Journal de d'Estuing ; voyage en Espagne
2. D'Estaing u Sartine, 3 août i780. ~ ArcMves de la Marine, B* i71 f»89.
d'ascendant sur le Roi pour amener ce souverain h abandonner le blocus de Gibraltar, dont les opérations, malencontreusement commencées, risquent d'immobiliser devant cette imprenable forteresse la majeure partie des forces navales de l'Espagne. En même temps, il devra éviter avec le plus grand soin de froisser le comte de Montmorin, représentant officiel de la France, et, pour cela, laisser entendre qu'il ne se substitue pas à ce diplomate. € Je n'agis que subordonnément à cet ambassadeur, note-t-il. Je le fais sans peine quoique j'aie été employé en Angleterre sous M. de Mirepoix il y a vingt-cinq ans * et que je sois, par conséquent, entré beaucoup plus tôt que M. de Montmorin dans la carrière politique *. >
D'Estaing séjourna pendant six semaines à la Granja, d'où il ne voulut point partir pour Cadix sans emporter la promesse qu'une flotte espagnole serait jointe à l'escadre française, dont il allait prendre le commandement. Cette promesse obtenue, l'amiral se mit en route le 18 septembre ; mais < les relais envoyés d'avance et l'emploi de tous les moyens les plus dispendieux ne produisirent qu'une diligence très médiocre >. Il n'arriva à Port-Sainte-Marie, port situé au fond de la rade de Cadix, que le 26 dans la nuit. Aussitôt il s'installe sur le Glorieux^ et malgré les sollicitations du consul de France, M. de Mongelas, qui lui oiïre l'hospitalité,