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par Galiaqua pour contenir les GaralbeSi qui commençaient à y commettre des désordres.
Cette marche rapide et hardie, couronnée d'un si brillant succès, faisait à La Roque-Percin le plus grand honneur et semblait lui donner droit à quelque repos. Cependant, à peine arrivé, il repart et se rend à Layou, d'où il rapporte un drapeau du régiment Northern.
Quelques jours plus tard, du Humain rentrait à la Martinique, ramenant soixante-dix matelots et soixante soldats anglais, les autres prisonniers devant être conduits à Antigue pour s'y voir échangés.
A Saint-Vincent, les troupes françaises se montrèrent animées, non seulement de leur habituel courage, mais aussi d'un remarquable esprit de discipline. Quelques grenadiers de Viennois occupés à fouiller une maison, ayant ouvert un buffet où ils comptaient trouver du rhum, n'y découvrirent que de l'argenterie. Sans en enlever aucune pièce, ils refermèrent les tiroirs de ce meuble et demandèrent qu'on voulût bien leur donner de l'eau pour étancher leur soif *.
En rendant compte à Sartine de cette expédition, d'Estaing demande, pour celui qui l'a si habilement conduite, le grade de capitaine de vaisseau, c M. du Rumain, écrit l'amiral, a montré de quoi il était capable à la prise des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy. Celle de Saint-Vincent, d'une importance infiniment différente, lui donnera, à ce que j'espère, à vos yeux, des droits sur les grâces du Roi, et le fera paraître susceptible de cet avancement. 11 sera un
1. D'Estaing au Ministre, 22 juin 1779. — Archives de la Marine, B* 163 (^ 358.
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Duguay-Trouin, surtout si vous lui confiez de bonne heure le commandement d'un vaisseau. >
La Roque-Percin et Ganonge ne sont pas oubliés : pour La Roque-Percin, qui commandait depi|is longtemps comme major les volontaires de son nom, Tamiral réclame le grade de lieutenant-colonel et pour Ganonge, ancien officier au régiment de la Reine qui a formé les volontaires des Antilles, le grade de major ^
D'Estaing ne croyait pas que Saint- Vincent pût demeurer longtemps possession française, mais il pensait que sa conquête servirait prochainement d'échange contre Sainte-Lucie. Aussi voulut-il donner à Saint- Vincent une organisation militaire indépendante, de façon à en mieux assurer la défense tout en rattachant cette île, pour le civil, au gouvernement général de la Martinique. L'amiral envoya donc à Kingstown, avec le titre de gouverneur, un colonel d'infanterie, M. du Montet lieutenant du Roi à Fort-de-France, et lui adjoignit comme commandant en second le chevalier de La Roque-Percin.
Là encore Bouille voit matière à critique, y trouvant une dérogation flagrante aux précédents administratifs. € Je dois vous observer, écrit-il à Sartine, qu'il est contre toute règle et contre tout principe que l'île de Saint- Vincent soit indépendante, quant au militaire seulement, de la Martinique, dont elle dépend quant au civil et à l'administration relative à l'intendant. G'est ainsi que l'a établi M. le comte d'Estaing. Je ne me suis pas permis de lui faire aucune observation à cet
1. D'Bstaing à Sartine, 29 juin 1779. — ArchÎTesde la Marine, B* 142 ^70.
égard, me les étant toutes interdites. Je me suis réservé seulement de vous les faire ^ >
Mais d'Estaing a prévu le coup. Après avoir exposé à Sartine les motifs qui le déterminaient à pourvoir Saint-Vincent d'un gouverneur général et à choisir pour ces fonctions du Montet, l'amiral poursuivait : € Le gouverneur anglais qu'il remplace avait les mêmes droits et le même titre. Mais il faut que je vous assure, quoique avec la plus grande peine, qu'il est indispensable pour le service de Sa Majesté que cette île soit totalement indépendante de M. le marquis de Bouille. > Cette fois d'Estaîng va laisser libre cours au mécontentement que lui cause l'attitude de Bouille, c Les propos tenus à moi-même par cet officier général : qu'il annulerait tout ce que j'aurais fait, l'instant d'après mon départ, ne sont pas la cause de cette triste demande. La vivacité l'emportait, elle dictait cette menace, et les formes, surtout avec moi, ne font rien aux choses. Mais de mauvais conseils ont été suivis trop longtemps. Us le seraient encore. C'est un plan de conduite décidé sur lequel je ne réfléchis enfin que pour les intérêts du Roi ; ils me contraignent à vous parler aussi positivement que je le fais. > Et comme conclusion, d'Estaing ajoute : c Je désirerais d'ailleurs que M. le marquis de Bouille fût comblé des grâces de Sa Majesté. Je les solliciterais s'il en avait besoin. J'aurais une joie sincère de lui voir porter la première des décorations, et de le savoir nommé en France à des gouvernements et aux postes les plus agréables; mais d'après les questions que vous m'avez faites sur son
1. BoaiUé au Ministre, 24 juin 1779 ^ Archiyeg de la Marine, C^ iOl.
compte et auxquelles j'ai été longtemps sans répondre, il faut que je vous dise ce que je crois : M. le marquis de Ghilleau et M. le vicomte de Dauras ^ sont infiniment plus capables d'être chefs d'une colonie que M. le marquis de Bouille, soit pour la partie militaire, soit pour celle de l'administration '. »
En taxant ainsi Bouille d'incapacité militaire, d'Estaing oubliait les réels services que le gouverneur général avait rendus. Entre ces deux hommes, l'un admirablement dressé par son vouloir à s'approprier aux circonstances, non moins habile à les utiliser, et toujours guidé par la pensée du but à atteindre, l'autre d'un noble caractère, mais méthodiquement soumis à la conception étroite qu'il se faisait du devoir, la diversité apparaissait trop marquée pour qu'ils pussent marcher côte à côte par les mêmes chemins. Les circonstances allaient fort à propos séparer bientôt d'Estaing et Bouille.
La flotte, depuis si longtemps annoncée par la cour et si impatiemment attendue, arriva enfin à la Martinique le 17 juin. Elle se composait de cinq vaisseaux de ligne, trois frégates et deux flûtes, convoyant quarante-cinq transports ou navires marchands. La Motte- Piquet, chef d'escadre, commandait cette flotte sur laquelle se trouvaient embarqués le régiment irlandais de Dillon et la première légion de Lauzun.