‹ L'amiral d'EstaingChapitre 151 sur 252 · Courrier de France du 20 juin · texte numérisé non relu

Courrier de France du 20 juin

3. Le dauphin Louis- Joseph, fils aîné de Louis XVI et de Marie- Antoinette, mort le 4 juin 1789.

4. Charles Grayier, comte de Vergennes, né en 1717 à Dijon et issu d'une famiUe de rohe, appartenait à la carrière diplomatique quand Louis XVI lui confia le portefeuiUe des Affaires étrangères. Il signa, en cette qualité, le traité de 1783. Nommé peu après président du conseil des finances, Vergennes mourut en 1787.

heureux de supplier qu'un objet, qui est par sa fondation plus honorifique que lucratif, que ma prébende soit de même employée à multiplier, tous les ans, les vœux que la France fait pour la conservation de Monseigneur le Dauphin. Si cette grâce que je demande m'est accordée, je solliciterais qu'une moitié fût employée à délivrer les prisonniers pour mois de nourrice, et que l'autre servît à doter la fille d'un artisan de Paris, qui, par les circonstances d'une position intéressante, serait jugée avoir besoin de cette petite somme pour devenir heureuse. S'il était possible que les motifs du choix pussent être mis sous les yeux de la Reine, et s'il se pouvait que Sa Majesté daignât en décider elle-même, le 22 octobre de chaque année, le bonheur de ce jour s'augmenterait, s'il est possible, encore pour moi^ > Lorsque le commandement des forces qui se rassemblaient à Cadix fut offert à d'Estaing, l'amiral montra peu d'empressement à en assumer la responsabilité, car il ne se souciait guère de retourner en Espagne pour y jouer, tout d'abord, une seconde fois c le rôle de secrétaire de M. de Montmorin* ». Cédant enfin aux pressantes sollicitations de Castries et à celles de Vergennes, et sans doute aussi, justement flatté de l'insistance avec laquelle Charles III demandait qu'il lui fût envoyé, d'Estaing se décida à accepter. Toutefois, pour bien marquer qu'il allait à Madrid, non comme diplomate, mais comme soldat, l'amiral spécifia qu'il demeurerait à Paris jusqu'au jour où l'Espagne serait en me-

1. D'Estaing à Vergennea, 12 férrier 1782. — Archirea de la Marine, B« 186 (• 70.

2. Castries à Vergennes, 24 septembre 1782. — Archires de la Marine, B« 218 {• 58.

sure de coopérer pleinement à l'expédition projetée. D'Estaing n'eut pas longtemps à attendre, car bientôt le marquis de Gastries pouvait lui écrire : € Je voulais avoir l'honneur de vous prévenir des intentions du Roi sur votre départ pour Madrid. Vous avez pensé que l'événement de Gibraltar devait le précéder. Cet événement est arrivé*. >

Si le but de son voyage demeurait un mystère, le prochain départ de l'amiral ne l'était déjà plus, et, à cette occasion, les journaux signalaient la visite que la Reine avait daigné lui faire à Passy^. Cette fois encore, d'Estaing tenta de donner le change au public. Faisant répandre le bruit qu'il allait en Auvergne, il quitta Paris le 1*^ novembre, accompagné du comte de Polastron ', et arriva le 7 à Bordeaux.

D'Estaing avait ordre de s'arrêter dans cette ville et d'y assembler la chambre de commerce pour se faire indiquer ceux d'entre les officiers marchands du port qui sembleraient aptes à servir dans la marine de guerre.

En vue de renforcer numériquement le corps des officiers de la marine royale, au cas où se poursuivraient

1. Gaitries à d'Estaing, 27 septembre 1782. — Archives de la Marine, B«S18f«6i.

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