Marius Sepet : L^s débuts de la Révolution^ p
la matinée, alors que le général se croyait encore assez d'influence sur la garde nationale pour l'empêcher de sortir de la capitale, venait calmer la crainte, que l'on éprouvait h Versailles, d'avoir h subir une seconde invasion *.
Par suite il ne sembla plus nécessaire aux ministres de conserver les troupes sous les armes, etd'Estaing vint lui-même donner à la milice versaillaise l'ordre de se retirer. Quelques compagnies se conformèrent immédiatement à cet ordre, mais la plupart protestèrent, déclarant qu'elles ne partiraient qu'après toutes les autres troupes. Force fut de leur céder. Le régiment de Flandre
regagna sa caserne des Grandes-Ecuries et les gardes du corps, rompant par quatre, reprirent le chemin de leur quartier. Mais pour se rendre à leur hôtel, situé entre l'avenue de Sceaux et la rue Royale*, ces gentilshommes durent défiler entre le front de la milice versaillaise et la foule qui stationnait encore sur la place d'Armes. Ils eurent ainsi à subir l'escorte et les invectives de cette foule, c Peut-être atteint d'une pierre' », un des gardes du corps qui marchait à la queue de la colonne déchargea son pistolet sur les manifestants, dont les gardes nationaux prirent la défense en ripostant de leurs fusils. Cet incident ralluma la fureur de la populace. Plusieurs coups de feu furent tirés devant le cliâteau, et d'Estaing, au moment où on lui ouvrait la grille, put entendre une balle siffler h son oreille*. Les troupes étaient rentrées dans leurs casernes