ACTE III, SCÈNE VI
comme tu ne venais pas. ... et qu'elle est pressée, très pressée, elle est allée faire ses commissions. . . . parce que tu ne venais pas .... tu comprends ? . .
Catherine. — C'est vrai monsieur, je suis restée plus longtemps que d'habitude ; mais voyez-vons, c'est plus fort que moi, chaque fois que j'entre chez Eisbeth, c'est la même chose. . . .
Fritz, encore tout trou $/£— Eisbeth ?
Catherine. — Oui, la veuve du couvreur, que vous m'avez dit de secourir- . . . vous savez bien, Lisbeth ?. .
Fritz, se remettant. — Ah ! bon. . bon. . je comprends ! ( S 'efforçant de sourire.) Tu bavardes, n'est-ce pas. . . tu t'en donnes ?
Catherine.— Non, monsieur, c'est à cause des enfants ... Ils sont si gentils ... le petit garçon surtout ! Ils m'appellent " tante Catherine ". Vous pensez, j'ai toujours quelque chose pour eux, et tout de suite, quand j'entre, ils viennent fourrer leurs petites mains dans mes poches ! . . {Elle rit de bon cœur)
Fritz, êtonnê. — Tu aimes donc les enfants, toi ?
Catherine. — Oui, monsieur, ce serait mon bonheur"
d'avoir toujours des petits enfants autour de moi !. .
Fritz, se croisant les mains sur le dos. — Tiens.... tiens. . . . tiens ! tu ne me l'avais jamais dit.
Catherine. — Je n'osais pas ! Et puis, pour vous dire la vérité. . . . puisque nous parlons de cela, monsieur.... pour vous dire la vérité.... j'espérais toujours. . . .
Fritz. — Qu'est-ce que tu espérais ?. .
go ï/AMI FRITZ
Catherine, s' enhardissant. — Je me disais : le rebbe est un homme malin, il finira par décider M Kobtis à se marier. {A mesure qu'elle parle, Fritz la regarde en ouvrant de grands yeux étonnés.) Est-ce que vous n'aimez pas les enfants, vous, monsieur? Est-ce que ça ne vous ferait pas plaisir, de vous promener avec un beau petit garçon et une belle petite fille qui sauteraient, qui babilleraient, qui vous raconteraient des histoires ?
Fritz, embarrassé '. — Si. . . si. . . je ne dis pas ! Tu n'as peut-être pas tort. . . mais ça donne bien du tracas, les enfants. ... ça fait bien du bruit dans une maison ! . .
Catherine.— Ah ! monsieur, que dites-vous là? Sans enfants une maison, la plus riche, la plus belle, est toujours triste. . . . Voyez la nôtre, où l'on entend rien du matin au soir que le bruit des horloges, eh bien ! si nous avions des enfants, ce serait comme une belle cage pleine d'oiseaux.
Fritz. Il se promené un instant les mains sur le dos et la tête penchée ; s' arrêtant tout à coup en face de Catherine.—Mais tu ne réfléchis pas à une chose, Catherine !
Catherine. — Quoi donc, monsieur?
Fritz. — Si je me mariais, comme tu me le conseilles ; c'est une supposition ; si j'amenais une femme à la maison, elle voudrait commander. ... tu ne serais plus la maîtresse ! . .
Catherine, joigna?it les mains. — Eh! mon Dieu... la maîtresse de tout faire, de tout surveiller ! Ah ! qu'il nous vienne une jeune maîtresse, bonne, laborieuse, qui me soulage de tout cela. . . je lui donnerai les clefs avec plais in