détermi-
née du diocese, de telle sorte que celui qui doit en
remplir les obligations connaisse les limites au dela desquelles il perd son droit et son pouvoir de curé. L’évéque n’est pas curé au sens rigoureux.
40 Tl est de Vessence du parochiat d’étre un office obligatoire pour celui a qui il est confié. Si quelqwun avait la charge des 4mes sans Gtre lié par une obligation stricte et rigoureuse de remplir ce ministére, il ne serait pas curé.
50 Il est de Pessence du parochiat que le peuple déterminé, assioné au curé, soit tenu, dans une certaine mesure, a recevoir de lui les sacrements. Dans le doute si une église est paroissiale, on doit
“TVAMI DU CLERGE Se,
WVabord se demander si le peuple qui /’entoure a toujours été libre de recevoir les sacrements dans n’importe quelle autre église. S’il en est ainsi, Véglise n’est en aucune maniére une église paroissiale.
Il. QUESTIONS CONTROVERSEES. — 1° Une paroisse peut-elle avoir plusieurs curés ? Aprés avoir exposé les raisons des deux opinions contradictoires, notre auteur conclut: « La pluralité des curés dans une méme paroisse ne se trouve pas, rigoureusement et d’une fagon absolue, rejetée par le droit. Il faut avouer cependant que les textes lui sont peu favorables ; la raison ne lui reconnait pas une base sérieuse; lesprit des lois canoniques lui est opposé ; ordre, la paix, Vharmonie, qui doivent régner partout, dans une paroisse comme dans un diocése, semblent se donner la main pour reconnaitre le bien fondé de Vopinion favorable & Vunité du curé. Les décisions des Congrégations militent ence sens.
Cependant, en certains cas, comme cela a lieu en Amérique, la pluralité des curés dans un méme territoire devient nécessaire, 4 cause de la diversité des langues parlées par les fideéles. »
20 Linamovibilité est-elle de Vessence du parochiat? — Non. Le parochiat consiste dans la charge des Ames proprio nomine. Or cette charge peut exister d’une maniere temporaire. De fait il y a toujours eu dans l’Helise des curés amovibles a coté des inamovibles.
30 La cure actuelle des dmes suffit-elle pour étre réellement curé? — Oui, car celui quia la cure actuelle peut et doit juridiquement remplir les fonctions du ministere pastoral. Comme celui qui a la cure habituelle ne peut pas remplir par lui-méme ces fonctions, il n’est pas réellement cure.
40 Le desservant Wune paroisse vacante, nommé par Vévéque en vertu du Concile de Trente, doil-il étre réputé curé, et quelle est la nature de sa juridiction ? — Le desservant provisoire une paroisse vacante est, non pas curé, mais simple vicaire, comme le déclare le Concile de Trente.
Quant a la nature de sa juridiction, les auteurs ne sont pas d’accord pour la déterminer, et naguére la Sacrée Congrégation du Concile a refusé de se prononcer a ce sujet. Cependant on convient quwelle n’est pas ordinaire, ni déléguée, quoique ayant en fait quelque chose de la juridiction ordinaire et de la déléguée ; aussi la dit-on quasi-ordi-
naire. :
(A suivre).
Q. — Je voudrais bien savoir ce que vaut actuellement le Dictionnaire encyclopédique de théologie catholique de Goschler en 26 vol. Est-ce un ouvrage de science stire et suffisamment étendue sur chaque article? Ce Dictionnaire n’est-il point aujour@hui trop vieilli pour meriter qu’on s’impose le sacrifice du prix qu’il cotite, soit 150 a 200 fr.? Ne parle-t-on pas d’une réédition chez Lethielleux ?
Pourriez-vous déja nous dire si le Dictionnaire de théologie entrepris par Vabbé Vacant le remplacera
avantageusement ? Celui-ci me semble du moins devoir étre inférieur a son ainé par V’étendue et le développement des articles, puisqu’il ne doit avoir que 4 ou 5 volumes.
R. — Le Dictionnaire de théologie catholique
de Wetzer et Welte, publié originairement en
allemand, et traduit en francais par Goschler qui luia donné son nom .chez nous, a de tout temps été regardé comme une cuvre trés imparfaite, de médiocre valeur, incompléte, disparate, sans proportions ni agencement sérieux. Certains articles cependant étaient réussis, et, faute de mieux 4 cette époque, le clergé a fait bon accueil au « Dictionnaire de Goschler. » Son prix est aujourd’hui tombé trés bas ; on le trouve couramment dans les catalogues de livres d’occasion pour 40 01.50 francs.
Depuis vingt ans on travaille en Allemagne a refondre Vouvre de Wetzer et Welte. Le card.
Hergenreether s’est mis a la téte de l’entreprise. La nouvelle édition a déja un bon nombre de volumes parus ; elle sera achevée prochainement.
Crest cet immense travail encyclopédique, critique, et solide cette fois, refait tout & neuf et complété avec soin, que M. Lethielleux va prochainement faire passer en notre langue, comme Goschler l’avait fait pour la premiére édition.
Apres entente avec la maison allemande qui édite la nouvelle « Encyclopédie » d’outre-Rhin, voici ce qui a été décidé. Le Dictionnaire encyclopédique des sciences ecclésiastiques de la maison Lethielleux prendra dans le dictionnaire allemand tout ce qu’il y trouvera de bon, y laissera ce qui lui paraitra inutile ou insuffisamment parfait A notre point de vue, et y ajoutera ad libitum tout ce qu'il y aura lieu d’y ajouter, pour en faire une ceuvre compléte et aussi irréprochable que possible. Une commission, composée de savants ecclésiastiques francais de premier ordre, est chargée de surveiller le travail de traduction et de rédaction nouvelle; d’érudits bibliographes ajouteront les « sources » utiles, la ot: l’oouvre allemande, qui serre parfois un peu de trop prés ancien plan de Wetzer et Welte, les aura omises.
Rien donc ne sera négligé pour faire de cette cuvre, ou les deux sciences, allemande et francaise, se donneront la main, une véritable bibliothéque universelle, sérieuse, de toutes les sciences ecclésiastiques, 4 Pusage du clergé francais, monument bati avec grand soin, qui durera, et restera longtemps, chez nous, unique en son genre.
Cette « Encyclopédie » ne fera aucun tort au
Dictionnaire de théologie de Vacant actuellement
en cours de publication, et cela pour une raison facile 4 comprendre. Les deux dictionnaires n’ont ni Je méme but, ni ja méme allure ; ils ne font
-point double emploi sur la méme matiére. Le
« Dictionnaire de Vacant » est surtout une ceuvre de théologie dogmatique et apologétique. La morale, le droit, l’histoire ecclésiastique, ’hagiographie, etc., n’y figurent occasionnellement qu’a titre
Vannexes, et pour autant qu’elles ont trait A des principes ou a des controverses dogmatiques. Le « Dictionnaire encyclopédique » de Lethielleux, au contraire, embrasse tout également dans son plan. Naturellement, il ne remplacera point son confrére pour l'étude approfondie de la spécialité théeologique, pas plus que celui-ci ne remplacera VPEncyclopédie Lethielleux pour l’universalité des sujets qui y seront traités. Disons qu’ils se compléteront mutuellement, sans se géner.
Il n’y ala aucune concurrence, aucune opposition. Les bibliothéques sérieuses voudront avoir les deux ceuvres & la fois.
Ajoutons que Véditeur du futur Dict. encyclopédique a pris toutes ses précautions pour que la publication marche vite et réguliérement. Le travail est déja distribué. Sous trés peu de temps, Vimpression va commencer et se continuer ensuite sans interruption, 4 raison d’un fascicule de 320 pages tous les deux mois, soit six fascicules ou deux volumes (chaque volume comprendra trois fascicules) par an, ce qui donne six ans pour la publication intégrale de l’ouvrage, qui comprendra douze forts in-4°0, format du nouveau Cursus Scripture Sacre publié a maison.
Pour plus de garantie, les articles seront signés par leurs auteurs.
Voila tout ce que nous pouvons dire pour le moment. Attendons Vapparition du premier fascicule, et la suite de la publication pour la juger et lacritiquer, sil.y a lieu, en connaissance de cause. Etant donnée sa source, et l’ensemble des précautions prises pour la mener a bien sous tous rapports, nous sommes tres portés a penser qu’elle donnera au clergé francais pleine satisfaction. Mais c’est la une présomption qui demande a étre confirmée par l’expérience.
L’éditeur promet 12 volumes. Si, comme il est fort possible, sinon méme fort probable, il y a un volume de plus, ce 13¢ volume sera servi gratis aux souscripteurs du début a lceuvre entiére.
Des feuilles spécimens sont dés maintenant envoyées a ceux qui en font la demande.
Nora. — Puisque l’occasion s’en présente, rectifions & propos du Dictionnaire de théologie de Vacant une information erronée qui s’est glissée dans le compte rendu que nous ayons fait récemment. La maison Letouzey, contrairement a ce que nous avions dit, consent trés bien a donner gratis en communication le premier fascicule a ceux qui le lui demandent, sous condition toutefois de le retourner — et c’est pleine justice — si, aprés Vavoir examiné, on ne désire pas le garder. |
Depuis notre dernier article, un second fascicule a paru comprenant les mots AcTa-AGNus, de tout point digne du succés qui a accueilli son ainé, L’cetivre s’annonce merveilleusement bien et promet @’étre tout a fait remarquable. Nous y
reviendrons.
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2° Comptes rendus bibliographiques
La Sainte Bible, traduction francaise faite sur l’hébreu, les Septante, la Vulgate et autres versions, par l’abbé Boisson, curé de Tourmont (Jura). — Tome J, in 12 de x1-423 p. ; t. II, in 12 de vil-502 p., 3 fr. 75 le volume. — Lyon, Vitte.
Cette nouvelle traduction de la Bible se présente avec lImprimatur et une lettre élogicuse de Mgr Pévéque de Saint-Claude. De plus, en téte, une appréciation tres favorable de M. Jacquier, professeur d’Kcriture Sainte a Université catholique de Lyon. L’auteur s’est proposé de vulgariser la lecture des Saintes Ecritures en la rendant facile et attrayante. Il y a réussi. En dehors des grandes éditions 4 longs commentaires, aucune traduction n’éclaircit aussi heureusement les difficultés du texte sacré. M. Boisson adopte tantét l’hébreu, tantot le grec, tantot le latin, tantét méme une autre des versions orientales autorisées, suivant qwil trouve ici ou la un sens plus clair, plus suivi, plus en rapport avec le contexte et la vérité. Il obtient ainsi un texte d’ot ont disparu les grosses obscurités et qui peut étre suivi de tout lecteur attentif.
Assurément nous n’avons pas 4 entrer ici dans la discussion des lecons adoptées. On comprend assez que ce procédé ait quelque chose d’un peu subjectif. Ce qui parait clair 4 l’un et bien dans le courant de Vidée géneérale du morceau, pourra produire, sur un autre, un effet contraire. M. Boisson n’impose son avis a personne: il le propose, et il lui suffit davoir une raison suffisante pour y tenir. Et cela, personne ne le lui contestera.
Le tome I comprend ce que les modernes appellent l’Hexateuque, c’est-a-dire le Pentateuque, plus Josué; — le tome II comprend les Juges, Ruth, les Rois, les Paralipoménes, Esdras, Tobie, Judith, Esther.
Ces deux volumes sont d’un format commede ; l’impression, sur deux colonnes, est excellente ; les notes sont trés clairsemées (beaucoup trouveront certainement qu’elles le sont trop). Ils se prétent bien a une lecture courante, a la portée de tous.
Synopsis theologiz dogmaticz, auct.
A. Tanquerey. — Paris, Letouzey, 1899.— 8 vol. in-12; 3° édition. — Prix : 43 fr. 50.
Nous avons a nous excuser d’avoir beaucoup tardé a annoncer la publication de cette troisiéme édition de la Théologie bien connue de Tanquerey. Nous sommes heureux d/avoir été bon prophéte en prédisant dés le début a cette cenvre vraiment remarquable l’énorme succés quelle a obtenu. Nous avons dit déja pourquoi elle le méritait; nous ajoutons aujourd’hui qu’elle le mérite encore davantage a l’heure actuelle, grace aux modifications que l’auteur y a introduites.
Cette troisiéme édition, en effet, présente sur ses ainées Vavantage d’étre, comme nous le souhaitions, moins américaine, plus internationale. Les notes anglaises ont disparu, tant6t supprimées 1a ot elles ne *présentaient pas un caractére d’utilité doctrinale générale, tantot traduites en latin, et transportées au bas des pages, a coté du texte anquel elles se rapportent.
Nous reprochions a l'auteur d’avoir peut-étre un peu trop écourté lexposé de la controverse purement scolastique ; il a pris soin cette fois de l’allonger aux bons endroits, afin de donner un peu plus satisfaction aux lecteurs qui ne sont pas, comme les Américains, uniquement préoccupés de théologie polémique et positive. Malgré tout, la Synopsis garde son cachet d’ceuvre tout & fait moderne, ce qui plaira moins peut-étre aux fervents de la métaphysique pure, quoi que ce soit 1a une caractéristique destinée a lui valoir bon accueil auprés du plus grand nombre.
L’auteur a fait quelques utiles additions dans le premier volume, 4 propos des preuves de l’existence de Dieu, et aussi au sujet de la théorie kénotique de V’Incarnation qui regoit les honneurs d’une réfutation en régle. Dans le second volume, la question du ministre du sacrement de pénitence est plus développée, et, dans tout le cours de l’ouvrage, l’auteur a eu le soin de
mettre a jour son travail, wp to date, comme disent les Anglais, suivant l’exigence des plus récents besoins de la controverse théologique. | keg Nous regrettons de ne pas trouver dans cette troisieme édition le traité de Virtutibus dont nous avions déja signalé l’absence. Le de Fide a, il est vrai, sa large place 4 part au début du premier tome de la Theologia specialis ; mais il semble que-les difficultes dogmatiques de Spe et de Caritate valaient la peine d’étre étudiées aussi dans la Synopsis, de méme que la théo-
rie théologique générale de Virtutibus in communi. A
vrai dire, cette légére lacune, si lacune il y a, west pas de grande importance, et l’auteur pourrait avec quelque raison nous répondre quil appartient surtout aux Moralistes de la combler. Aussi ne voudrions-nous point en-faire objet d’une critique bien sérieuse. C'est un simple desideratum, et nous ne le signalons que pour donner plus de relief aux éloges sans reserve que nous voulons une fois de plus adresser a cet excellent manuel de théologie dogmatique, un des meilleurs assurément, sinon méme, au moins quant a la clarté du plan et de la langue, le meilleur qui ait paru dans ces derniers temps. :
Il est actuellement répandu dans le clergé de tous les pays; nous le-savons trés gorité en France, ou plusieurs séminaires lont adopté. L’Ami se réjouit d’avoir pu contribuer un peu a ce succés bien mérité. Sabi ges
Ajoutons que le prix des volumes a été réduit de 5 fr. a 4,50; ce qui fait en tout 13,50 au lieu de 15; et encore, n’est-ce ld que le prix fort du catalogue, sur lequel il est possible d’obtenir, par quantités, une réduction appréciable. :
A bientot la quatriéme édition, qui ne sera sans doute pas la derniére.
Manuale theologize moralis in usum przsertim examinandorum, auctore J.-B Melata, S. Theol. doctore. — Un vol. in-12 de 331 p., 3 fr. — Ratisbonne, Pustet.
Ce manuel est un résumé trés clair de la théologie morale. Il réunit les qualités d’un ouvrage de ce genre: concision, précision de doctrine, disposition mateérielle excellente.
Il arrive souvent a ces sortes de livres de pécher par omission des principes philosophiques. A celui-ci, non. Tout au contraire, ’auteur a visé 4 mettre en lumiére les principes qui dominent et éclairent chaque question, a les mettre en lumiére sous leurs diverses faces pratiques, en sorte que les conclusions qui en sont dégagées peuvent étre a la fois trés sommaires et pleines de choses, ouvrant tout un monde de solutions. On ne se douterait pas que, dans un si mince volume, il etit été possible d’enfermer tant de doctrine.
Méme la bibliographie n’a pas été négligée. Voir, par exemple, p. 161, la liste des traités de théologie morale ou sont indiqués les principes des diverses législations nationales : Italie, France, Hollande, Belgique, Angle-
terre et Irlande, Amérique du Nord, Autriche-Hongrie,
Espagne ; on nous dit méme quelques mots du nouveau Code civil allemand, qui va étre mis en vigueur pour tout Empire, et de ses différences avec le Code frangais.
Des indications trés sages sur les questions actuelles ou récentes, par exemple sur l’hypnotisme, sur le magnétisme, sur la confession par téléphone, etc. (Sur la confession par téléphone : ... Quamvis probabiliter invalida sit absolutio, tamen in his circumstantiis non videtur reprobandus confessarius qui conditionate absolvat, p. 224).
A la fin du volume, deux appendices : le premier sur les censures, p. 298-317; Vautre donnant deux décrets récents, Super oratoriis semipublicis et Super absolutione a reservatis.
‘Theologiw moralis principia, auctore P.
Michel, des « Péres Blancs. » — T. I, Moralis generalis. — Paris, Lecoffre, 1900. — Un vol. in-8 de 480 p.
Voici enfin un auteur de Théologie morale qui se décide a sortir de l’orniére et & nous donner du nouveau. Notre « Vieux Moraliste » sera content. Si tous ses desiderata ne regoivent pas encore pleine satisfaction, beaucoup du moins sont comblés’ par la solide et
- VVAMI-DU CLERGE
sits 8 2 . a P -
trés détaillée analyse que le P. Michel nous donne de lActe humain dans ce premier volume, parce qu’entié- ‘rement consacré & la matiére que nos manuels ordinaires expédient en quelques pages sous la rubrique pel enbus humants, — de Conscientia, — de Peccatis. é Crest plaisir de voir l’aisance et la précision avec ‘lesquelles l'auteur se ment dans le dédale infini des distinctions et sous-distinctions que comporte Pétudé a . “part de tous les éléments subjectifs et objectifs qui intéressent la constitution de Pacte humain. Le chapitre De imputabilitate nous a paru spécialement remarquable, encore que nous ne soyons pas tout a fait d’accord avec le P. Michel, quand il dit que la perfecta €ognitio suffit & assurer la pleine imputabilité d’un acte, alors méme que la poussée de la passion viendrait diminuer la liberté du consentement.
C’est une excellente introduction générale a la résolution des problémes spéciaux de la théologie morale, la plus compléte aussi peut-étre, et en tout cas la mieux ordonnée et la plus nette que nous connaissions.
On pourrait par ci parla, en lépluchant de prés, trouver sujet a discussion dans une matiére qui a tant prété a la controverse parmi les théoriciens de la morale. Les Rédemptoristes trouveraient par exemple qwil n’est peut-élre pas suffisant de renyoyer le lecteur a Ballerini, Tepe, Bachelet, tous 8. J., pour avoir le vrai sentiment de saint Alphonse sur le probabilisme. Kt pour notre compte, nous serions bien tenté de faire a Pauteur un grief sérieux de son mutisme absolu en fait de citations d’auteurs et de références bibliographiques. ‘
Mais tout cela n’empéchera point le lecteur de conclure avec nous que cette « Morale fondamentale » est remarquable absolument, et digne dés plus chaudes recommandations pour la richesse et le détail de son analyse autant que pour la limpidité de son plan, son originalité et la clarté de sa langue.
L’imagination et les états préternatuwels, par l’abbé Gombault. — Blois, 1899, — Un vol. in-8 de 650 p.
Quand aurons-nous un bon traité définitif de Imagination, au triple point de vue de la psychologie, de la physiologie et de la mystique? La est le ncud dune foule de problémes irritants, particuliérement de ceux qu’ont soulevés de tont temps, de nos jours surtout, les préetendues merveilleuses constatations de Voccultisme. Les scolastiques nous ont laissé de bonnes études de métaphysique psychologique sur la reine de la sensibilité. Elles demanderaient a étre fouillées davantage et complétées par l’analyse des découvertes de notre contemporaine psycho-physique. Le sujet est difficile ;
uel maitre de la doctrine sera suscité par la Provi- = pean pour y porter la lumiére définitive qui nous manque et nous permettrait de voir un peu plus clair a tant de questions intéressantes de psychologie sensitive et de haute mystique ?
En attendant cette ceuvre de l’avenir, M. Gombault apporte aujourd’hui sa contribution au futur traite de imagination que nous souhaitons. Son liyre sera lu avec intérét, encore qu'il ne réponde peut-étre pas assez 4 son titre. C’est « 4 propos de Imagination » plutdt que «sur Imagination » que sont écrites ces 500 pages ou fourmillent les citations d’auteurs, anciens et récents, relatant une foule de ces faits étonnants dont une certaine école d’occultisme maderne prétendrait donner la synthése scientifique naturelle. Nous regretlons que M. Gombault ait cru devoir donner a4 son travail une allure plus polémique que doctrinale. Nous aurions aimé y trouver — puisque l’Imagination ¢était en cause — une bonne théorie philosophique, de la sensation d’abord en général (sentire est conjuncti, non anime solius, nec solius corporis) et ensuite du sommeil, du réve, des rapports du travail imaginatif avec les deux consciences (intellectuelle et sensitive) du composé humain. " é
Malgré ces omissions, voulues peut-étre par lanteur dans son plan, le livre de M. Gombault rendra d’utiles services a tous ceux que passionnel’étude des modernes controverses soulevées par les bizarres manifestations des états morbides ou préternaturels de la sensibilite (hypnose, hallucination, apparitions et visions, possessions, extases, effluves lumineux, lévitation, théerapeutique suggestive, télépathie, lucidité, etc.).
D’aucuns pourront trouver trop défiantes 4 l’endroit de la théorie naturelle les appréciations formulées par M. Gombault sur certains de ces phénomeénes. A notre avis, 14 oil y a doute,.il importe de laisser une porte largement ouverte 4 toutes les interprétations possibles de l'avenir. L’auteur a raison cependant, et nous Pen félicitons, de se montrer plus théologien que ne le sont d’ordinaire ses confréres écrivains en occultisme, de marquer avec soin les caractéres propres aux cuvres de la mystique surnaturelle,.de prévenir enfin son lecteur contre les conclusions hatives et fort périlleuses qwon voudrait aceréditer parmi les simples-au nom d'une prétendue science moderne qui n’existe pas. N’etit-il que ce motif pour étre loué, et il en a beaucoup d@autres, ce livre meriterait encore de prendre place parmi les bonnes études catholiqnes de ces derniers temps sur les phénoménes de l’occultisme.
Philosophia moralis, auct. V. Cathrein, S. J. — de édit. — Fribourg, Herder, 1900. — Un vo]. pet. in 8 de 470 pages. — Prix : 5 fr.
Le nom du P. Cathrein est connu et cité comme faisant antorite dans les choses de la morale. Sa Philosophia moralis, surtout répandue en Allemagne, arrive a sa troisiéme édition; nous l’annoncons avec plaisir au public frangais.
Les traités d’Hthique ou philosophie morale naturelle (en latin) ne manquent pas; il en a méme été publié d’excellents en ces derniers temps (Costa, Rossetti, Schiffini, Ferretti, etc.). Celui du P. Cathrein tient parmi eux une place honorable. Nous y avons remarqué avec plaisir le soin donné aux questions d’ordre social (politique, écoles, finances, etc.) qui sont encore développées trop briévement a notre avis, mais cependant a la bonne lumiére de tous les principes qui peuvent, par voie de déduction, assurer leur complete résolution.
L’ouvrage du P. Cathrein rendra bon service a nos professeurs el éléves de philosophie, comme introduction a l’étude des problémes de la théologie morale.
Kiéments d@d’Archéologie chrétienne, par Horace Marucchi. — Tome I. Notions générales. — Paris, Desclée, 1900. — Un beau vol. in-8 de . 400 p., avec nombreuses gravures. — Prix : 5 fr.
Il ne faut pas chercher dans ce livre une ceuvre de haute science, de profonde originalité. I] n’en rendra pas. moins de grands services, en mettant a la portée de tous, surtout des séminaires et du clergé, les éléments d’une science adivers égards trés importante.
M. Marucchi est le meilleur éléve et le successeur de J.-B. de Rossi. C’est assez dire sa haute compétence et la stireté de son érudition pour tont ce qui se rapporte a histoire documentaire de la Rome chrétienne des premiers siécles.
Ce tome I présente des notions générales d’archéologie, portant principalement sur Vétude des persécutions, de l’épigraphie chrétienne, de l’art chrétien primitif. Un second volume, consacré spécialement aux Catacombes, viendra compléter cette ceuvre intéressante entre toutes pour ceux qui ont Je gotit des antiquités de la Rome catholique.
De nombreuses illustrations, donnant la reproduction d'inscriptions, de fresques, de mosaiques, etc., viennent éclairer le texte et mettre a la portée du lecteur les plus précieux documents historiques, dogmatiques, liturgiques de la ville ol s’est concentrée, pour ainsi dire, dans le cours des ages, toute Vhistoire de lKglise.
Nous reviendrons sur cette précieuse publication, . quand elle sera achevée; le soin apporté par l’auteur et Yimprimeur a ce premier volume nous assure qu’elle marquera parmi les meilleurs travaux d’archéologie sacrée publiés dans ces derniers temps.
La Pauvreté, sa mission dans l'Kglise et dans le monde, parle T. R. Pére EHxupére de Pratsde-Mollo, capucin. — Troisiéme édition. — In-12 de 408 pages. — Prix: 2 fr. 50. — H. et L. Casterman, éditeurs, Touraai (Belgique) ; Paris, 66, rue Bonaparte,
Nv
Ce livre a été écrit en 1866, il était épuisé depuis longtemps. La seconde édition est la reproduction exacte de la premiére. ’
Plusieurs auraient voulu qu’on en changedt le titre pour mieux indiquer quwil s’agit d’une étude sociale. Réflexion faite, ila semblé préférable de garder l’ancien. La pauvreté n’est-elle pas ce qu’on redoute le plus aujourd’hui. N’est-elle pas en méme temps, a cote des immenses fortunes qui se créent tous les jours, la plaie qui s’étend de plus en plus, dégénére en misére et condamne, comme dans l’Italie méridionale, des populations entiéres 4 souffrir de la faim?
Ce vieux livre a eu cette fortune rare de yoir ses prévisions confirmées singuliérement, par le mouvement économique et par la marche des idées, pendant les trente-quatre derniéres années. Il etif été composé aujourd’hui qu’on n’aurait eu gu’d renforcer certains chapitres par Vexposé des faits qui se sont déroulés dans notre fin de siécle.
C’ettt 6lé une satisfaction d’amour-propre trés légitime que d’ajouter 4 ce beau livre un chapitre pour montrer combien, aprés tant d’années, il reste dune actualité saisissante. Le religieux qui l’a écrit se lest refusée, mais le lecteur prévenu fera de lui-méme les rapprochements entre la date 4 laquelle il a paru et ce qui se passe autour de lui.
On a dit avec assez de vérité qu’en général, et surtout en France, ceux qui parlent ne savent pas et ceux qui savent ne parlent pas. Il en est de méme pour les penseurs, le don du style leur est refusé. Le Play aurait eu une tout autre influence si la lecture de ses nombreux volumes avait été plus agréable. Nous sommes: Athéniens et la pensée la plus forte, la plus profonde, ne nous frappe pas, si elle est exprimée avec incorrection. La Pauvreté échappe a cette régle, le R. P. Exupére est un écrivain.
On est puni par ot l’on péche : telle est la thése si vraie qui fait le fond de la Pauvreté. L’orgueil est chatié par la servitude, la volupté charnelle par l’effusion du sang, les diverses formes de l’avarice par la pauvreté. Refréner la soif de lor, c’est empécher la pauvreté de se faire sentir; favoriser cette soif, c’est livrer la société a la misére. L’Kglise a tout fait pour réfréner la soif de Vor, elle a consolé, honoré, exalté méme la pauvyreté; aussi y a-t-il eu peu de pauvres dans les temps et dans les pays ou alte a dominé les esprits et les cours. Le protestantisme, lincrédulité, les économistes ont aimé la richesse; en conséquence les ‘ pauvres ont été a la fois plus nombreux et infiniment plus malheureux partout ot ont sévi ces fléaux. Partout ou ils prévalent, les corporations sont dissoutes, des hommes meurent de faim, une tristesse pleine de blasphémes gagne les sociétés.
Il n’était guére encore question des vieilles corporations en 1866; aussi nous permettons-nous d’attirer Vattention sur les quelques pages dans lesquelles le R. P. Exupére nous donne, 4 nous qui, selon lVencyclique Rerum Novarum, voulons les ressusciter, le plus sage et le plus utile des conseils. Ce n’est pas en groupant des convoitises, méme légitimes, que nous ferons cuvre qui dure. Les associations ont besoin d’un principe d’amour pour vivre, pour lutter contre légoisme destructeur, si développé aujourd’hui, et pour conquérir le monde afin de le rendre harmonique et heureux.. :
L’ouvrage que nous indiquons est plein de faits et de citations heureusement choisis. On y retrouve de magnifiques passages de grands auteurs un peu trop oubliés par nos « intellectuels » : de Maistre, Donoso Cortés, etc.
Enfin l’ouvrage, réimprimé en un petit volume, esta la portée de toutes les bourses.
(Kuvres oratoires et pastorales de Mer Laroche, évéque de Nantes. — 7 vol.
in-18 jésus, 24 fr. — Orléans, Herluison ; Lyon, Vitte. (Les t. VI ef VII se vendent séparément 3 fr. le vol.).
Combien sont-ils, en dehors des diocéses d’Orléans et de Nantes, ceux de nos lecteurs pour qui ce nom de Mgr Laroche n’était pas, il y a huit ou dix mois, aussi inconnu que les noms aujourd’hui célébres de Colengo, Ladysmith ou Spion-Kop? Un beau jour, de ce pays d’Orléans d’ou nous sont venues et les Conférences de M. V’abbé Gibier (la suite prochainement), et le Trésor
@histoires de M. Vabbé Millot (un vol. in-12, franco 3 fr.), et les Récits et Causeries de Jean des Tourelles (pour paraitre au jour le jour), un ami nous envoya, stirement éclairé par cette bonne et providentielle étoile qui guide si souvent vers ?Ami des collaborateurs inespérés, un ami nous enyoya plusieurs plans d’instructions d’aprés les Guvres de Mgr Laroche, alors sous presse. (Voir Paroissial 1899 : pour la Nativité + Marie chef-d’ceuvre de Dieu et espoir du monde, p. 560 as pour la rentrée des catéchismes de persévérance : Les trois lumiéres, p. 634; pour la Présentation : L’offrande de Marie, p. 720; pour Noél: Les trois rencontres de Jésus-Christ, p. 784. Et en cette année 1900, pour VAnnonciation : Deux femmes et deux anges, p. 204). Aux trois quarts séduit par ces bonnes feuilles, nous avons voulu faire connaissance avec les Guvres ellesmémes, et depuis cing mois qu’elles sont sur notre table, plusieurs réponses du « Petit Courrier » ont laissé voir en quelle estime nous les tenions (couv., p. 50, 78, 86).
Tout récemment encore, un auménier nous écrivait : «...Je suis souvent exposé a prendre la parole autour de moi, et parfois mes heures de préparation sont bien courtes. La méditation d’un bon et beau sermon, ayant un peu de vie et quelques superbes envolées, m’aiderait puissamment-a répondre a ce que l’auditoire attend toujours d’un prétre étranger 4 la paroisse dans laquelle il est appelé a Voccasion d’une féte. » Donnons-lui ici le bon conseil de se procurer les Guvres de Mgr Laroche ;... on aurait pardonné au geai les plumes du paon, sul n’etit pas tant fait la rove. — Et un autre, plus récemment encore : « Yous avez raison de recommander Mgr Laroche. Il y a la-dedans du froment de toute premiére qualité; il y en a aussi d’un peu inférieur ; mais du moins il n’y a pas de paille. Tout peut servir. » Pas de paille en sept volumes: ce n’est pas un éloge si commun qu'il en a lair.
Des sept volumes, deux surtout nous ont attiré davantage, les tomes VI et VII. Ce dernier contient une
' Retraite aux dames du monde (avis aux intéressés :
dans trois ou quatre ans cette Retraite aura été préchée partout), Un sermon d’ouverture, et cing jours de retraite 4 deux entretiens par jour: le matin, sur la vie surnaturelle, la foi, la vie intellectuelle, la force chrétienne, et la vie du cceeur ; le soir, sur l’épouse, la mére, la femme du monde, l’apdtre, et le découragement. Deux instructions aux mémes dames sur les Vacances 4 la campagne et sur )Qiuvre des vocations sacerdotales completent fort bien ce précieux petit volume. — Le tome VI est intitulé : Homélies et Entretiens de caté-— chisme. Genre d’éloquence auquel il faut avant tout la clarté, car on parle devant des enfants qui n’ont de la religion que des notions rudimentaires; tantdt une douce chaleur qui pénétre peu 4 peu leur Ame, et tantot une véhémence qui la terrasse ; un style d’une coloration puissante et harmonieuse qui plaise a leur imagination ; un art enfin de dramatiser les sujets les plus simples qui les tienne sans cesse en éyeil et leur laisse des impressicns durables. Ht que d’auditoires sont enfants ! Mer Laroche a écrit 1a trente et un entretiens ov il n’y a que «du froment de toute premiére qualité» : Les trois lumiéres; Eve et Lucifer, Marie et Gabriel:; Noél (les souvenirs et les réalités) ; Les étrennes du monde et celles de ’Enfant-Jésus; La part au bon Dieu (Epiphanie) ; L’atelier de Nazareth (sanctuaire du travail, de linnocence et de amour) ; Jésus au Temple; au désert ; La Chananéenne; Les vierges folles (étourdies, curieuses, présomptueuses); Pierre, m’aimes-tu? (ce qu’on fait quand on aime Dieu) ; Le Thabor (la piété); La messe Spirituelle; La fille de Jaire (la scéne de sa résurrection se renouvelie) ; La force chrétienne (pour souffrir et pour agir); La priére; Joseph et ses fréres (l’envie), ete. Ravissant par exemple pour une année d’instructions a des Enfants de Marie.
Les tomes IV et V renferment quelques lettres pastorales du trop court épiscopat de Mgr Laroche 4 Nantes (avril 1$93-décembre 1895) sur les harmonies de la religion chrétienne avec l’4me humaine et les sociétés ; l'étude de la religion ; le recrutement du sacerdoce; les prérogatives de la Papauté et nos devoirs envers elle. Puis, des panégyriques : saint Jean-Baptiste, saint Paul, saint Mare, saint Charles Borromée, saint Francois de Sales adolescent, le Bienheureux de la Salle, saint Joseph, saint Denys, saint Louis de Gonzague, sainte Marie- Madeleine, sainte Thérése, sainte Jeanne de Chantal, et Jeanne d’Are (son chef-d’ceuvre). Enfin, quelques conférences sur Jesus-Christ et sur l’Immaculée-Conception (qui seraient mieux 4 leur place au tome I et au tomé I).
N ous nous sommes laissés entrainer 4 citer des titres... Mais, aprés tout, n’est-ce pas encore la meilleure maniére d’indiquer-ce qu’on trouvera dans un livre, une fois donnée l’assurance qu’ « il n’y a pas de paille et que tout peut servir?... » Disons done briévement que dans les tomes I et II, Dogme, on trouvera : trois sermons sur l’étude de la religion, un sur Vexistence de Dieu, deux sur la Providence, deux sur les anges, quatre sur Vhomme, cing sur Jésus-Christ, sept sur ’Eglise et le catholicisme, un sur I’Esprit-Saint, huit sur l’Hucharistie (entre lesquels L’Hucharistie et la vie humaine : « Mon cher ami, votre sermon était long, dit Mgr Coullié 4 Vabbé Laroche, mais «il n’avait pas de longueurs! »), un sur le prétre et sa grandeur, quatre sur l’autre vie, et dix-neuf sur la sainte Vierge. Dans le tome III, Morale: six instructions surle péché et sa réparation, sept sur la vertu, trois sur la famille chrétienne, quatre sermons de premiére communion, un de confirmation, et enfin deux pour une prise d’habit et une profession religieuse. ;
Voila que nous avons trés consciencieusement accompli notre devoir de renseigner nos lecteurs. Combien de fois cependant faudra-t-il encore leur répondre : « Mais prenez donc Mgr Laroche! » Car dans ces sept volumes — cest la-dessus qu il nous plait dinsister en terminant, — « tout peut servir » 2 presque tous ceux qui ont a remplir le pénible ministére dela parole. Kt ils devront savoir gré 4 celui qui s’est chargé del’édition posthume
“de ces Giuvres, M. Vabbé Surcin, d’avoir mis pareil
trésor 4 leur disposition : abondance de biens ne. nuit jamais.
Pages catholiques, par J.-K. Huysmans, avec une préface de M. l’abbé Mugnier. — Paris, Oudin, 3 fr. 50. :
Nous avons déja plusieurs fois entretenu nos lecteurs de la personne et des ceuvres de M. Huysmans. Un article sur Hn Route (1896, p. 214) nous avait attiré quelques observations d’un ami qui se prétendait convaincu de la loyauté du nouveau converti. (Couv., 1826, p- 90). Depuis, en 1899 (p. 215), nous avions signalé deux brochures ot M. Huysmans était assez maltraite par M.Vabbé Belleville et M.’abbé G. Péries. C’est justice que nous parlions aujourd’hui de son dernier livre, Pages catholiques, publié pour « satisfaire le désir d’un grand nombre de catholiques, et achever de dissiper certains doxtes. » :
M. Huysmans a done choisi dans son ceuvre et rap-
roché et comme fondu les pages ou s’affirme sa foi; et MM. Vabbé Mugnier, premier vicaire de Sainte-Clotilde, les présente au public en se portant garant, sans réserves, de la sincérité de l’auteur. Voici les passages les plus intéressants de sa préface : ; te
« Les journaux annongaient, au mois de juillet 1892, que lauteur de La-Bas s’était résolu a quitter le monde et a se faire Trappiste. Voici la vérité. A M. Huysmans fatigué de ses doutes et désireux de « blanchir » son ame, un ami avait indiqué, pour ce genre de cure, la petite Trappe de Notre-Dame d'lgny, située, prés de Fismes, sur les confins de Aisne et de la Marne. Le romancier y parlit « comme un chien qu’on fouette, » fit une retraite, s’y confessa, communia, et cest cette conversion accomplie, 4 quarante-cing ans, sans autre presgion que celle de la grace, qu’il se décida, dés son retour & Paris, 4 raconter dans Hn Route. ; ;
« Le livre fut mis en vente au mois de février 1896. Les commentaires dont il fut immédiatement Vobjet me tiendraient pas dans un volume. Ajoutons qu’ils yariérent infiniment. Tout d’abord, les libres-penseurs pardonnérent au néophyte, en faveur de Vartiste, tandis que les catholiques, justement blessés par des pages qwils auraient voulu déchirer, repoussaient celui qui venait & eux, d’un air insoumis et avec un langage qui n’était pas le leur. Bientét cependant, ces derniers, en grand nombre, comprenaient vaguement que fous les pénitents ne sont pas fagonnes sur le meme modele, et la presse religieuse commengait a étre hospitaliére 4 Yhomme et au livre. M. Vabbé Klein fut Vun des premiers a accentuer la note favorable : « C’est une conversion sérieuse que celle de Vécrivain Durtal... » (Le Monde, 12 mars 1895). payst .
« Les Etudes religieuses (31 aotit 1895) se montrent plus sévéres, en déclarant toutefois que « dans ce livre curieux, profond, émouvant, il y a Vhistoire d’une ame qui hait le mal, qui en triomphe et qui remonte 4, la yraie lumiére. »
fe AME DULCLERGE
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__« La Revue Thomiste (mai 1895) énoncait un jugement identique : « L’ensemble du recueil est digne de louange, et les lecteurs un peu initiés a la littérature y prendront un vif intérét. »
Suivent encore les temoignages favorables de Monseiegneur d’Hulst, de Pierre Veuillot et Georges Bois, du P., Pacheu : « Confondre la droiture de Durtal avec les fumisteries d’un sauteur, ne mérite pas un brevet de perspicacité surnaturelle... »
« Mais toutes ces appréciations doivent faire place 4 des témoignages qui, pour étre inédits, n’en sont pas moins décisifs. Il s’agit des ames qu’Hn Route a remuées et orientées vers Dieu. « Ce liyre fera du bien & ceux qui n’en lisent pas ordinairement de hons, » m’éecrivait Dom Augustin, abbé de la Trappe d’Igny. Cette prédiction s’est réalisée a la lettre. Ce fut, en effet, d’un bout de l’Hurope a l’autre, comme un tressaillement dans le monde des pécheurs. Beaucoup, gui gisaient au fond de l’abime, comprenaient enfin qu’ils pouvaient en sortir, que Durtal leur tendait une main fraternelle et que sa conversion était pour eux une promesse de salut. S'il est vrai que V’arbre se juge par ses fruits, que dirons-nous d’un livre qui, malgré tant d’imperfections, a valu, a lui tout seul, toute une armée de missionnaires et qui, chaque jour encore, en Francé et & l’étranger, détermine des retours 4 Dieu et fait éclore des vocations ? »
L’apparition de Za Cathédrale, en février 1898, augmentait la sympathie des catholiques et en fixait plusieurs qui suspendaient encore leur opinion. M. Frangois Veuillot déclarait dans ’ Univers : « Celui qui a écrit cette ceuvre extraordinaire, extravagante, si Von veut, et dont ensemble cependant laisse une impression de grandeur et de beauté, celui-la peut posséder sans doute un esprit trés bizarre et méme étrangement faussé, il peut en son Ame entretenir maints blamables défauts, mais, j’en ai la conviction intime et profonde, il est chrétien. »
L’iabbé Mugnier termine par les réflexions et le souhait que voici :
« Quand M. Huysmans aura fait paraitre L’Oblat, la trilogie annoneée sera complete. Hw Route contient la mystique; La Cathédrale ja symbolique; L’Oblat résumera la liturgie. Ainsi doit s’achever V’acte de foi le plus sincére en la divinité de l’Eglise dont un artiste soit capable, et formulé dans une langue qui n’était pas habituée a s’élever jusqu’a de pareils sentiments. Qui aurait jamais pensé que le naturalisme se transformerait un jour, et qu’en la personne d’un de ses représentants les plus obstinés, il contribuerait, 4 sa maniére, a renouveler l’apologétique ?
« Ht maintenant, jai hate de conclure. Puissent les Pages catholiques, en pénétrant dans des milieux nouveaux, continuer et propager le bien qu’elles ont fait ailleurs ! »
Nous serions moins optimistes, et nous ne voyons pas quel bien pourront faire les Pages catholiques en ces milieux nouveaux, déja catholiques. Car, a trés justement remargué M. Francois Veuillot, si M. Huysmans est devenu chrétien, « il est maintenant, par une contradiction bizarre, incohérente, et qui explique, au fond, tout ce gui est bl4amable en son roman, le littérateur impie dune histoire pieuse. Il n’a pas conservé seulement Yallure contournée de son style, il a gardé la tendance déviée de son esprit. De la, ce dédain absolu, presque inconscient, tant il fait corps avec le cerveau, pour toute cuvre ou tout individu qui ne répond pas 4 sa conception, trés spéciale et trés limitée, de Part et du beau. A combien d injustices profondes, inouies, odieuses parfois, et que son ton de mépris souverain rend plus insupportables encore et plus exagérées, cette infirmité de l’esprit ne le fait-il point buter a chaque pas? Les dévots, le clergé, les ceuvres d’art, les livres pieux, tout le systéme d’éducation que l’Kglise emploie aujourd’hui, mainte cérémonie, mainte coutume, enfin a peu prés tout le présent du catholicisme de France, est lardé de ses ironies, criblé de ses pointes. » Les catholiques n’ont pas grand’chose 4 gagner en pareille compagnie.
Nous ajouterons une observation plus grave. La-Bas est un livre qu’aucun lecteur honnéte ne voudrait toucher autrement qu’avec des pincettes. « L’auteur, dit M. Vabbé Mugnier, y a rassemblé toute une série de documents sur le satanisme tel que le passé l’a pratiqué, tel que le présent le perpétue sous nos yeux... aux endroits mysférieux ot se célébre aujourd’hui la messe noire, et partout on croit entendre un témoin oculaire gui a souffert de ce qwil raconte et dont le frisson est contagieux... Pour mieux atteindre son but, qui était de
détourner ses contemporains de ces odieuses pratiques, M. Huysmans a multiplié des peintures qu il faut condamner avec énergie. » Or, ce livre n’a pas éte retiré du commerce. Kt le P. Pacheu est bien indulgent quand il nous prie de songer, pour la décharge de M. Huaysmans, « qu’avec les libraires comme avec @autres contractants, il est des conventions synallagmatiques qu’on ne déchire pas & son gré. » Nous avons vu d’autres converlis déchirer les leurs, cotite que coute.
La Lyre anglaise au service de la sainte Vierge Marie, par le P. Ragey. — Une brochure grand in 8° de 48 pages. — Paris, Briguet.
Une brochure a la fois trés instructive et trés consolante. Non seulement la lyre catholique, mais la lyre protestante a chanté Marie. M. Orby Shipley vient de publier un beau volume, Carmina Mariana, compose de trois cent soixante-sept poésies anglaises appartenant a deux cent trois auteurs. Ce recueil s’ouvre par une poésie latine de Léon XIII et se met ainsi sous les auspices du grand Pape qui a tant glorifié la sainte Vierge par ses Encycliques sur le Saint Rosaire. L’auteur, né en 1832, fut ministre anglican jusqu’en 1878. Pendant ce temps il écrivit de nombreux ouvrages, « Ecclesiastical Reform, la Réforme ecclésiastique ; » « Studies in modern problems, Etudes sur des problémes modernes, » etc. ; mais surtout des recueils de poésies religieuses : Lyra Eucharistica, Lyra Messianica, Lyra Mystica. Ce quile ramena a |’Eglise catholigue, ce fut le sentiment de Vautorité nécessaire qui manque a l’Kglise anglicane. « I] est un point surtout, — écrivait-il en 1879 a son ami Chapman, qui n’était pas encore converti alors, — oti ’Eglise se révéle 4 ma conscience plus que sur tout autre : l’autorité. Aprés tout ce qu’on peut dire, ’autorité anglicane se résout dans le jugement propre. Aucune auiorité en Angleterre. Si elle existe quelque part, montrez-la moi. Dites-moi ot est son siége, quelle est son action, que le monde voie ses résuliats. » Et il se félicitait de la paix intime qu'il gotitait au sein de la vérité : « Un poids d’années ajoutées a des années a 6té enleyé & mon dme. » (L’dme anglicane, p. 271).
Devenu catholique il voulut élever comme un monnment d’amour et de poésie 4 la Reine de ’Kglise catholique, et chercha dans tous les poétes anglais ce quwils avaient écrit.de plus beau en V’honneur de Marie. Il écarta tout ce qui est « cantiques, » entendant ne servir
ue des couvres d’art. Son livre est avant tout un livre a piété, mais « cest l’effort pour unir le mérite littéraire 4 l’édification, dit-i] dans sa Préface, qui constitue sa raison @étre. »
La presse anglaise de toute nuance et de toute confession Inia fait le meilleur accueil. « Que Pon partage ou non les idées religieuses de M. Orby, écrit le Bradford Observer, tout esprit cultivé et ami de la belle poésie, de la poésie pure, mélodieuse et imaginative, aimera ce recueil de poésie lyrique, d’odes, d’hymnes et de ballades inspirées par la plus mystique de toutes les légendes, d’autant que le choix a été fait avec un tact exquis. »
Le P. Ragey a publié dés longtemps le Mariale de saint Anselme, qui a regu aussitot la haute approbation du cardinal Manning, le qualifiant d’opus vere aurewm. « Le Mariale, dit-il, n’est qu’un bijou ; le Carmina Mariana est un magnifique collier de perles fines dont un grand nombre sont dune rare beauté. » Les titres sont tout catholiques : Echos a Marie, Pleine de graces, Reliquaires; ils sont méme empruntés souvent a nos litanies de Lorette. On y trouve de pieuses 1égendes, des poésies sur les tableaux inspirés par la vie . de la sainte Vierge, des hymnes en son honneur, composées méme par des auteurs de qui l’on attend autre chose que des accents pieux, comme Shelley ou Byron.
John Keble, qui vint jusque sur le seuil de l’Kglise, mais n’y entra pas, écrit dans La Mére invisible, au pied de la créche : « Mére de Dieu, ah! ce n’est pas en vain que nous avons appris d’ancienne date a connaitre votre humble contenance. Volontiers nous nous reposerions a votre ombre, et nous nous agenouillerions avec yous, et nous vous appellerions bienheureuse, et avec vous nous nous prendrions 4 « magnifier le Seigneur. » Quelle gloire vous avez acquise la-haut par une grace spéciale de votre cher Fils, nous ne le yoyons pas en-
core; nous n’osons porter ouvertement nos regards sur votre front couronné ; nous préférons vous contempler agenouillée devant la douce créche, le front voilé, ou bien encore au moment ot lange vous salue au nom du Dieu trois fois saint et que Jésus descend dans votre sein. »
Woodsworth, le poéte des lacs, est plus délicieux encore : « Mére dont le sein virginal fut exempt de Vombre d’une souillure, dont la moindre pensée offrant quelque alliage de péché n’effleura jamais le cour, femme glorifiée au-dessus de toutes les femmes, monument solitaire dont s’enorgueillit notre nature déchue ; plus pure que Vécume qui flotte a la surface de l’Océan, plus resplendissante que le ciel d’Orient, quand Vaurore répand ses fantastiques teintes roses, et que la lune dans tout son éclat, avant qu’elle commence a décroitre dans les plages de l’azur du firmament, ton image, sabaisse jusqu’a la terre. »
Puis c’est Southey, Thomas Moore, Walter Scott, Edgar Poé, Longfellow, Rossetti, sans parler des poétes catholiques contemporains, les Newman, les Faber, les Francis Thompson, les Alfred Austin et autres que nous ne connaissons pas assez en France.
Rossetti, italien et catholique de naissance, s’était fait naturaliser anglais et était devenu protestant. Est-ce souvenir de sa dévotion d’enfant « a la Madone» ou remords! Mais quelles poésies pénétrantes il a écrites en Vhonneur de la sainte Vierge :
« Songez, dit-il dans son ode Ave, que pour tous ceux que la mort peut frapper vous faites jadis une sceur qui était ce qu’est une sceur... faite comme nous et cependant supérieure 4 nous! »
Dans un sonnet sur Notre-Dame des Rocs, il s’écrie: « Mére de grace, le passage est difficile, les rocs sont aigus, les ames effarées accourent en foule. On dirait
von entend des échos : pauvres 4mes qui frissonnent
ans les ténébres ! »
Quand vint « le passage difficile » : « Allez me chercher un prétre, dit-il 4 un de ses amis, je veux recevoir le pardon de mes péchés! » La « Mére de grace » lui obtint la grace de bien mourir.
Byron, le poéte et le chantre du mal, 4 qui Lamartine écrivait :
Le mal est ton spectacle et homme esl ta victime. Ton cil, comme Satan, a mesuré l’abime,
Et ton dme, y plongeant loin du jour et de Dieu,
A dit & Vesperance un éternel adieu,
Byron, disons-nous, avait gardé au fond de son Ame, « de luicméme ignoré » un peu de foi chrétienne. Un jour on lui adressa une priére composée pour sa conversion par une femme qu'il ne connaissait pas et qui venait de mourir. Il en fut profondément touché et répondit : « Je n’échangerais pas la priére de cet ange défunt pour toutes les gloires réunies d’Homére, de César et de Napoléon. » Et il ajoutait : « C’est une douce chose pour moi que des priéres si ravisssantes de sincérité et de naiveté... La religion qui songe au pécheur égaré et prie pour lui est la vraie religion, la seule qui pourrait me convertir jamais. » :
Comme il se trouvait 4 Ravenne, il entendit tinter les cloches pour PAngelus. Ces sons calmes, mélodieux, chantants, lui parurent des voix célestes qui parlaient a la terre, et qui lui parlaient surtout de la sainte Vierge. Il composa alors son admirable Angelus:
Le soleil descendait au couchant — Ave Maria
Comme un ange qui ya se reposer — Ave Maria...
La cloche de chaque couvent sonnait. — Ave Maria.
Kt les échos de chaque colline et de chaque yallée chan-
[taient — Ave Maria.
« Ave Maria! Sur la terre et sur la mer, cette heure la plus céleste des cieux est la plus digne de yous 6 Marie ! :
« Ave Maria! Bénie soit cette heure! Bénis soient le temps, le climat, les lieux ot j’ai senti influence de ce moment portée a sa plus haute puissance, se répandre sur la terre avec tant de douceur et de charme, alors qu’on entendait dans le lointain le son de la cloche qui se balangait dans la vieille tour, ou ’écho mourant de Phymne qui montait dans les cieux, et que pas un souffle ne traversait l’air aux teintes roses, et que cependant les feuilles de la forét semblaient agitées par la priére. »
Ce morceau se trouve dans l’un de ses plus dangereux poémes. Mais qu’importe? Ce qu'il décrit si bien, il Va pensé, il Ya senti, et en l’écrivant il a prié. Nog poctes frangais, tout catholiques qu’ils étaient, restent bien inférieurs aux Anglais en piété envers la Sainte Vierge. Victor Hugo, Alfred de Musget, Lamartine
LYAMI DU CLERGE
méme, sont muets sur ses louanges, ou ils ne la célébrent qu’en passant, dans quelque strophe fugitive. Avec Byron, voici Thomas Moore qui chante Marie étoile de la. mer; Thomas Davis qui reprend lAve Maria: « La lumiére tombe, tombe encore; plus qu’un dernier rayon. Ave Maria. Le jour baisse. La stireté et Vinnocence s’enfuient avec la lumiére. La tentation et le danger s’avancent avec la nuit. Des premicres ombres jusqu’a laurore, protégez-nous contre le danger et délivrez-nous du crime. Ave Maria! Audi nos!» Comme ces vers prient bien! Voici enfin Tennyson, le plus littéraire des poétes d’Angleterre, qui consacre a la Sainte Vierge l'une de ses plus ravissantes compositions: « Mariana in the South, Mariana dans le Midi. »
Mariana, c’est une amante délaissée qui, au milieu d’un paysage désolé du Midi, prie au pied d’une image de Marie: « Je vous salue, Marie! dit-elle. Ktre seule! Etre oubliée! Aimer dans labandon! »
Hille ne cesse de redire cette priére confiante et attristée.
« Jusqu’a ce que la pourpre du soir se soit fondue en une teinte orangée qui s’étend sur la mer, elle se tient 4 genoux devant Notre-Dame, murmurant sa plaintive priére : « O Mére, obtenez-moi cette grace de me décharger du fardeau qui pése sur moi! »
Quand la nuit tombe, elle pleure et dit en gémissant : « La puit vient qui ne connait pas d’aurore, ot je cesserai d’étre seule, de vivre oubliée et d’aimer en étant abandonnée. »
Mais il faudrait lire cela dans le texte méme. Quelle suavité! Quelle harmonie !°
Comment s’expliquer que les Anglais aient ainsi célébré les gloires de la Sainte Vierge qu’ils n’honorent pas dun culte public? N’est-ce point que la dévotion des aieux a passé, malgré les trente-neuf articles et les lois, dans l’4me des enfants qui ont gardé comme leurs religieux ancétres un culte intime et profondément tendre pour la Mére de Dieu? L’ame anglaise est dailleurs naturellement poétique, or quel plus bel idéal chanter que Marie, la Vierge-Mére? C’est aller contre les idées du lecteur francais que d’affirmer que les Anglais ont plus que nous le sens poétique, la passion des vers. Cependant rien n’est plus vrai. Lacordaire se convertit d’une maniére éclatante, mais !’on ne sache pas quwil ait songé a jeter ses émotions, ses actions de graces, ses effusions de paix et de joie intérieure dans le monde poétique, dans la strophe « qui ouvre ses ailes dans les cieux. » Newman et Faber, au contraire, n’ont pu se défendre de chanter leurs incertitudes, leurs tristesses, leurs priéres, puis leurs allégresses de convertis. Aussi bien la langue anglaise est-elle plus riche, et les modes poétiques en sont peut-étre plus variés, plus faciles que les notres. « A mon sens, dit M. Taine dans ses Notes sur l Angleterre, il n’y a point de poésie qui vaille la poésie anglaise, qui parle si fortement et si nettement a l’ame, qui la remue plus a fond, en qui les mots soient si chargés de sens, qui traduise mieux les secousses et les élans de l’étre intérieur. »
La lyre frangaise cependant n’est pas demeurée sans voix lorsqu’elle s’est mise en face des grandeurs de la Sainte Vierge. Peut-étre a-t-elle été effrayée de la difficulté de la tache quand elle a voulu célébrer la beauté incomparable et les gloires de Marie; mais elle nen a pas moins trouvé des chants élevés et dignes d’Elle, surtout des chants qui prient. Il faudrait, a l’exemple de M. Orby Shipley, recueillir tous ces chants, toutes ces poésies, d’ot qu’elles viennent, depuis le moyen age jusqu’aujourd’hui, et composer aussi un Carmina Mariana francais. On ne garderait que les piéces qui ont un vrai mérite littéraire, elles seraient encore assez nombreuses pour former un beau volume. Le Congres de Lyon, qui va se tenir en l’honneur de la Sainte Vierge, ne manquera pas de s’emparer de cette idée qui, pour venir d’outre-Manche, n’en est pas moins pratique et précieuse. Il convierait les poétes 4 chanter Vaimable et douce figure de la Sainte Vierge, ses vertus, ses joies et ses douleurs. G’est un nouvel horizon pour la poésie contemporaine qui s’est trop confinée dans l’étroitesse naturaliste. C’est le vrai idéal qui lui serait montre, ainsi qu’a la poésie de lavenir. Ae
Bientot, tous les autres pays, toutes les littératures d’Europe, allemande, italienne, espagnole, provengale, voudront avoir aussi leur Carmina Mariana, et la Sainte Vierge sera ainsi plus étudiée, plus glorifiée et plus aimée. ie é
En attendant, le P. Ragey merite les remerciements de tous ceux qui aiment la Sainte. Vierge, pour leur
avoir fait connaitre, avee la compétence et le jugement
critique qui lui appartiennent, ces beaux chants de la littérature anglaise en ’honneur de Marie. oa Les congrégations religieuses en
Mramnee, par l'abbé X..., du clergé séculier. — In-12 de 48 pages, 0 fr. 25 — Paris, Imprimerie Petithenry, rve Francois [er, 8.
Sont-elles riches ? imposent-elles l’abdication des droits de Vindividu? n’ont-elles pas de monitoires secrets? ne forment-elles pas des égoistes? quels services rendent-elles ? que machinent-elles contre le gouvernement du pays? etc., etc.: autant de questions résolues avec Péloquence des chiffres, avec la verve d’un journaliste de profession, avec la sincérité surtout et la profondeur de sentiment d’un homme qui aime et admire vivement les religieux. Il n’est pas congréganiste, puisqwil le dit; mais il doit connaitre les congrégations autrement que par le dehors. Il a dt étre au moins novice !
Kt des illustrations exquises! Ce n’est pas du Raphaél, 4 coup str; mais vest du Pélerin, et du meilleur. Et des iene lequel pensez-vous qui gagne la médaille, au concours du ciel ?
D’ailleurs, cela sort des presses du n° 8 de la rue Francois Ie": c’est tout dire. Excellente brochure de propagande populaire.
Du lycée au couvent, par le P. Burnichon, S. J. — Paris. Reiaux, 1900. — Un vol. in-12 de 300 pages. — Prix : 3 fr. 50.
Les problémes relatifs a l’enseignement et a l’éducation nationale ont l’insigne privilége d’attirer une part d’attention au milieu du tohu-bohu de nos luttes politiques et de nos agitations sociales. Indépendamment des prétentions de l’EKtat jacobin a l’encontre de la liberté, la démangeaison du changement, maladie d’une époque ou plus rien n’est stable, l’anglomanie, les ardeurs entreprenantes de certains esprits impatients et chagrins, ont soulevé en ces derniers temps une série de questions autour desquelles il s’est fait plus ou moins de bruit. Le P. Burnichon les a suiyvies au jour le jour dans les Htwdes des Péres Jésuites et s’est trouvé amené ainsi a passer d’une frontiére a l'autre du monde pédagogique, du lycée au couvent. Il a rassemblé dans ce volume ses notes de voyages; il les adresse aux amis et aux ennemis de Venseignement libre et chrétien.
Aux maitres ef maitresses, aux péres et méres de famille inquiétés, troublés par des accusations spécieuses et des nouveautés alléchantes, ces pages porteront la lumiére, et s'il était besoin, la consolation et le réconfort.
Aux adversaires loyaux, qui se donneront la peine de les parcourir, elles inspireront, sinon de la sympathie, du moins un peu plus de justice pour une ceuvre quia ses imperfections assurément, mais qui a le droit de se réclamer de ces deux grandes choses menacées comme elle a l'heure présente, la liberté et le patriotisme.
Voici les titres des articles : Les questions de l’enseignement secondaire en 1898; Vacances de Paques, souvenirs et impressions d’un missionnaire ; La supériorité des Anglo-Saxons; L’éducation nouvelle, questions pédagogiques; L’école du Valentin; Une vieille question de collége; Les colléges chrétiens, 4 propos de quelques critiques ; L’enseignement secondaire des jeunes filles, lycées, colleges et couvents.
Bibliographie du culie lecal de la Vierge Marie, par Léon Clugnet. — France:
fer fascicule : Province ecclésiastique d’Aix. — In-8 de 74 p., 5 fr. — Chez l’auteur, a Fresneslés-Rungis (Seine). A Paris, chez Alph. Picard, rue Bonaparte, 82.
La bibliographie liturgique s’enrichit dun vrai trésor. M. Léon Clugnet, seerétaire de la rédaction de la Revue del Orient chrétien, entreprend une Bibliographie du culte local de la Vierge Marie. Il commence par la
France et suivra l’ordre alphabétique des provinces ecclésiastiques. Aprés la France, il continuera par l’Italie, PEspagne, etc. wa :
Son premier fascicule comprend les diocéses d’Aix, d’Ajaccio, de Digne, de Fréjus, de Gap, de Marseille et de Nice. Sous chaque diocése, il range les ouvrages généraux et les ouvrages spéciaux. Ce fascicule contient 650 numéros et étudie plus de 120 sanctuaires de la Vierge. Il se termine par deux tables (des auteurs et des sanctuaires) qui faciliteront les recherches.
Cette bibliographie n’est pas une histoire du culte de la sainte Vierge, mais elle sera indispensable a tous ceux qui voudront toucher 4 quelque point de cette histoire. Elle rendra les plus grands services aussi aux directeurs de pélerinages, aux pélerins instruits, aux bibliophiles, aux libraires, a toutes les personnes qui s’occupent d’histoire locale. Quand les livres mentionnés se trouvent A la Bibliothéque Nationale, Pauteur a pris soin d’indiquer toujours les cotes sous lesquelles ils y sont catalogués, pour faciliter latache des hommes d’étude.
Pour la France, le travail sera complet en dix-huit fascicules. Chacun des dix-sept premiers donnera la liste des écrits relatifs aux sanctuaires de la Vierge qui sont situés dans les dix-sept provinces ecclésiastiques de France. Le dix-huitiéme indiquera les ouvrages qui contiennent des notices sur des sanctuaires disséminés dans toute l’étendue du territoire frangais ou appartenant a plusieurs provinces ecclésiastiques. [1 donnera aussi une introduction, des tables détaillées, des additions, ete.
L’auteur, pour étre complet et n’omettre aucun renseignement utile, a fait appel déja et devra faire appel encore au zéle d’un grand nombre de nos confréres. Nous ne saurions trop les exhorter 4 mettre a son service toutes les sources d’informations dont ils peuvent disposer.
La Communion hebdomadaire, par le P. Coubé, S. J. — Paris, Retaux, 1899. — Un vol. in-18 de 245 p.
Invité a prendre la parole au dernier congrés eucharistique de Lourdes (1899), le P. Coubé y a prononcé, sur la communion hebdomadaire, les trois remarquables discours quwil offre aujourd’hui au public en tirage a part, complétés par un bon nombre d@’Appendices.
Il ne s’agit point la dela communion fréquente, telle qu’on Ventend dans lVenseignement classique de la morale et de l’ascétisme. Le but du P. Coube est d’amener les hommes a fréquenter davantage le sacrement d’Kucharistie, en moyenne tous les huitjours. Cette moyenne dailleurs dans sa pensée n’exclut pas le moins du monde l’hypothése trés souhaitable dune communion plus fréquente encore ; mais, vu la condition du temps, auteur préche cette mesure comme étant une «moyenne » tout a fait satisfaisante. D’ailleurs les arguments développés n’ont point de portée limitative ; ils peuvent tout aussi bien conduire 4 une communion plus fréquente ceux qui auraient la piété de s’en laisser entiérement persuader.
Des Appendices ajoutés aux trois discours complétent sur certains points, par des explications nouvelles, des citations de documents ou résolutions de difficultés, Venseignement du célébre orateur. Ce livre est bon a répandre dans les réunions d’hommes chrétiens, ot il fera grand bien.
Wrance et Allemagne (les Missions catholiques), par 1. Kannengieser. — Paris, Lethielleux, 1900. — Un vol. in-12 de 380 pages. — Prix : 3 fr. 50:
Rien de plus fameux que l’ceuvre des Missions. catholiques, et rien peut-étre de plus mal connu du public chrétien, au moins dans les détails précis de la statistique. Cela vient surtout, sans doute, de la multiplicité des ordres variés de religieux et religieuses qui se consacrent ala diffusion de la foi dans les cing parties du monde, et aussi de la difficulté qu’on a a rencontrer groupés les renseignements utiles sur le nombre, le champ d’opération et les travaux divers de ces ouvriers apostoliques.
M. Kannengieser a eu la patience de faire ce travail de groupement pour ce qui concerne les missionnaires
LiAMI DU CLERGE a a cae
d’origine francaise et allemande. Nul cuvrage 4 l’heure actuelle n’est, dans son genre,plus complet ni mieux documenté que celui-ci. On y trouye énumérées,. avec nombreux détails de statistique 4 lappui, toutes les congrégations religieuses d’hommes et de femmes ayant leurs maisons méres en France et en Allemagne, avec Vindication des essaims de missionnaires qui en sont sortis ; le nombre aussi des congrégations religieuses quelconques actuellement existantes en ces deux pays, avec la statistique de leurs membres. Crest un hel hommage rendu 4 l’efflorescence admirable de la vie religieuse dans les deux nations ot elle a été precisement, dans ces derniers temps, le plus persécutée ; hommage aussi a leur puissante action civilisatrice dans toutes les parties du monde, ou elles s’en vont, au péri). deleur vie, déposer les germes de la foi catholique.
Documents pour expliquer la régle du Tiers Ordre de saint Francois d’Assise, par le P. Gérard. — Paris, A. Roger, 61, rue des Fourneaux, 1899. — 8 vol. in-42..
Collection précieuse, qui sera trés gotitée des Tertiaires de saint Francois d’Assise. On trouve la une foule d’explications, de renseignements et de documents sur la nature, les ceuvres et priviléges du Tiers Ordre, qu’on ne pourrait que trés difficilement rencontrer ailleurs, 4 moins d’avoir sous la main toute une bibliothéque franciscaine, et de-perdre un temps considérable a la consulter. Rien n’a été omis de ce qui peut intéresser un Tertiaire, non seulement quant a ia pratique privée des vertus propres de son état, mais aussi quant aux innombrables ramifications possibles de son influence dans toutes les classes de la société. Avis aux Tertiaires.
Les amitiés de Jésus, par le P. Ollivier, O. P. — Edition populaire, un vol. in-42, 4 fr. — Paris, Lethielleux.
Crest le septiéme mritle de la réimpression incessante d'un des plus beaux livres du P. Ollivier. I) est connu, et maintes fois nous en avons déja fait l’éloge. En cette fin de caréme rien ne vaut la lecture des Amitiés de Jésus, sinon peut-étre Vadmirable Passion du méme auteur, également consacrée par un succés populaire ininterrompu.
Au deia du tombeau, par le P. Hamon. — Un vol. in 12 de 824 p., 3 francs. — Paris, Téqui.
En moins d’un an, le livre du P. Hamon en est a sa seconde édition. C’est le meilleur éloge que nous puis- Sions en faire. Et nous nous félicitons nous-méme de wétre pas étranger 4 ce succés et de n’avoir négligé aucune occasion de recommander louvrage a nos lecteurs. Ces pages (comme le Pourquoi je me suis fait congréganiste, du méme auteur) ont été écrites pour les robustes chrétiens de Montréal; et nous doutons que, sous un format aussi commode et pour un prix aussi modigue, on en trouve ailleurs daussi fortes, d’aussi doctrinales, d’aussi substantielles, présentées avec une 6loquence aussi saine et aussi vigoureuse, sur les suprémes questions de la vie future, destinées du corps et de l’ame, résurrection, jugement, priviléges des corps glorioux, leur beauté, leur Age, leur stature, leur sexe sort des enfants morts sans baptéme, le ciel, le renouvellement du monde sidéral (p. 1-110), le bonheur du ciel (p. 111-161), les joies du ciel, joies des divers sens (p. 162-198), joies du coeur (p. 199-229), la famille et l’amitié au ciel (p. 230-283), joies de Vintelligence (p. 284- 502), la stabilité et ’éternité du monde céleste.
Le gérant : J. Marrrimr.
LANGRES. — IMPRIMERIE MAITRIER ET COURTOT
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