‹ L'amiral d'EstaingChapitre 30 sur 252 · I. ArcbiTes historiques de la Guerre, vol · texte numérisé non relu

I. ArcbiTes historiques de la Guerre, vol

dantse rompre >, quand survient Landivisiau S attiré par le bruit de la fusillade. Il amène la brigade des troupes de l'Inde, qui rétablit le combat et, c pêle-mêle avec Lorraine », chargeant l'ennemi à la baïonnette, le refoule en désordre vers la ville Blanche *.

Ce succès ne compensait pas pleinement pour l'armée les regrets causés par la disparition de d'Estaing, regrets dont nous trouvons le témoignage dans une lettre adressée par Landivisiau au maréchal de Belle-Isle. « C'est une perte que M. d'Estaing, marquait-il. On ne peut, à plus de courage, réunir plus d'intelligence et de volonté'. » Lally lui-même écrivait tristement au ministre : c Finir par être prisonnier de la compagnie anglaise, voilà le sort de M. d'Estaing qui, après avoir donné des preuves de valeur réitérées aux sièges de Gondelour, Saint-David et Tanjaour, est venu échouer à l'attaque du faubourg de Madras *. > Malgré cette appréciation flatteuse, Lally conservait-il rancune au brigadier de son intervention déplacée en faveur de Bussy? Nous ne le pensons point, car l'attitude ordinairement correcte, dans laquelle se maintint son subordonné, dut atténuer, chez le général en chef, l'amertume de ce souvenir, c J'ai toujours cru, notait en effet d'Estaing, que nos succès dépendaient de l'union. J'ai fait

1. Danycan de Landiyîsian, mestre de camp réformé aux dragons d'Aubigné, ayait reça un breyet de brigadier de dragons. H fit toute la campagne de Tlnde. Lally rendit hommage au bon esprit de Landiri* siau qui, plus tard, déposa contre son chef.

2. Landivisiau à Belle-Isle, 24 avril 1759. — Archives historiques de la Guerre, vol. 3575-84.

3. Landivisiau à Belle-Isle, 24 avril 1759. — Archives historiques de la Guerre, vol. 3575-84.

4. Lally à Belle-Isle, 11 avril 1759. — Archives historiques de la Guerre, vol. 3541-79.

inutilement mon possible pour la rétablir. Ne pouvant réussir, j'ai au moins tâché de donner aux autres officiers l'exemple de cette discipline qui défend de critiquer les choses mêmes qu'on désapprouve, qui étouffe les murmures, et qui inspire le respect qu'on doit à un chef dans les instants, toujours excusables, où il peut oublier la place qu'il occupe *. >

S'il fût resté parmi ses compagnons d'armes, d'Estaing eût sans doute encore désapprouvé bien des choses, et bien des choses l'eussent attristé. Nous n'en ferons point le récit, car nous n'assisterons pas, auprès de Lally, à ses opérations infructueuses contre Madras et ne l'accompagnerons pas durant sa désastreuse retraite sur Pondichéry, où bientôt, bloqué à son tour, il se verra réduit à capituler.

1. D'Estaing h Belle-Isle, 29 août 1759. — Archives historiques de la Guerre, toL 3541-95.

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