Archives de la Marine, B< 92 f
d'un accès difficile, très profond et couronné de montagnes, affectait la forme d'un croissant dont le fond était défendu par une ciUidelle dominant la ville et dont les branches s'avançaient parsemées d'ouvrages. € La branche gauche en entrant, note d'Estaing, est formée par une île qui a un fort à sa pointe. Cette île est séparée du continent par un goulet très étroit... qui ne pourrait laisser passe,r que de petites embarcations... La branche droite du croissant est défendue par un fort bâti sur le revers de la côte et placé dans un enfoncement, où on ne pouvait l'apercevoir que très obliquement du bord du vaisseau le Condé, Il n'y avait que deux embrasures qui donnassent sur l'entrée du port. Les trois autres battaient dans l'intérieur*... » C'est sous la protection de cette forteresse que, parmi plusieurs bateaux, le Merry s'abritait « à une demiportée de fusil de terre >.
Sur l'heure d'Estaing s'embarque dans un canot. Une veut point être combattant mais simple spectateur. Une chaloupe le suit, munie de quatre pierriers et commandée par un capitaine de brûlot, Charruyan, second du Condé, Ces deux embarcations, portant une cinquantaine d'hommes, abordent le Merry dont l'équipage, qui ne fait aucune résistance, est aussitôt enfermé dans la grande écoutille. Les amarres retenant le navire sont vivement coupées ; mais on s'aperçoit alors que, dans la précipitation du départ, il n'a été emporté aucun des engins nécessaires à remorquer la prise.
Déjà surgit alentour une nuée d'embarcations abyssines ou arabes, tenues péniblement à distance par les