Archives nationales, X*« 1394 p«« III f
Fait chevalier de Tordre, le !•' janvier 1767, d'Estaing avait passé, tantôt à Paris ou à la cour, tantôt dans ses terres, les six années qui suivirent son retour de Saint-Domingue, lorsque, en 1772, il se vit nommé inspecteur et commandant de la marine à Brest S en même temps que gouverneur de la ville et du château*. Sa fermeté le désignait comme particulièrement apte à remplir ces fonctions, habituellement distinctes. Inspecteur de la marine, il avait à exercer sur les dépenses de la flotte un rigoureux contrôle, tout en donnant aux armements une vigoureuse impulsion; gouverneur, il lui incombait de mettre en pratique les récentes ordonnances relatives à la réorganisation des troupes de la marine.
« Sa Majesté continue à penser, lisons-nous dans les instructions remises à d'Estaing, qu'une surveillance habituelle sur toutes les parties d'achats et de consommations journalières, de laquelle doit résulter la plus grande économie, est le meilleur emploi possible des fonds que Sa Majesté destine à l'entretien de sa marine. » Ces instructions lui prescrivaient ensuite d'obtenir « la construction la plus parfaite des vaisseaux et autres bâtiments de mer », de façon à assurer « leur conservation et conséquemment leur plus grande durée », d'apporter « un meilleur ordre dans la distribution et dans l'arrangement de tous les effets néces-
1. Le Roi À d'Estaing, 18 août 1772. — Archives de la Marine, C^ 101.