‹ L'ami Fritz (volume 2)Chapitre 19 sur 89 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

EKS Mêmes, moins SUZEL, CATHERINE et US- BETH. {Hanezô et Frédéric allument leurs pipes. Joseph allume son cigare. Fritz se levé et se dirige vers le râtelier \ à d?vite.)

David, trempant un morceau de sucre dans son café. — Voilà ce qu'on peut appeler une jolie petite fille, et qui fera bientôt une bonne petite femme de ménage, je l'espère.

Fritz, décrochant sa pipe et venant la bourrer sur la table. — Une bonne petite femme de ménage, ah ! ali ! ah ! Ce vieux rebbe ne peut voir une fille ou un garçon sans penser aussitôt à les marier ! . . . {Il va s'asseoir dans un fauteuil, à droite.)

David, se fâchant. — Eh bien ! oui, j'ai dit et je le répète : Une bonne petite femme de ménage ! Dans deux ans, cette petite Sûzel peut être mariée.

Fritz, allumant sa pipe. — Allons, tais-toi, vieux, tu radotes.

David. — Je radote ! . . . Je radote !. . . C'est toi qui radotes, gros épicurien ! Pour le reste tu parais avoir assez de bon sens, mais sur le chapitre du mariage, tu es un vériable braque.

Fritz. — Bon, maintenant, c'est moi qui suis le braque, et David Sichel l'homme raisonnable.

Hankzô, fumant gravement. — Défends-toi, Kobus, ne te laisse pas abîmer.

Frédéric, à cheval sur sa chaise, — Oui, c'est pourtant trop fort, ce vieux rebbe ne respecte plus rien. Avec sa manie de faire des mariages, il finirait par nous marier

tous les uns après les autres, si on ne le mettait pas à la raison.

David. — Eh bien ! quel mal y aurait-il à cela?

Frédéric, sautant sur sa chaise, — Quel mal ?

David. — Oui ! n'est-ce pas la destination de l'homme et de la femme ? {Éclat de rire général. — Avec indignation.} — Vous riez. . . Vous riez. . . C'est facile de rire ! Mais quand vous feriez ah ! ah ! ah ! eh ! eh ! eh ! jusqu'à la consommation des siècles, cela prouverait grand' chose ! {Nouveaux éclats de rire plus forts que les premiers . — David se levant, les mains écartées pris des oreilles.} C'est cette manière de rire qui me tourne le sang ! {Les aiitres se tordent sur leurs chaises.) Si seulement vous vouliez raisonner une fois avec moi, au lieu de rire bêtement, comme je vous riverais votre clou. . . Mais vous riez. . . vous ouvrez vos grandes bouches de gourmands jusqu'aux oreilles et vous vous croyez malins ! . . . Non ! . . . non :. . . ce n'est pas cela. . . On voit bien que vous n'avez jamais réfléchi aux choses sérieuses de la vie.

Fritz, essuyant ses yeux pleins de larmes à force de rire. — Moi, je ne fais que cela depuis quinze ans.

David, se rasseyant. — Toi ?

Fritz. — Oui, rebbe, moi. Tu me crois aussi trop innocent. Voilà quinze ans que je vis tranquille avec ma vieille Catherine, que j 'ai tout arrangé chez moi pour être à mon aise. Quand je veux me promener, je me promène ; quand je veux dormir, je dors ; quand je veux prendre ma chope, je la prends ; si l'idée me passe par la tête d'inviter trois, quatre cinq amis, je les invite. Personne n'a rien à me dire ; je suis libre comme l'air !... Et tu voudrais me faire changer tout cela, tu voudrais

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