‹ L'amiral d'EstaingChapitre 37 sur 252 · Archires d6 la Marine, B* 92 f · texte numérisé non relu

Archires d6 la Marine, B* 92 f

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cinq officiers, onze soldats, cinquante topas et cent cipayes furent faits prisonniers, c Les sept officiers, écrit d'Estaing, ont resté libres en conséquence de l'article 4* de la capitulation, par laquelle ils sont échangés contre moi, en cas que je ne le sois pas déjà » ; et il a soin d'ajouter : € Je ne suis pas entré dans le fort ; j'ai retourné au lieu où on avait travaillé à construire une batterie. » Nous avons vu d'Estaing captif refuser tout d'abord la liberté conditionnelle, puis l'accepter un jour de lassitude ou de regret, oubliant alors que tout prisonnier peut encore servir sa patrie en immobilisant par son refus de « signer le revers » les soldats ennemis nécessaires à le garder. Mais cette liberté est bientôt devenue pour lui une entrave aussi douloureuse que les fers. A tout prix il veut la délier et va, parune étrange aberration, s'attacher h la lettre seule et non point à Tesprit des lois de l'honneur. Quand il fait capturer par ses subordonnés le Mamoudy et le Merry, naviguant sous pavillon britannique, quand il prescrit à Charruyan d'attaquer le fort Gombroon, il se croit à l'abri de tout reproche, demeurant simple spectateur de combats dont les dispositions sont pourtant inspirées par lui. Et voici qu'il pense maintenant avoir reconquis son entière liberté à l'aide d'une inavouable supercherie ! Ainsi ce qu'il eût sans doute, à Versailles, considéré comme une atteinte à l'honneur, d'Estaing n'a pas craint de le pratiquer en ce coin perdu de la côte asiatique, t-ant déjà, au contact des mœurs coloniales, il s'est déshabitué de toute contrainte, tant s'est développé, exempt de tout contrôle, son impérieux vouloir.

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