RtUUùm déjà citée
landais de Poulo-Nias*, Abraham van Moshel, n'eût suggéré incontinent à d'Ëstaing la malicieuse pensée de piquer, plus sensiblement que par l'anéantissement d'un comptoir, Tamour-propre britannique. D'Ëstaing savait que les États-Généraux réclamaient vainement à Londres la propriété de Natal, en vertu des anciens droits de leur compagnie. Tranchant donc un différend que les chancelleries ne parvenaient point à dénouer, il céderait gratuitement à van Moshel la place de Natal « avec ses fortifications, ses bâtiments et les vivres et les munitions ) que les vaisseaux français ne pourraient emporter*.
Le Hollandais se garda bien de décliner cette offre, mais croyant ainsi empêcher les Anglais de l'accuser de connivence préméditée avec d'Ëstaing, il exigea que la cession du territoire de Natal se fît par l'intermédiaire de deux princes malais, souverains du pays voisin, formalité ou plutôt comédie à laquelle d'Ëstaing eut le tort de se prêter.
« Natal, relate-t-il, fut remis en conséquence aux deux rajahs... nommés Dalo Bazaar et Regendo Maradya Pelo. Le sieur Carpentier, capitaine d'infanterie et commandant dans le fort, fit, le 7 mars, la cérémonie d'en confier les clefs, pour un instant, à ces deux Malais.
> La garnison française ne sortit qu'après leur avoir vu prêter serment de fidélité, sur un réchaud et sur l'alcoran, au sieur Abraham van Moshel. Il les reconnut pour sujets des États-Généraux. La garde fut relevée
1. He de l'archipel de la Sonde située à an degré environ au nord de réqaateur et à ane cinquantaine de milles à l'ouest de Sumatra.
2. Compte rendu par M. d'Ëstaing au sujet du fort de Natal. — ArchiTes de la Marine, C^ 101.
et le pavillon de Hollande fut hissé au même instant que celui du Roi eût été amené. Le fort salua les vaisseaux et, la garnison s'étant embarquée, je fis rendre le salut*, i
Si d'Estaing, à la satisfaction de froisser les susceptibilités de l'Angleterre, joignait alors l'espoir de puiser secours dans la reconnaissance des Hollandais, il se trompait grandement. « Ils n'ont rien épargné pour me faire échouer dans tout ce que j'ai entrepris, écrivait-il plus tard. La crainte des Anglais... était plus forte que leur intérêt. Ils me l'ont avoué ; leur conduite le prouvait. > Et quand, par la suite, l'attitude de la Hollande incita la Grande-Bretagne à élever des doutes sur la gratuité de cette cession, d'Estaing dut la proclamer dans les lignes suivantes*: ^ Elle a été totalement gratuite, écrivait-il. Je ne présume pas que les Hollandais osassent dire le contraire. Les preuves et les préjugés seraient également contre eux. Leur résident, venant de Poulo-Nias et forcé par deux coups de canon avenir me parler, ne s'attendait pas à trouver un fort à acheter sur son chemin. Il n'était pas assez opulent pour une telle acquisition. Il n'a pu avoir le temps de recevoir, avant mon départ de Natal, des ordres ou des moyens et les Hollandais ont afTecté constamment de le désavouer devant moi pendant qu'ils lui envoyaient publiquement des renforts*. y>
Par contre il nous faut reconnaître que les procédés généralement employés par d'Estaing n'étaient point de nature à lui concilier les sympathies de ses hôtes. « Ce n'a été, avoue-t-il, qu'à force d'argent, par adresse ou par menace, que j'ai arraché d'eux des secours en vivres