Arcbives de la Marine G
2. L'amirauté enlevée en J626 au maréchcd de Montmorency par Richelieu, qui se Tétait attribuée sous le titre plus modeste de gnrande maîtrise de la navifi^ation, avait été réttiblie sous l'administration de Colbert, en faveur du comte de Vermandois, fils de Louis XIV. et de mademoiselle de La Vallière. Le duc de Pentliièvre, dernier titulaire de cette chArge, en fat dépossédé parla loi de 1791.
être élevé à cette dignité nouvelle plutôt qu'à celle de maréchal et, le 18 janvier, Bertrand de Moleville, ministre de la Marine, lui annonçait sa nomination au c grade d'amiral * >.
N'ayant pu éviter cet honneur, d'Estaing tentera tont d'abord de le décliner. Exposant dans un long mémoire que ses principes n'ont jamais varié et qu'il agit maintenant conmie au temps où la vice-amirauté lui fut offerte ^ d'Estaing rappelle qu'il la refusa tout d'abord, et ne consentit en suite à l'accepter, que quand une place nouvelle de vice-amiral eût été créée pour lui, parce que la création de cette place constituait « pour la marine un bienfait du gouvernement > ? Il ne veut encore ni enlever à la marine une récompense, ni renoncer au service de terre.
€ Ce mémoire, mande-t-il à Bertrand, contient l'exposition des faits qui me dictent un aussi grand sacrifice. Je le dois à la nation, à mon caractère et à la marine. Ce qui le diminuera sans doute à vos yeux, ce qui l'annule aux miens, c'est que, s'il était probable que la France eut à combattre, ce serait par terre. Employer le peu de moyens qui me restent à défendre une aussi belle cause est une espérance que, en qualité de citoyen, de soldat, de lieutenant-général de terre, j'ai le droit de conserver'. >
Mais avant de présenter au Roi la lettre et le mémoire de d'Estaing, Bertrand cherchera à le faire revenir sur sa décision, c Je crois devoir, lui écrit le ministre, vous
1. Bertrand à d'Bstaing, 18 janvier 1792. — ArchireB adminisiratÎTes de la Gnerre» dossier 1302.