‹ L'amiral d'EstaingChapitre 16 sur 252 · T. Hamont : Lally^TollendaL · texte numérisé non relu

T. Hamont : Lally^TollendaL

Godeheu, nommé gouverneur après la disgrâce de Dupleix, était parti avec Tordre précis d'abandonner nos alliés et nos conquêtes, mais rappelé au bout d'un an il n'avait pu qu'ébaucher « son œuvre de ruine >. Leyrit, successeur de Godeheu et jusqu'alors favorable au principe de non intervention, comprit à temps le danger d'une telle politique. De sa propre initiative, il résolut aussitôt de consolider dans le Carnate, avec l'aide de Bussy, notre influence ébranlée et de la maintenir dans le Dékan, double entreprise dont la guerre rallumée entre la France et l'Angleterre lui facilita l'exécution. « Ainsi la question de l'Inde subsistait entière^ i^ quand Lally-ToUendal arriva à l'île Bourbon et telles furent vraisemblablement les nouvelles qu'il y recueillit.

L'escadre de d'Aché, composée de neuf vaisseaux et de deux frégates, quitta cette île le 6 février 1758. De nouveau louvoyant sans cesse, elle mit trois mois pour atteindre la côte de Coromandel. « La longueur peu commune de cette traversée est tout ce qu'elle a eu de remarquable, note d'Estaing. Un mois suffit aux gens qui n'ont pas fait vœu de partir toujours à contre-saison. Les vents nous ont fait faire une connaissance très intime avec le tropique du Capricorne. Nous l'avons passé quatre. fois en [quinze jours*. » Enfin, le 28 avril, la terre indienne fut signalée et la flotte mouilla devant

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