‹ L'amiral d'EstaingChapitre 176 sur 252 · Réimpression dt Y Ancien Moniteur univenel, t. V, p · texte numérisé non relu

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2. Marias Sepet : La chute de Vaneienne France^ t. II, p. 432.

versement prémédité de la monarchie que quand il fut trop tard pour le conjurer.

Cependant, les soldats délégués par leurs régiments à la fête de la Fédération étaient c demeurés en correspondance avec les meneurs politiques de la capitale, qui, par leur intermédiaire, entretenaient la rébellion dans l'armée^ >. Dès le mois de mai, à Hesdin, Royal- Champagne se mutine. A Metz, le régiment allemand de Salm-Salm suit aussitôt cet exemple, et l'assemblée nationale, au lieu de sévir, prend un décret autorisant les hommes de troupe à lui faire désormais parvenir directement leurs plaintes.

Tant de faiblesse ne peut qu'encourager l'insubordination. Bientôt, en effet, éclate à Nancy une véritable révolte, à laquelle prennent part le régiment d'infanterie du Roi, le régiment suisse de Chàteauvieux et Mestrede-Camp-cavalerie, révolte à laquelle s'associent les carabiniers stationnés à Lunéville et des gardes nationaux du voisinage. Bouille, que nous avons autrefois rencontré à Saint-Domingue, et qui maintenant commande à Metz, accourt avec quelques bataillons suisses ou allemands et plusieurs régiments de cavalerie que viennent renforcer six cents grenadiers et six cents gardes nationaux messins. Il étouffe la rébellion, mais cette fois encore, à l'exception de la condamnation prononcée par le conseil de guerre de leur corps, contre quatre-vingts Suisses de Chàteauvieux ', aucune sanction

1. Marins Sep6t : Siœ moii éThUtoire révolutionnaire , p. 31.

3. Les troapes saisies, an senrice de France, aTaient lear justice propre. Sur les cent cpiatre-Tingts soldats de GhAteanyienz, pris les armes à la main, vin^t-denz forent condamnés à mort et cinquante en- ▼iron am galères.

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pénale ne vient frapper les soldats coupables. Tout ce que l'assemblée nationale ose faire est de féliciter Bouille et ceux qui ont, à Nancy, contribué avec lui au rétablissement de l'ordre. Mais la nouvelle de cette motion provoque des troubles dans Paris. Quarante mille hommes, guidés par les meneurs révolutionnaires, vont protester devant la salle des séances, réclamant le renvoi des ministres. Ces manifestations tumultueuses déterminent la chute de Necker.

La marine semblait encore plus généralement et plus anciennement démoralisée que l'armée. Mais, de tous les actes d'insubordination \ auxquels les équipages de la flotte s'étaient livrés depuis le commencement de la Révolution, aucun n'égalait en gravité ceux qui se produisirent à Brest.

Une escadre, sous le commandement d'Albert de liions, se trouvait réunie dans le port de Brest au moment où l'assemblée nationale, en remplacement de certaines peines « incompatibles avec les principes d'une constitution libre », édictait pour la marine une série de punitions* nouvelles, qui atténuaient notablement la rigueur de l'ancienne discipline. L'une de ces punitions, qui consistait dans la mise < aux fers avec un anneau et une petite chaîne traînante » , apparut aux matelots comme un outrage à cause de sa similitude avec le traitement infligé aux galériens.

A peine la lecture du nouveau règlement fut-elle terminée sur les vaisseaux de l'escadre, que les marins,

1. Oscar Hayard : Lct premiers lrouble$ de la Réuolulion dans not portt de mer. Rocliefort. — Correspondant^ du 25 mars 1907.

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