‹ L'amiral d'EstaingChapitre 115 sur 252 · Jbid., p · texte numérisé non relu

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soldats français. En voulant apaiser une de ces querelles, deux officiers, Pléville* et Saint-Sauveur*, furent blessés, ce dernier si grièvement qu'il succomba huit jours plus tard.

Le souci de la vérité nous oblige à reconnaître qu'en certaines occasions les torts ne se trouvaient point tous du côté des habitants. D'Estaing crut donc devoir laisser à la justice ordinaire le soin de juger quelques-uns de ses soldats arrêtés par la police locale. Il savait « que les réclamations, accompagnées de violences, de la part des officiers anglais, avaient été un des griefs de l'Amérique > contre ses anciens maîtres, dont il voulait se garder de suivre l'exemple. Bien lui en prit d'ailleurs, car les soldats incriminés, € quoique ils se fussent très vengés par eux-mêmes >, furent déclarés innocents '. Des procédés aussi courtois et peut-être plus encore l'intention attribuée à Byron, qui venait de prendre le commandement de toutes les forces navales anglaises ^, d'attaquer prochainement Boston,, finirent par calmer complètement les esprits. Le 25 septembre, le conseil de cette ville offrait à l'amiral et aux officiers de l'escadre un banquet, où soixante-dix convives s'attablèrent et où régna € la plus grande gaieté > .

1. Georges-René-PléTille Le PeUey (1726-1805) né à GranTillc, s'était échappé du collège pour s'enrôler dans l'équipage d'un bâtiment pécheur de morue. Reçu comme lieutenant à bord d'un corsaire et passé ensuite dans la marine royale, Pléyille avait eu, en 1746, une jambe emportée par un boulet, mais ne s'était point pour cela -retiré du ser- ▼ice. Deyenu par la suite officier général, Pléville fut sous le Directoire ministre de la Marine et sénateur sous le Consulat.

2. H. de Saint-Sauveur, lieutenant de vaisseau et chambellan du Comte d'Artois, était premier aide-major de Tescadre.

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