T. Hamont : Lally-Tollendal
2. Mémoire de d'Estaing. — BiblioUièqae de l'Arsenal, Manuscrits 6432 (302).
Karikal. Le surlendemain elle était en vue de Gondelour.
A son approche deux frégates anglaises, qui étaient en rade, tentèrent de prendre la fuite ; mais, resserrées entre la terre et l'escadre française, elles n'eurent d'autre ressource que de s'échouer et de se brûler. Leurs équipages se réfugièrent dans le fort Saint-David, place de guerre située au sud de l'embouchure du Ponéard et à une faible distance au nord de Gondelour, dont cette forteresse se trouve séparée par un autre cours d'eau.
Lally projette aussitôt de s'emparer de la ville et du fort. Il décide non sans peine d'Aché à jeter l'ancre, puis, tandis que le chef d'escadre opérera le débarquement des troupes et bloquera Gondelour, Lally, avec deux vaisseaux, poursuivra sa route jusqu'à Pondicliéry pour y chercher du secours.
Quelques heures plus tard le général fait son entrée dans le chef-lieu de nos possessions indiennes, où il retrouve le chevalier de Soupire qui y attend depuis près d'un an l'arrivée de son chef. Après un court entretien avec le gouverneur Leyrit, entretien qui lui permet de constater qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses, Lally repart le soir même, emmenant avec soi Soupire et cinq cents hommes de Lorraine, deux cents soldats de la compagnie des Indes, des cipayes, quelques cavaliers et du canon. Le lendemain matin, ce corps de troupe a déjà franchi la frontière, très mollement défendue, du territoire ennemi *.