Archives de la Marine, B« 141 f
l'île Gonanicut, Tamiral résolut d'employer la matinée du 9 à mettre à terre les troupes de débarquement.
Outre les mille fantassins des régiments de Foix et de Ilainaut, ces troupes devaient se composer de quatre bataillons, formés de deux mille marins prélevés sur les équipages et c armés de fusils de bord, au bout desquels on avait adapté en guise de baïonnettes des lames de sabres^ >. D'Estaing projetait d'employer l'après-midi à instruire d'une façon sommaire ces fusiliers improvisés, c Mettre à terre et ensemble, observet-il, des troupes qui n'y avaient pas encore été, ne le faire qu'à la veille du jour où l'on devait attaquer l'infanterie anglaise et hessoise bien formée, retranchée, et qui faisait la guerre depuis longtemps, était indispensable. Il fallait au moins montrer aux matelots, destinés à débarquer, les soldats qu'ils devaient suivre*. >
Déjà les marins commençaient à débarquer dana l'tle de Gonanicut lorsque d'Estaing apprit que Sullivan, avec deux mille hommes seulement, se trouvait menacé par un parti ennemi qui, dans la nuit, avait évacué le nord de Rhode Island. Il ne pouvait plus être question d'aller évoluer sur un terrain de manœuvre,' il fallait se porter en hâte au secours des Américains. D'Estaing s'apprêtait à le faire, quand un événement plus fâcheux encore bouleversa tous ses projets.
Sous les feux du soleil qui venait enfin de dissiper la brume, une flotte nombreuse apparaissait soudain,
1. H. Doniol : Bûtoire de la participation de la France â tétahliue'ment des Étaiê'Unis d^ Amérique, t. III, p. 141.