‹ L'amiral d'EstaingChapitre 26 sur 252 · Mémoire de d'Estaing, déjà cité · texte numérisé non relu

Mémoire de d'Estaing, déjà cité

Toutes les considérations politiques militaient en faveur du premier. Lally choisit le second qui lui parut un instrument plus docile. En échange de l'investiture que le général devait lui obtenir du soubab du Dékan, suzerain du Carnate, Rajah Saïb acceptait de gouverner le nababie sous l'autorité de la France, d'y recevoir garnison, de payer à la compagnie des Indes une rente de cent quarante mille livres, plus un tribut égal à cehii que Méhémet-Ali, alors nabab d'Arcate, versait aux Anglais ^

Le traité ainsi conclu, l'armée, sur plusieurs colonnes, quitta Pondichéry le 27 septembre 1758. Tandis que Soupire occupait Carangouly, et d'Estaing Timeri, Lally s'avançait vers Arcate. En quelques jours la partie méridionale du Carnate se soumettait à nos armes et reconnaissait pour maître Rajah Saïb.

Au cours de cette expédition, Lally avait été rejoint par Bussy, rappelé, comme nous l'avons vu, des profondeurs du Dékan. Elève de Dupleix et continuateur sous Leyrit du système de son maître, brave soldat et diplomate habile, Bussy, après avoir conquis le Dékan avec une poignée d'hommes, s'attachait à y maintenir notre influence à force de feinte modération et d'astuce. Accoutumé à vivre sur les pays occupés et à rançonner, au profit de la compagnie, les princes indigènes, ainsi amené à recevoir, puis à exiger d'eux une part personnelle dans leurs largesses forcées, Bussy s'était acquis d'immenses richesses. Depuis longtemps libre de tout contrôle, il arrivait ainsi mal préparé à prendre, parmi des troupes

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