ACTE III, SCÈNE VIL
Fritz, V interrompant . — Eh bien, je refuse !
David, sautant en Pair. — Tu refuses !
Christel, étonné. — Mais, monsieur Kobus, le garçon est de bonne famille ; il est honnête, il a du bien. . c'est un très bon parti .... nous ne pouvons rien souhaiter de mieux pour notre enfant ! . .
Fritz. — Je refuse.
David et Christel. — Et pourquoi?
Fritz. — Parce que j'aime Sûzel.
David, levant son chapeau. — Ah ! loué soit l'Éternel !. . (S" approchant de Fritz, les bras êtendzis.) Tiens, il faut que je t'embrasse. {Ils s'embrassent.)
Christel, d'un air de stupéfaction. — Que me ditesvous là, monsieur Kobus ? . Vous aimez Sûzel .... vous. . . . vous ! ce n'est pas possible ! Il faut que vous me le répétiez, pour que j'ose le croire.
Fritz, d'une voix ferme. — C'est comme cela, père Christel. — J'aime Sûzel et je vous la demande en mariage. (Christel recule iï êtojinement. David tire son moîichoir et s' essuie les yeux.)
Christel, éleva?it la voix. — Mais, monsieur Kobus, réfléchissez à ce que vous êtes et à ce que nous sommes ! Réfléchissez bien, je vous en supplie, afin que vous n'ayez pas à vous repentir plus tard, et que nous n'ayons pas, nous, la douleur de penser que vous êtes malheureux par notre faute.
David, à Fritz. —Voilà un honnête homme !
Fritz. — J'ai réfléchi, père Christel ! Depuis quinze quinze jours je ne pense qu'à cela. . . . J'aime Suzel ! Si vous me la donnez, je serai le plus heureux des
hommes, et je ferai aussi mon possible pour la rendre heureuse ; si vous me la refusez, je quitterai le pays !
Catherine, entrant par la porte du jardi?i. — Père Christel, Sûzel est là... Toutes ses commissions sont faites. Je lui ai dit que vous étiez à la maison, elle demande si elle doit vous attendre.
Fritz. — Dis-lui d'entrer !
Catherine, sur la porte. — Entre, Sûzel. {Sûzel entre; en voya?it son père, le rebbe et Fritz, elle s'arrête sur le seuil. )