Mémoire de d'Estaing, déjà cité
L AMIRAL d'bSTAING 33
amusantes que nuisibles. Les fouguettes sont de grosses fusées de fer qui peuvent, avec leur longue queue, casser facilement des bras et des jambes. Leur direction est horizontale. L'artifice qu'elles contiennent les pousse deux fois plus loin que la portée du fusil. Elles percent ceux qui ont la maladresse de s'en laisser atteindre de front et ne s'arrêtent pas pour un seul homme ^ >
Plus redoutable était la cavalerie ennemie qui, après avoir harcelé l'armée française pendant sa marche, l'inquiétait par de continuelles sorties. « Elle donna dans le temps du siège, ajoute d'Estaing, une assez grande marque de valeur. La tranchée, tous nos postes et notre camp ayant été attaqués à la fois, ils vinrent nous y escamoter deux éléphants. Cinquante cavaliers feignirent d'être du petit nombre de cavalerie maure que nous avions. La méprise était facile. Ils pénétrèrent jusqu'au lieu qu'occupait M. deLally ; ils le demandèrent pour le tuer. Ils firent plus ; ne mettant le sabre à la main qu'à propos, ils pensèrent réussir. On en vit d'autres développer les longues pièces de toile qu'ils tournent autour de leur tète en forme de turban, s'en servir au lieu de cordes et traîner avec leurs toques une de nos pièces de campagne. Un de ces furieux qui avait attaché la queue de son cheval à un caisson, ne pouvant le faire mouvoir, y mit le feu et sauta ^. >
Les attaques répétées des cavaliers ennemis rendaient le ravitaillement difficile. En même temps les boulets et la poudre se faisaient rares, car aucun convoi n'arrivait de Pondichéry. Alors qu'il avait cru amener aisément à