Marias Sepet : Les débuts de la Hévoluiiont p
nécessaires pour garantir de toute insulte le Roi et la famille royale, l'assemblée nationale et la ville* >. Muni de cet ordre, le commandant général met aussitôt les troupes en mouvement : sur la place d'Armes, devant les grilles du château, s'établissent les gardes du corps, au nombre d'environ trois cent vingt. Sur l'avenue de Paris se forment en bataille et face à la chaussée, d'un côté le régiment de Flandre, adossé aux Grandes-Écuries, de l'autre les chasseurs des Trois-Evêchés. L'intervalle, qui sépare ces troupes d'avec les gardes du corps, sera comblé par des invalides et des Suisses.
Ainsi, le milieu de l'avenue restant libre, d'Estaing se réserve la faculté, suivant les circonstances, soit de tenter la dispersion des manifestants par une charge des gardes du corps, soit de leur barrer la route avec ses fantassins. D'Estaing s'était bien gardé de faire appel à la garde nationale, travaillée par les menées de Lecointre, auquel il avait nettement refusé de la rassembler. Néanmoins, après avoir obtenu l'assentiment de la municipalité^, cet officier supérieur faisait battre la générale dans le quartier Notre-Dame, réunissait ses compagnies sur l'avenue de Saint-Cloud et les établissait sur la place d'Armes à la droite des gardes du corps •.
Pendant que s'effectuaient ces divers mouvements de troupes, on délibérait au château sur les résolutions à prendre. Beaucoup se flattaient qu'avec des paroles conciliantes on parviendrait à calmer les esprits surexcités de la horde parisienne; quelques-uns, pourtant, pen-
i. Le Roi : Histoire de Versailles^ t. IF» p. 60.