‹ L'amiral Coligny: étude historiqueChapitre 17 sur 20 · LA GUERRE AVI PAVS-BAS · texte numérisé non relu

LA GUERRE AVI PAVS-BAS

à la légère brouille que Tambassadeur fiorentiD signale le même jour entre Catherine et son fils ()).

Celui-ci est fermement résolu : « toutes mes

» fantaisies, écrit-il le i I mai à l'évêque de Dax aon » ambassadeur à Constantinople, toutes mes fan- » taîsies sont bandées pour m'opposer à la grandeur 7> des Espagnols (2). »

Il est vrai qu'il envoie dans le même temps an duc d'Albe et à Philippe les plus belles assurances, mais qui ne rassurent personne. L'Amiral va-t-il donc triompher? En apprenant que le comte Louis a surpris Monsle24 mai, que Flesainguc s'est déclarée pour l'insurrection, il accourt à Paris, supplie le roi de lui permettre de passer aux Pays-Bas. Charles IX voudrait qu'avant tout le mariage fût conclu. Tout à coup Jeanne d'Albret meurt, le 9 juin; le 24, Catherioe se vante publiquement que jamais son fils a'autorisera l'Amiral à partir (3); et elle semble prendre à tâche de rompre l'alliance anglaise. Son incroyable lettre du 5 juin, où elle propose de marier Anjou à Marie Sluart, ne peut avoir d'autre but que d'indisposer Elisabeth.

Celle-ci n'est déjà que trop inquiète de notre influence aux Pays-Bas; elle n'a pu voir surtout, sans un dépit jaloux, l'Amiral envoyer à Fiessingue force

(1) Relations de Frmixe et Toxane, t. IIl, p. 769.

(2) Lettre citée dans l'ouvrage de M. de Noailles sur Henri III et la Pologne, 1. I, p. 8-9.

(3) Relations de France et Totcane, t. Hl, p. 785.

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soldats et capitaines français (1). Des Anglais s^y rendent en grand nombre de leur c6té, et à coup sûr du consentement tacite d'Elisabeth. (Jn membre du conseil d'Angleterre oppose au* duc d'Alençonle fils aîné de l'empereur (2) .

Lord Burghiey, Walsiogham, qui semblent tenir à l'alliance française, laissent entrevoir qu'ils mettent pour prix à leur concours la restitution de Calais; ils osent même prier l'Amiral de faire des ouvertures à ce sujet, et lui, qui sent Talliance anglaise lui écbapper, consent ou feint de consentir à leur demande, mais il ne trouve pas, leur mande-t-il bientôt, ([ que les choses y soient disposées de la part de > Leurs Majestés (3). »

Dans le même temps, Elisabeth répondait aux avances que lui avait faites le duc d'Albe après la prise de Mons. Si, à défaut de Calais, elle pouvait avoir Flessingue... I Pour la grande reine protestante, tout est là désormais. Avec le même machiavélisme qu'elle a déployé dans l'affaire du Havre, elle déclare hypocritement à l'ambassadeur espagnol que, tous les jours, des envoyés de Flessingue viennent lui proposer de remettre la ville entre ses mains. Elle consentirait à la recevoir, mais avec

(0 MS8. 17463, f. 30.

(S) Lamothe-Frnelon, l. V, dépiche àa 2S juillet t579. (3) Mém. de Nevers. D^pïdies de Barleigh et de Wilalo^nt, dn 5 e* du 18 Juillet IS7S.

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INTIIIGirBS d'êusabeth. 187

l'assentiment et pour le plus grand service du roi catholique (1).

Au commencement d'août, le bruit de c«s négociations d'Albe avec Elisabeth circule à la cour de France. Quelle arme pour Catherine, surtout après la dé&ite de Genlis! L'historien anglais Fronde n'hésite pas à déclarer que cette duplicité d'Elisabeth fut ce qui contribpa le plus à ruiner les grands projets des huguenots français sur les Pays-Bas (2). Nous croyons toutefois, et contrairement à Froude, que Catherine en fut plus réjouie qu^attristée, car cette perfidie servait les vues secrètes de sa politique étroite et mesquine. Toute guerre étrangère lui faisait peur, et non moins peur la guerre civile; mais elle semblait croire que le mariage du Béarnais sufilrait à tout concilier.

Plus intelligent des dangers intérieurs, plus soucieux de la grandeur et de la gloire de la France, TAmiral ne peut rien comprendre à cette politique

(I) <• ... DeGuaras may hlmself relaie wbat followed : ■Shelold me,

> be nrole, that emissaries nere coming every daj trom Flnshiag to " her, proposing to place Ihe lown in her hands. If it vu for tbe ser-

> vice of hie H^jesly, and îf hU Uajesty approved, she aaid that she » would accept tbeiroffer... ■>

Fraude, t. X, p. 382..., juillet I5T3.

(3) - As sooD, Uierefora, as it wai discovercd that Elisabeth va»... - treating secretly wilb Atva to make her own advantage ont of Ihe » crisis, Ihe Queen-Hothers resointion gave uray or rather, tor resola- ■ tton is not a word lo be thrown airay npon Calb. de Hedicl, Bhe saw » tliat war nas too dan^rou ^ to bn ventured. •

Froad«, t. X, p. 394,

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insensée, imprévoyante. Il se contient pourtant jusqu'au bout. II suivra la reine-mère jusqu'où il peut la suivre sans danger pour le salut du royaume. Au lieu du trône d'Angleterre, elle rêve maintenant pour Anjou le trône de Pologne. Il sera heureux de donner les mains à la négociation de Moulue (1). Catherine, au Heu d'Anjou, propose Alençon à Elisabeth ; il fait à Tambassadepr d'Angleterre le plus grand éloge d'Alençon et les plus louables efforts pour assurer le succès de cette combinaison nouvelle (2). Tout cela ne lui conciliera pas la reinemère, qui ne veut de la guerre avec l'Espagne à aucun prix.

Au commencement de juillet, les chances s'étaient pourtant offertes bien favorables. Tandis que le comte Louis retient devant Mons une bonne part des forces espagnoles, le prince d'Orange, pour se mettre en mouvement avec ses reitres et ses lansquenets, n'attend plus que la diversion promise de la France. Genlis, dépêché par le comte, est venu avertir l'Amiral. Douze mille arquebusiers et trois mille chevaux sont prêts, n'attendant qu'un signe de leur chef. Mais ils n'ont connance que dans Coligny, et Coligny ne peut partir encore : le roi remet toujours après les noces. Or, si le roi de Navarre est arrivé enfin, la dispense de Rome n'est

(0 Metertn, f. 81.

(î) ATAn. de Ncvers. Dépêche de Walsingham à Burieigb, da 13 juU* lel I5T3.

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