‹ L'amiral d'EstaingChapitre 47 sur 252 · Jbid · texte numérisé non relu

Jbid

l'amiral d'estaing 7S

frégate pour rentrer avec elle à Benkoiilen. Aussitôt arrivé à Mocomoco, où il Délaissera que peu de monde, il organise le départ. Formant une colonne de fanta-ssins qui, en se repliant sur le fort Marlborough, aura pour mission de détruire chemin faisant les postes anglais d'Ypou, Pali-Caytone, Sablât, Bantaar et La Haye, il s'embarque sur l'Expédition avec un équipage réduit. Malgré le mauvais état de ce bâtiment d'Estaing le mène en neuf jours à Benkoulen, « servant luimême de contremaître, n'en ayant pas » et couchant sur le pont, accoutré d'une chemise de matelot.

D'Estaing avait accompli sa tâche. Il pouvait dès lors quitter cette côte de Sumatra où les Anglais ne possédaient plus un seul établissement. La dévastation de leurs comptoirs causait à nos ennemis un préjudice d'au moins quarante millions, dont la plus grande part s'était consumée sous des ruines amoncelées et dont seule une faible portion dut revenir aux vainqueurs. D'Estaing en effet se voyait alors à bout de ressources. Les cent mille écus, empruntés à l'Ile de France c sur le crédit que lui donnaient les terres qu'on lui savait en Europe* », avaient été absorbés par les préparatifs de cette campagne dont il s'était interdit de recueillir personnellement aucun profit, répartissant toujours, parmi les officiers et soldats les plus méritants, le butin qu'attribuaient en propre aux commandements de terre ou de mer les ordonnances du Roi. Ayant consacré, au fur et à mesure, tout le fruit de ses opérations à l'entretien des troupes, à l'armement des vaisseaux, à l'achat de

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