‹ L'amiral d'EstaingChapitre 21 sur 252 · Mémoire de d'Estaing, déjà cité · texte numérisé non relu

Mémoire de d'Estaing, déjà cité

quatre cents hommes dont il fortifiera les équipages, il part une seconde fois pour Pondichéry, parvient à convaincre les membres de ce conseil du danger auquel ils exposent l'armée et calme les mutins en leur distribuant soixante mille livres de son argent. Alors, dit gaiement d'Estaing, c les convalescents se crurent guéris et la flotte mit à la voile le surlendemain >.

Pendant ce temps les batteries de siège continuaient leur œuvre destructive. Les mortiers se rapprochaient de la place, un dépôt de bombes et de poudre y prenait feu, Tennemi abandonnait le premier chemin couvert, tandis que la tranchée s'avançait. Bientôt à bout de munitions le gouverneur du fort. Winch, et le major Polier, commandant des troupes, demandèrent à capituler.

Après dix-sept jours de tranchée ouverte, Saint- David tombait aux mains de Lally, qui en prescrivit aussitôt le démantèlement. Toute la garnison fut gardée prisonnière pour être échangée contre quatre cents Français, retenus captifs à Trichinapaly. « Ils remplaceront notre perte et nous rendront aussi forts que nous étions avant le siège, marque d'Estaing; mais, ajoutet-il, nos finances ont eu une plus faible ressource. On n'a trouvé, en argent ou en marchandises, que la valeur de neuf cent mille francs. La mer et la proximité des comptoirs hollandais ont facilité aux assiégés... l'enlèvement de ce qu'ils avaient de plus précieux*. » Ainsi la venue tardive de la flotte privait le corps expéditionnaire d'un butin que, dans l'état précaire de sa trésorie, il pouvait amèrement regretter.

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