‹ L'amiral d'EstaingChapitre 144 sur 252 · Journal de d'Estaing ; voyage en Espagne · texte numérisé non relu

Journal de d'Estaing ; voyage en Espagne

3. Charles III (1716-1788), fils du roi d'Espagne Philippe V et d*ElisabeUi Farnèse, gouvernait depuis vingt-huit ans, sous le nom de Charles Vil, le royaume des Deox-Siciles, lorsque, en 1759, la mort de iOQ frère Ferdinand VI lui conféra la couronne d'Espagne. Après AToir conclu avec Louis XV le pacte de famille, il s'était joint à la France contre l'Angleterre dans la guerre de 1762 et perdit ainsi la Floride que le traité de 1783 allait lui rendre. Sous la sage administration de Charles III, l'Espagne vit prospérer à la fois le commerce et les arts .

D'Estaing allait y trouver le plus bienveillant accueil. € La figure étrange avec laquelle je débute à Sainl- Ildefonse, marque-t-il, eut fait rire à Paris. L'état souffrant, dans lequel j'arrive à la cour d'Espagne, paraît ne m'y faire recevoir qu'avec plus de bonté*. >

Le lendemain, après avoir présenté ses lettres au roi d'Espagne, il écrit àSartine : c Les bontés, que ce prince et que la famille royale ont daigné me marquer, sont la suite infiniment flatteuse d'une commission aussi honorable. Être dans le cas heureux de rendre compte de cette preuve de plus de l'union, qui règne entre les deux cours, est un bonheur inestimable à mes yeux. Tous les sentiments d'admiration, de très profond respect et de satisfaction, dont j'ai été personnellement pénétré, en retrouvant dans le sang de nos augustes maîtres ce qui les caractérise si bien, peuvent être plutôt sentis qu'exprimés. Chaque mot, sorti de la bouche de Sa Majesté Catholique, m'a dépeint le vif intérêt que ce monarque prend à ce qui regarde le Roi et la cause commune. » Et rencontrant chez les hommes publics chargés des principales fonctions du gouvernement autant de cordialité que Charles III lui a témoigné de bienveillance, d'Estaing ajoute : c J'ai remarqué, en rendant des devoirs à ses différents ministres, une unanimité qui m'a semblé annoncer celle de leurs intentions*. »

L'amiral commence dès lors à prendre espoir de mener à bien sa mission, que vient compliquer une tâche particulièrement délicate, celle de prendre assez

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