AMIBIASE, MALADIE GÉNÉRALE, MÉTROPOLITAINE ET COLONIALE
Depuis ces dernières années on s’habitue de plus en plus à considérer l’Amibiase comme une maladie générale, à cause des manifestations multiples polyviscérales, que provoque la pénétration de l’amibe dans l'organisme.
On peut l’appeler également maladie métropoltaine, au même titre que maladie coloniale, car on signale de nombreux cas d’amibiase contractés dans nos régions par des individus n’ayant jamais séjourné dans les pays chauds où cette maladie sévit à l’état endémique.
Les localisations viscérales de lamibiase sans dysenterie coexistente ou préexistente ont été considérées par certains auteurs comme étant la preuve d’un stade prodromique d’amibnemie.
Cette hypothèse que nous faisons nôtre, nous semble la seule plausible pour expliquer certaines localisations viscérales. [1 semble que pour lAmibiase comme pour d’autres affections parasitaires à localisation polyviscérale (spirotricose, échinoccose) on doive plutôt penser à une maladie générale d'emblée, le
passage des parasites dans la circulation générale
se faisant par la voie sanguine ou lymphatique au niveau de la muqueuse intestinale infestée. Certains auteurs comme De Lavergne ont même essayé de montrer que la dysenterie était due à la localisation secondaire des Amibes, à la paroi intestinale où elles sont ramenées par la circulation de la même façon que les bacilles d’Eberth. C’est ce qui expliquerait la résistance à la maladie en milieu endémique des sujets d’état général florissant qui peuvent en hébergeant des kystes dans leur tube digestif jouer le rôle de porteurs sains.
Le but de ce travail est d'essayer de démontrer que V'Amibiase doit être considérée comme une maladie générale sans localisation primitive absolument nécessaire sur le tube digestif et que les manifestations cliniques diverses (pleurale, cérébrale, pulmo- naire, etc...) où l'agent causal est l'Amibe hématophage sont des manifestations de la pullulation de cet agent parasitaire et de sa fixation de plano sitôt introduit dans l’organisme sur tel ou tel viscère, ou tel appareil.
Parmi toutes nos observations ce n’est pas toujours que les Amibes sont apparues dans les selles.
Souvent des examens coprologiques répétés n’ont pas permis de mettre les Amubes ou les kystes amibiens en évidence soit avant la maladie, soit au cours d’une manifestation quelconque. |
Bien mieux (cas de méningite cérébrospinale) suite d’ablation dentaire, il semble qu’on puisse démon-
* trér la stagnation des Amubes dans la bouche ct leur
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diffusion dans l’organisme à la faveur de carie dentaire. ,
Ce ne serait pas le tube digestif terminal mais la bouche qui serait la porte d’entrée dans certains cas. |
Une fois introduit, l’agent pathogène soit par voie veineuse, soit par voie lymphatique irait coloniser au hasard de l'arrêt qu’il subirait dans telle ou telle région et la localisation sur le gros intestin ne doit
pas être considérée comme fatalement primitive.
Etude clinique.
Sous les climats où très souvent la dysenterie amibienne se trouve à l’état endémique, Ôn y pense toujours, lorsqu'on a affaire à une crise dysentérique avec émission de matières sanguinolentes.
Sous nos climats on y songe beaucoup moins souvent en présence de troubles gastro-intestinaux. Cependant on devrait le faire lorsque ces troubles surviennent par poussées successives se répétant à des intervalles plus ou moins espacés et on devrait rechercher chaque fois les amibes et les protozoaires. Quelquefois on ne les rencontre pas et cependant on obtient avec l’Émétine de bons résultats, ce qui permet de penser que des protozoaires ont joué un rôle dans ces affections.
Le DT Ravaut signale des formes suraiguës qui souvent ne sont pas considérées comme relevant de l’Amibiase à cause de leur évolution et surtout
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de l'association des amibes avec d’autres parasites, le bacille de Shiga, Fleixner avec le bacille d’'Eberth et les paratyphiques. Ce sont des formes d’Amibiase qui revêtent le type septicémique, cholériforme, typhoïde. “a
On pense assez rarement à l’Amibiase dans les formes de diarrhée chronique, de troubles intestinaux rappelant l’entérocolite banale et également lorsqu'on a affaire à des constipés.
Ravaut dit avoir trouvé des Amibes ou des protozoaires chez des malades ayant quitté la France et souffrant depuis longtemps de leur tube digestif? Chez ces malades de nombreux diagnostics avaient été posés, seul l'examen des selles, les résultats de l'épreuve thérapeutique ont permis de poser le diagnostic et de faire cesser les accidents. Chez ces malades l’Amibiase peut se révéler sous des formes très spéciales. Elle peut simuler tous les grands syndromes digestifs. Le DT Charpin dans sa thèse (1921) sur l Amibiase chronique donne de nombreuses observations.
Il décrit une forme gastrique avec tout le syndrome d’un abcès de l’estomac, douleur épigastrique, anorexie vomissements, alternatives de diarrhée et de constipation. |
Les réactions coliques risques de passer inaperçues si on ne les recherche pas,c’est pour cela qu’en présence de troubles gastriques mal déterminés 1l ne faut pas négliger l'examen de tout l’abdomen car
une douleur localisée au creux épigastrique est aussi