Ibid. pp. 23 et
sîons et, désireux d'affaiblir la puissance de l'Angleterre, € allait être insensiblement entraîné par cette opinion libérale qui se déclarait avec tant de vivacité. Il laissait donner par la marine marchande des secours en armes, en munitions, en argent aux insurgens. Il laissait Beaumarchais faire ses envois de fusils, et, quand l'ambassadeur d'Angleterre se plaignait à notre cour, elle niait les faits, ordonnait le déchargement des objets de contrebande et chassait de ses ports les corsaires américains. Notre gouvernement s'aveuglait au point de croire que ses démarches secrètes ne seraient pas aperçues. Les voiles, dont il se couvrait, devenaient de jour en jour plus transparents* ». Bientôt, cédant aux instances des envoyés américains, il se disposera à déchirer ces voiles et armera dans le port de Toulon une escadre, dont le commandement sera confié au comte d'Estaing.
Le 14 mars 1778, Louis XVI fit signifier à l'Angleterre qu'il venait de conclure un traité d'amitié et de commerce avec les Etats-Unis *, signification qui pouvait équivaloir h une déclaration de guerre. Quelques jours plus tard, d'Estaing arrivait en Provence pour y hâter l'armement de son escadre et pour veiller à certains aménagements qui devaient rester entourés du plus grand mystère, sous peine de divulguer aussitôt l'entreprise à laquelle la flotte était réservée.