‹ L'amiral d'EstaingChapitre 149 sur 252 · Lescure : Correspondance secrète^ t. I, p · texte numérisé non relu

Lescure : Correspondance secrète^ t. I, p

2. José Solano y Bote, marquis del Socorro, lieutenant^géliéral, assista par la snite au combat de Saint- Vincent en 1796. Il coopéra à la restauration de TArmada.

3. Vicomte de Noailles : Marin et ioldati françaiê en Amérique^ p. 274.

celle allrislanle nouvelle le porta, au conlraire, à agir plus vigoureusemenl aux îles. Mais toule nouvelle tentative contre la Jamaïque ne devenait praticable que si TEspagne consentait à y consacrer un nombre considérable de ses vaisseaux, et pour cela il fallait amener Charles III à lever le blocus de Gibraltar, qui déjà n'avait que trop duré. Pressé par notre ambassadeur, le Roi Catholique finit par comprendre le grave préjudice que son obstination portait à la cause commune. Cependant il ne voulait point renoncer à son irréalisable espoir sans hasarder contre la place une dernière attaque.

La France entretenait alors en Espagne quelques bâtiments de guerre, rassemblés dans le port de Cadix, et un détachement de troupes, qui, aux ordres du baron de Falkenhayn *, était incorporé à l'armée espagnole du duc de Crillon*. Aussitôt qu'on eut connaissance, à Versailles, de la promesse faite par Charles III au comte de Montmorin, d'autres vaisseaux furent envoyés de Brest et de Toulon à Cadix pour y constituer, avec les forces qui se trouvaient déjà dans la péninsule, le corps expéditionnaire destiné à opérer aux Antilles. Le commandement de ce corps fut offert à d'Estaing, au grand contentement de la masse populaire, qui n'avait point cessé de s'occuper de lui et ne pénétrait point le véri-

1.- Charles, baron de Falkeiibayn, né ù Strasbourg en 1724, a^ait été successivement major, puis lieutenant-colonel de Royal-Pologne, lieutenant-colonel de Nassau, et colonel de Rojal-Bayière. Promu brigadier en 1762, il était marécbal de camp deguis l'année 1770.

2. Louis, duc de Criilon-Mahon, né en 1718, s'étoit distingué dans l'armée française pendant la guerre de Sept Ans. Plus tard, se croyant victime d'un passe-droit, Grillon avait quitté le service de France pour celui d'Espagne et avait, en 1780, enlevé Minorque aux Anglais. H mourut à Madrid en 17%.

table motif de l'espèce de disgrâce où il paraissait tombé. En effet, le Roi avait été offensé de la chaleur que les amis de Necker, disgracié à la suite de sa publication du Compte rendu des finances*, avaient mise à provoquer son rappel, et, comme le comte d'Estaing s'était fait, avec le Duc de Chartres, Tun des principaux agents de cette cabale, Louis XVI leur témoignait depuis lors une certaine froideur*,

A Paris, où le vœu général semblait être pour une autre campagne, on comptait que la guerre ne se terminerait point sans que l'amiral « n'eût rendu au pavillon français son premier éclat' >, et les chansons, même les moins belliqueuses, reflétaient cet état des esprits.

Homère a consacré ses vers

A la valeur d'Achille ; On parle dans tout Tunivers

Du héros de Virgile ; De Bourbon les rares vertus

Ont inspiré Voltaire.

Amis, pour Thonneur de Bacchus, Chantons le verre.

Que d'Ëstaing au char de son Roi

Enchaîne la victoire, Qu'à l'Anglais il fasse la loi,

Qu'il se couvre de gloire :

Pour moi, je n'ai point d'ennemis,

Et, si je fais la guerre, C'est à table, avec mes amis, A coups de verre.

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