Décret des 16, 19 et 20 août
sautant dans les embarcations, gagnèrent terre pour aller porter leurs plaintes à l'hôtel de ville. La municipalité les reçut avec bienveillance, promettant de se faire, auprès de l'assemblée nationale, l'interprète de leurs récliamations, et, comme d'Albert de Rions eut alors la faiblesse de prendre envers ses subordonnés un engagement identique, l'ordre, au préjudice de la discipline, se trouva momentanément rétabli. Mais l'arrivée à Brest d'un vaisseau venant des Antilles devait peu de jours après causer dans ce port une nouvelle révolte des équipages.
A Saint-Domingue, les blancs et particulièrement les planteurs, dont beaucoup pourtant se disaient d'origine aristocratique, s'étaient enflammés à la nouvelle des succès de la Révolution et, sans aucune autorisation préalable du pouvoir métropolitain, avaient constitué à Saint-Marc une assemblée générale com[)()sée de deux cents députés élus par les trois provinces françaises de l'île. Officiellement reconnue par l'assemblée nationale*, sous la seule réserve que les représentants des trois provinces recevraient de leurs commettants une seconde investiture, l'assemblée générale de Saint-Marc c se crut une constituante au petit pied >. Après avoir voulu imposer au chef d'escadre Peinier*, gouverneur de la colonie, ainsi qu'aux fonctionnaires, aux officiers et aux troupes même volontaires, non seulement le serment civique, mais aussi < un serment spécial de fidélité » , cette assemblée, prononçant le licenciement des troupes