‹ L'amiral d'EstaingChapitre 39 sur 252 · Archives de la Marine, B* 92 fo · texte numérisé non relu

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d'emporter. Le général amusa ravarice insatiable du Persan par l'espoir de présents que, d'ailleurs, il ne lui fit point*, ainsi que par la promesse de l'aller visiter. € J'ai continué mes négociations indiennes, c'est-à-dire les mensonges avec Molahy-Schah, marque d'Estaing dans son journal* Je lui ai fait espérer que j'irais le voir demain... J'ai dit à ses envoyés que je voulais savoir la quantité de coups que ses trois canons uniques tireraient en mon honneur. On a montré à ses gens, en coniidence et comme à mon insu, les présents que je destinais à leur maître et à ses dix principaux chefs. Les parts étaient faites. Ils ont vu couper quelques pièces d'étoffe. Cette démonstration a achevé de les persuader que je me préparais à aller promettre à leur souverain la conservation et la remise du fort anglais ^. »

Pendant ce temps tout se préparait pour faire sauter le fort Gombroon dont l'artillerie armait déjà le Mamoudy. Sur les vaisseaux étaient également transportés, avec quantité de marchandises, cent vingt mille roupies d'argent et quelques bijoux formant le reste du trésor dont tout l'or avait été enlevé par les Anglais. Le Speedwell^ hors d'état de tenir la mer, fut brûlé et les autres bâtiments, remâtés ou ragréés àses dépens, purent appareiller furtivement, dans la nuit du 2 novembre, à destination d'une côte plus hospitalière et moins insalubre.

1. Archives de la Marine, B* 92 f* 255. "2, Archives de la Marine, B* 92 ^ 272.

Les vaisseaux comptaient à bord de nombreux malades, et le Condé, seul, soixante-quinze indisponibles, par l'effet de l'eau saumâtre dont on usait forcément h Bender-Abbas. Pour se procurer sans difficulté de l'eau parfaitement saine, il fallait s'avancer fort avant dans le golfe Persique. Une invitation imprévue vint épargner ce souci à d'Estaing.

La veille du départ étaient arrivés plusieurs Arabes, porteurs d'une lettre où l'iman de Mascate offrait aux Français ses ports et son amitié. « On les a bien reçus, note d'Estaing, mais écoutés très peu, parce que tous les Asiatiques ont l'habitude de dire très peu de choses en beaucoup de mots*. » Le souvenir des coups de canon tirés tout récemment sur nos bâtiments par les forts de Mascate, permettait bien de recevoir froidement les envoyés de riman et de douter des sentiments exprimés par eux. « Le besoin, plus que la confiance», décida pourtant. d'Estaing à aller s'assurer à Souarès de leur sincérité.

Ces propositions étaient sincères : « On est arrivé le 1 1 novembre à Souarès ^, lieu considérable et très peuplé, qui n'est point marqué sur les cartes, lisons-nous dans le journal de d'Estaing. Le roi ou iman venait d'en partir. Il a fait solliciter les Français d'aller à Souada* où il était. Cela aurait causé du retardement. Les

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