Voir appendice III
Douglas dut amèrement regretter l'indigne faiblesse dont il venait de faire preuve, quand il vit descendre des montagnes voisines plusieurs milliers d'indigènes appelés au secours des Anglais par Molahy-Schah, gouverneur persan du territoire de Bender-Abbas, en même temps que Nazir-Khan, prince suzerain de la contrée, annonçait sa prochaine venue à la tête d'une armée de huit mille hommes. Mais, à la nouvelle de notre raj)ide succès, Nazir-Khan suspendit aussitôt sa marche, sollicitant pour lui-môme et pour son vassal l'amitié de d'Estaing.
Cependant, malgré ces assurances pacifiques, la situation n'en demeurait pas moins critique pour une poignée de Français, continuellement exposés aux embûches des indigènes avides de pillage. Les Persans allèrent en effet jusqu'à attaquer une maison, convertie par d'Estiiing en hôpital, et à enlever quelques officiers ou volontaires qui, malgré de formelles défenses, s'étaient écartés du fort. L'un d'eux, M. de Rouvroy, fut trouvé assassiné.
Malheureusement, avec les faibles moyens dont il disposait, d'Estiiing ne pouvait songer à donner aux indigènes une leçon exemplaire. Aussi dut-il accepter pour sincères les perfides excuses de Molahy-Schah, accusant les Anglais d'avoir fomenté ce que, sans vergogne, « il appelait une révolte de ses sujets * ».
La prudence commandait donc de quitter au plus tut ces parages et de vivre en paix avec Molahy-Schah pendant le temps nécessaire à organiser le départ, c'està-dire à charger clandestinement tout ce que l'on projetait