SCENE II
I,ES mêmes, FRITZ.
Fritz, regardant la table. — Ah ! ah ! ça marche. . . . (// souffle son bougeoir et le donne à Catherine. Déposant son panier.) Voici les bouteilles, Catherine, j'ai choisi tout ce qu'il y avait de mieux dans la cave. Est-ce que le dîner avance ?
Catherine. —Oui, monsieur.
îo L'AMI FRITZ.
Fritz. — J'espère que tu vas te dépasser ; que tu vas nous faire un dîner, un dîner
Catherine. — Soyez donc tranquille, monsieur ; estce que vous avez jamais été mécontent de moi ?
Fritz. — Non, Catherine, non, au contraire ; mais tu sais, on peut faire bien, très bien, et tout à fait bien. Voyons, qu'est-ce que tu vas nous donner ?
Catherine. — Vous aurez une soupe aux écrevisses, un pâté de foie gras, un brochet, des gelinottes
Fritz, l'interrompant. — Halte ! . . . . ne me dis pas le reste. ... il faut aussi se réserver de petites surprises. Enfin, je vois que nous aurons un dîner convenable. Est-ce que Joseph est arrivé ?
Catherine. — L,e bohémien ? Non, monsieur, pas encore.
Fritz. — C'est étonnant, il ne manque jamais de venir le jour de ma fête. Pourvu qu'il ne soit pas malade ! Et le grand Frédéric, et Hanezô ?
Catherine. — Lisbeth a été les prévenir ; il seront ici à midi moins un quart.
Fritz.— Bon ! . . . Bon ! . . . Et le rebbe David ?
Catherine. — Il était sorti pour une affaire ; sa femme a dit qu'elle le préviendrait.
Fritz. — Il faut y retourner et lui dire que je l'attends !. . . Sans lui la fête ne serait pas complète ; je ne peux pas me passer de ce vieux rebbe, tu m'entends, Catherine ?
Catherine. — Oui, monsieur. L,isbeth, allez-y tout de suite, moi je retourne surveiller mon dîner.