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ArchÎTcs historiques de la Guerre, supplémentaires, 47 B

2. Vicomte de NoaiUes : Marin» et êoldats françtUt en Amérique^ p. 67.

qui, emportés par la violence des courants, se retrouvèrent le surlendemain en vue de la Martinique.

N'osant passer une seconde fois sous le vent de Sainte-Lucie, du Rumain prit alors le parti de donner, au nord, dans le canal de la Dominique, pour tâcher de remonter au vent des îles. Contrarié encore dans cette navigation, il parvint pourtant à mouiller sa petite escadre, le 15 au soir, par le travers de la pointe de Sainte-Lucie, à l'extrémité méridionale de cette île. Durant la nuit, La Roque-Percin fut détaché avec sa goélette Marie-Christine c pour aller débarquer au Grand-Sable de Saint-Vincent où les Caraïbes l^attendaient > et du Rumain jetait l'ancre, au matin, c dans la baie de Young Island, entre Caliaqua et Eingstown >•

Aussitôt, pour couvrir le débarquement, du Rumain et CanongeS qui commande sous lui les troupes, se jettent à terre, suivis de quelques hommes du régiment de Champagne, de quelques volontaires des Antilles et des soldats de marine du Lively. A peine descendus, ils occupent la poste de Caliaqua sans y trouver de résistance et s'établissent sur la hauteur voisine, qui domine le chemin de Kingstown.

Lorsque toutes les troupes, successivement débarquées, se trouvèrent réunies sur cette hauteur, du Rumain dirigea sa colonne vers le chef-lieu de l'île. Durant la halte de midi, Canonge, s'étant porté en reconnaissance, ramena un officier anglais se disant chargé par le gouverneur de rechercher < ce qu'on venait faire dans son île >. Après avoir expédié cet

1. L« chevalier de Canonge était capitaine au régiment de la Reine. Il se troavaità Saint-Domingue» ayant été chargé d'7 mener des recrues.

Anglais à la queue de la colonne, pour y être gardé à vue, du Rumain se remettant en marche parvint sans encombre jusqu'au morne Hartley d'où il pouvait découvrir € la ville de Kingstown et les ennemis qui étaient dans le fort au nombre de soixante ou quatre-vingts. >

Aussitôt le gros des troupes, promptement formées en bataille, descend du morne et se dirige vers le fort. En même temps du Rumain se détache un de ses officiers, M. de Taillart, avec quelques hommes pour déloger Tennemi d'un monticule voisin. Alors apparaissent, couronnant les hauteurs, six cents Caraïbes, qui bientôt en dévalent, c jetant des grands cris à leur manière >, et sèment l'effroi sur leur passage. Le gouverneur de l'ile, sir Valentine Morris *, comprend que toute défense devient inutile et se décide à capituler. Ganonge, c qui a pris les devants pour aller soutenir » Taillart et s'est ainsi avancé jusqu'à la crête du morne dont cet officier vient de s'emparer, trouve auprès de lui un parlementaire chargé des propositions du gouverneur. Du Rumain, les ayant, en principe, acceptées et confiant à Ganonge le soin de régler avec sir Valentine les détails de la capitulation, ramena ses troupes sur la solide position qu'offrait le morne Hartley. En même temps il faisait occuper la batterie établie à l'est de la baie d'Ouassigni, où il donnait ordre à sa flotte de mouiller.

Tandis que du Rumain, ses dispositions ainsi prises, attendait en toute sécurité le retour de Ganonge, il aperçut au loin, se dirigeant vers cette baie, deux bâtiments c dont l'un paraissait d'une certaine grandeur >.

1. Sir Valentine Morris, capitaine génércJ et goayernear de l'Ile Saint- Vincent, était ▼ice-amirfiJ.

Aussitôt le jeune officier, « craignant que ce ne fût un secours pour l'île », court au bord de la mer, se jette dans une pirogue et gagne sa frégate qui déjà se dispose à appareiller. Gomme ces bâtiments ennemis semblent, à leur attitude, ignorer la présence des Français à Saint-Vincent, du Humain les laisse tranquillement approcher jusqu'à ce que l'un d'eux se trouve pris entre la frégate et la terre. Quelques coups de canon décident alors l'Anglais à amener. Pendant que VEllis prend soin de l'amariner, du Rumain vole vers l'autre vaisseau, dont il s'empare sans plus de difficulté.

Le lendemain, en rentrant au camp, du Rumain apprit la signature de la capitulation, dont pourtant certaines clauses transgressaient ses instructions. Néanmoins il ne jugea point à propos de l'annuler, exigeant € seulement qu'on mit des restrictions à quelques-uns de ces articles qui paraissent intéresser la défense de l'Ile ». En effet, déjà les postes étaient livrés à nos troupes. Déjà le drapeau du Roi flottait sur le fort.

La Roque-Percin « n'arriva à Kingstovsrn que dans la nuit du 17 au 18 > juin. Après s'être séparé de la flotte, il avait eu à subir la chasse de plusieurs vaisseaux anglais, parmi lesquels figuraient ceux que du Rumain allait bientôt capturer. Cette fâcheuse rencontre l'avait empêché de débarquer au Grand-Sable et contraint de se jeter à la côte pour échapper à l'ennemi. A la tête de ses volontaires La Roque-Percin, s'était porté dès le lendemain sur le fort de Golonery, c garni de seize pierriers et gardé par vingt-six hommes », ouvrage qu'il enleva d'assaut en y « montant par la gorge ». Puis, avant de gagner Kingstown, il voulut passer

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