Lescure : Correspondance tecrête, t. I, p
considérable des prises opérées sur r^nnemiS € les revers avaient contrebalancé les succès* >, d'Estaing ne mit aucune hâte à partir pour Versailles. Il ne quitta Brest que le 11 décembre, salué froidement par les officiers de marine, mais acclamé parle peuple', et, voyageant à petites journées, arriva le 19 au château de Pontchartrain, où Maurepas l'attendait.
Le Roi avait ordonné qu'on Favertît, partout où il serait, du retour de l'amiral *. Louis XVI en effet se montrait préoccupé de l'échec de ses troupes devant Savannah, échec qu'il craignait de nature à atténuer grandement le succès de nos armes à la Grenade.
€ Nous attendons M. d'Estaing, qui est à Brest depuis huit jours, écrivait Marie-Antoinette à sa mère, l'impératrice Marie-Thérèse. Les vents avaient séparé sa flotte. Son vaisseau est arrivé presque seul ; mais depuis on a eu des nouvelles des autres. Il y en a déjà huit de rentrés. On espère que les trois autres, qui sont encore en mer, ne tarderont pas. Il faut entendre M. d'Estaing et même les principaux officiers de son armée avant de juger de ses succès ^. >
Et Mercy doit bien être le fidèle interprète du sentiment de la Reine, quand il mande à Kaunitz : c Ce ne sera qu'à l'arrivée de M. d'Estaing qu'il y aura moyen d'éclaircir les faits relatifs à la longue campagne dont
1. Les prises s'éleyaient au chiffre de cent neuf bAtiments. Voir appendice XIII.
3. Vicomte de Noailles : Marine et soldats français en Amérique^ p. 104.