‹ L'amiral d'EstaingChapitre 112 sur 252 · ArchiTOB de la Marine, B« 141 f · texte numérisé non relu

ArchiTOB de la Marine, B« 141 f

courant bord sur bord, à l'entrée de la baie, tandis que, se retirant devant elle, le Protecteur et la Provence cherchaient un refuge dans le chenal de l'ouest. Cette flotte était celle de Howe que l'on croyait « toujours à New- York, affamée * > et qui se disposait à exécuter contre notre escadre cela même que nous avions dû renoncer à tenter contre elle devant Sandy Hook.

D'Estaing sentit aussitôt la gravité de la situation. Sur les trente-six voiles qu'il avait devant soi il reconnaissait au moins quatorze grands vaisseaux, dont l'arrivée imminente de Byron menaçait de doubler le nombre. Par suite, il ne pouvait songer à rester sur ses ancres et à se laisser attaquer dans une impasse. Il le devait d'autant moins qu'il se trouvait là entre deux terres : l'une ennemie et bien défendue, l'autre sur laquelle, faute de pouvoir l'occuper en force, il devenait, imprudent de chercher à s'appuyer-.

Avec autant de promptitude dans la décision qu'il allait apporter d'énergie dans l'exécution de son plan, d'Estaing, comprenant que €le combat le plus désavantageux l'était moins que son mouillage ' > , résolut de sortir coûte que coûte de la baie et prit tout d'abord le parti de s'embosser. Dès lors tous les vaisseaux se trouvaient réunis sous sa main à l'exception de la Provence immobilisée dans le chenal de l'ouest par le fait de son trop grand tirant d'eau.

Le lendemain dans la matinée, l'amiral donna l'ordre découper les câbles, et l'escadre, favorisée en sa marche rétrograde par un faible vent du nord, força de nouveau

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