janvier 1793. — Archives de la Marine, C^ iOl
cédés en 1784 rÉtat de Géorgie. Il en trouve acquéreur au prix de cent soixante mille livres, mais cette somme ne lui sera servie que par maigres acomptes, dont le dernier ne devra venir à échéance qu'en 1796*.
Criblé de dettes, relancé par des créanciers auxquels jadis en imposait son opulence, d'Estaing finit par s'installer à Pomponne, d'où il lui est aisé de faire à Paris de fréquentes apparitions ; mais un décret de la convention vient de jeter l'inquiétude dans son esprit. Ce décret, du 9 septembre 1793, prescrivait à tout militaire démissionnaire, destitué, suspendu, ou n'ayant point de lettre de service, de se retirer au lieu où il était né. Or, d'Estaing, n'en ayant point reçu, devait-il se confiner à Ravel en Auvergne ? Cette perspective ne le tentait guère.
Sous l'ancien régime, d'Estaing n'était point accoutumé à recevoir comme vice-amiral des lettres de service. L'ordre de se rendre dans un port ou à la mer suffisait alors « pour y continuer une activité toujours existante et pareille sous ce rapport à celle des maréchaux de France ». Â plus forte raison, devait-il en être ainsi pour un amiral ? N'ayant pu voir ni le ministre de la Guerre, ni celui delà Marine, d'Estaing, de sa maison des Chaumières, avait écrit à ses deux chefs pour les consulter.
€ Je me borne à vous observer, disait-il au ministre de la Marine, que, excepté les années accumulées pendant lesquelles les quatre parties du monde, la mer, les camps et les ports ont été mon domicile, j'ai, presque