Poar la composition de cette escadre, voir appendice X
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reconnaître que cette confiance était loin d'être mal placée *. »
Parmi eux en effet nous trouvons Bougainville *, à qui d'Estaing venait de faire obtenir le commandement du Guerrier j et le chevalier de Borda*, amené par lui de Bregt et désigné pour remplir les fonctions de major de l'armée navale. On comprend que d'Estaing dut alors tenir à avoir sous la main certains officiers particulièrement connus de lui et liés à leur chef par l'affection ou la reconnaissance, quand on songe à la nouveauté de l'entreprise dont il se voyait chargé.
« Considérée au point de vue de l'histoire proprement maritime, ainsi que le fait judicieusement remar- / quer M. Lacour-Gayet, la décision qui venait d'être prise par le gouvernement de Louis XVI marquait une date capitale de notre stratégie navale. Jusqu'alors, même avec des hommes de mer de la trempe d'un Du Quesne ou d'un Tourville, la marine française avait toujours été un peu esclave des côtes. Elle n'avait guère eu d'autre champ de manœuvre que la Méditerranée, le golfe de Gascogne, la Manche. Quant aux flottes, qui avaient quitté la France à destination du Canada, des Antilles ou des Indes, elles avaient eu au moins autant
1. G. LacouT-Gayet : La pieille France et la jeune Amérique; dans la Revue des Deux Mondes du 1*' janvier 1905.
2. Louis- Antoine de Bougainville, né en 1729, d'abord aide de camp de Chevert, puis compagnon de Montcalm au Canada, était colonel dans Tarmée de terre lorsqu'il passa dans la Marine vers 1763. U venait, le premier parmi les Français, d'effectuer un voyage de décon* verte autour du monde quand d'Estaing le prit sous ses ordres. Chef d'escadre en 1780, Bougainville se retira du service en 1790. Sénateur sous Tempire, il mourut en 1811.
3. Jean-Charles de Borda, né à Dax en 1733, se distingua par d'importants travaux relatifs à Fart nautique et remplit avec talent dÎTerseï missions scientifiques. Il mourut à Paris en 1799.
le caractère de convois de commerce que le caractère d'escadres de guerre ; loin de venir pour attaquer, elles étaient venues pour escorter et pour défendre. A présent c'était l'offensive la plus audacieuse, la grande guerre maritime, avec une entière liberté de mouvements, que d'Estaing avait mission d'exécuter*. » ^^ Ainsi, nul parmi les officiers ne prévoyait sans doute vers quels rivages lointains ils étaient conduits, tandis que la flotte s'avançait péniblement à travers la Méditerranée. Elle mit plus d'un mois pour atteindre le détroi* de Gibraltar qu'elle passa sans encombre. « J'ai l'honneur de vous rendre compte, mande d'Estaing à Sartine, qu'après trente-trois jours d'une navigation aussi lente que pénible, l'escadre de Sa Majesté a passé le détroit de Gibraltar avant-hier 16 mai... Une frégate qui croisait par le travers du mont Gibraltar et du mont Aux-Singes a brassé en panne dès qu'elle nous a vus. Elle a fait ensuite servir et remettre le vent sur ses voiles plusieurs fois. Comme elle a attendu fort tard à virer le pavillon anglais, j'ai trouvé dans ce retard et dans sa manœuvre un air de dédain qui m'a décidé à ne lui point faire voir le pavillon de Sa Majesté. Elle a, peu de temps après, amené son pavillon et, ayant couru toutes voiles dehors devant l'entrée de la rade de Gibraltar, elle s'est remise encore une fois en panne, d'où elle nous a tranquillement et commodément vu défiler sur trois colonnes ^. :»
En même temps qu'il annonce à Sartine cette satis-