ACTE III, SCÈNE VI
Fritz, après un instant de silence. — Alors tu ne serais pas fâchée... . là .. sérieusement.
Catherine. — au contraire !.. Je suis vieille, monsieur, cela ne peut plus durer longtemps. ... Et voilà justement ce qui me tracasse. . . je me dis : — Tant que tu seras là, Catherine, tout ira ; mais si tu venais à manquer, qui est-ce qui prendrait soin de la maison ? M. Kobus ne s'est jamais occupé du ménage. ... on le volerait! Et s'il tombait malade, il n'aurait personne pour le soigner, que des étrangers ! — Au lieu que si vous aviez une bonne femme, je pourrais mourir tranquille. Ça me fait du chagrin, de penser à cela ! . . Vous n'y pensez pas, monsieur, et vous avez tort. . .
Fritz. — Si, Catherine, si, j'y pense. . . . depuis quelque temps ! {Il se promène.)
Catherine, V observant du coin de V œil. — Savez-vous ce que je ferais, monsieur, si j'étais à votre place, et si j'avais envie de me marier ?
Fritz, s' arrêtant. — Qu'est-ce que tu ferais ?
Catherine, s' approchant de F? itz. A voix basse. — Eh bien, je prendrais une brave fille, jolie, honnête, laborieuse, bonne ménagère ; je ne m'inquiéterais pas de savoir si elle a de l'argent, vous êtes assez riche pour ne pas chercher une dot ! Je la prendrais pour ses qualités, pour sa beauté, pour son bon cœur, et je serais sûr d'être heureux.
Fritz. — Tu en connais comme cela, toi?.. {Il la regarde fixement.)
Catherine. — Oui, monsieur. . et vous aussi ! {Mouventent de Fritz. La vieille rit tout bas. David paraît à droite. )
SCnNE VII.
Les Précédents, DAVID, puis CHRISTEL.
David, sur le seuil. — C'est encore moi, Kobus!. . J'arrive avec ton iermier.
Fritz, se retournant. — Christel?
David. — Oui ! Il est venu méprendre ... Je ne pouvais pas refuser de raccompagner.... tu comprends? (se retournant, à Christel, qui se trouve dehors.} Entrez, M. Kobus est ici. Entrez!.. (Christel paraît sur le seuil \ eu grand habit carré et large feutre des dimanches. Catherine sort par la, porte du jardin.)
Christel, tirant son chapeau. — Monsieur Kobus .... j'ai bien l'honneur . . . Vous êtes un peu malade, monsieur Kobus ?
Fritz. — Ça ne sera rien, père Christel. Entrez donc! (// lui tend la main.)
David, à part, prenant une prise. — Voici le moment décisif. . . . Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, n'abandonne pas ton serviteur David Sichel.
Christel, après avoir toussé et dépose son chapeau sur une chaise. — Monsieur Kobus, je viens vous voir pour une affaire sérieuse . . une affaire de famille . . qui vous regarde aussi. M. David, qui a tout arrangé, a dû vous dire ....
Fritz. — Oui . . oui ! . . vous venez me demander mon consentement, n'est-ce pas, père Christel?
Christel. — Justement, monsieur Kobus . ... Et nous espérons, ma femme et moi . . f ,