‹ L'amiral Baudin; with mapsChapitre 8 sur 32 · ET AMPUTATION · texte numérisé non relu

ET AMPUTATION

ce Au mois de janvier 1807, je pus me rendre au désir que m^avaient exprimé le capitaine Motard et son état-major. Je passai sur la Sémillante^ laissant mon bon ami Moreau sur la Piémontaise. Au mois de février, la Sémillante^ réparée et ravitaillée, était de nouveau prête à prendre la mer. Nous entrions dans la saison de Thivernage , les indices précurseurs d'un ouragan nous conseillaient de rester au port. Tout à coup, à minuit, nous arrive l'ordre de mettre sous voiles dès le point du jour. Nous obéissons : à onze heures du soir, nous avions perdu tous nos mâts, non sans avoir couru le risque de sombrer par la violence du vent et de la mer. Une croisière ennemie était alors au vent de l'île : elle se composait du vaisseau de quatre-vingts canons le Blenheim, ancien vaisseau à trois ponts, auquel

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on avait rasé la batterie des gaillards, de la frégate neuve la Java, du brick le Harrier. Le vaisseau et la frégate coulèrent à fond avec Tamiral Troubridge, un ancien compagnon de Nelson : onze cents bornmes d'équipage périrent. Le brick seul échappa. Il en fut quitte pour la perte de sa mâture et de sa batterie jetée à la mer. Le 13 février, nous rentrâmes au Port-Louis avec des mâts de fortune : deux mois plus tard, nous repartions pour une nouvelle croisière. Noire mâture, notre gréement, notre voilure étaient entièrement neufs. 5)

Le Port-Louis, on le voit, était un port de ressources. Telle fut, au quinzième siècle, Alger la Moresque, avec ses corsaires, ses captifs et l'opulence qu'elle devait aux prises faites par ses marins. L'abattement qui, dans les mers d'Europe, s'emparait peu à peu de la marine française, était inconnu dans les mers de l'Inde : on n'y comptait, en effet, que des triomphes. Quelle confiance! Quelle ardeur! Et combien il est doux de retrouver dans ces récits intimes le feu sacré qui animait jadis les marins de Saint-Malo et de Dunkerque! Le gouvernement du général Decaen a fait, pendant quelques années, revivre à l'île de France les temps où la fortune ne savait pas encore à qui, des Anglais

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