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CHAPITRE II

I. — Lenteurs de la traversée (1757). — L'escadre touche à Ttle

Bourbon (1758).

IL — D'Aché bloque Gondelour ; arrivée de Lally à Pondichéry. —

Prise de Gondelour. — Siège du fort Saint-David. — Expédition

de Divicotta.

m. — Lally rentre triomphalement k Pondichéry. 11 rappelle

Bussj du Dékan. — Expédition de Tanjaour, — Marche sur

Karikal et retraite sur Pondichéry.

IV. — Occupation du Carnate. — Bussy rejoint Tarmée, — Lally se replie sur Pondichéry.

V. — Expédition de Madras. — Prise de la ville Noire ; d'Estaing est fait prisonnier (1758).

Alors qu'il eût fallu se hâter pour devancer dans rinde les escadres anglaises, d'Aché conduisit la sienne avec une désespérante lenteur. Brave au feu, mais timide devant les responsabilités et de nâédiocre intelligence, il ne semble avoir eu qu'un souci : celui d'arriver à Pondichéry sans encombre, dût-il pour cela biaiser à tout instant. «La vilaine chose que d'être con-

traînts d'avoir peur, écrit d'Estaing quelques jours après le départ. Des feux et des coups de canon, qu'on a cru voir et entendre pendant la nuit, nous ont fait faire fausse route pendant une heure. Le jour a dissipé notre inquiétude ; elle ne nous aurait pas empêché de défendre nos murs de bois. Le temps que nous avons resté en rade a guéri la plupart de nos soldats du mal de mer. Ils sont déjà matelots*. » A chaque nouvelle alerte, d'Aché fera encore fausse route; mais, s'il rencontre quelque barque isolée portant pavillon anglais, il s'arrêtera et perdra son temps à lui donner la chasse ; puis il stationnera, en d'interminables relâches, à Rio-de- Janeiro et au Cap, avant d'arriver à l'île Bourbon.

Et, durant ces longues journées d'inaction, Lally s'inquiétait, accablant d'Aché de récriminations auxquelles le chef d'escadre répondait c par des excuses banales, faites avec le sourire discret et un peu dédaigneux d'un marin, plus occupé des difficultés du métier que des nécessités de la politique* >. En effet, Lally, commandant supérieur des troupes, n'avait pas qualité pour donner des ordres à d'Aché, seul responsable de ses vaisseaux : dualité dans le commandement à la fois fâcheuse et nécessaire, mais dont un bon vouloir réciproque des chefs, leur commune aspiration vers un but unique doivent atténuer les regrettables effets.

Pendant ce temps, que devenait l'Inde ? Telle est la question que se posait Lally avec une angoisse de jour en jour grandissante.

1. D'Essaing à Fameron -• Archives historiques de la Guerre, ▼ol. 3458-37.

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