ArchiTM de la Ifarioe» G
76 l'amiral d*kstaing
munitions ou de vivres, il ne lui restait rien sous la main sinon quelques marchandises, rien davantage à espérer, puisqu'il ne s'offrait plus d'ennemis à vaincre. Et d'ailleurs eût-il pu vaincre encore? Eût^il même pu tenter une attaque? La consommation d'bommes avait été si grande que, de trente-trois officiers partis avec lui, il n'en restait que cinq, dont trois mourants, au jour où la petite escadre désarma à l'Ile de France*.
Ainsi, en une campagne de dix mois, d'Estaing fit flotter le drapeau du Roi sur le golfe Persique, le conduisit vers l'archipel de la Sonde et le ramena victorieux. Et quand on songe que, sans base d'opération assurée et avec deux seuls mauvais vaisseaux, il choisit pour s'aventurer en ces parages lointains le moment précis où, dans l'Inde, notre puissance s'effondre, on demeure plus émerveillé de l'audace d'une telle entreprise qu'ébloui de son succès.
Ayant trouvé à l'Ile de France l'ordre de revenir en Europe, d'Estaing s'embarqua aussitôt à destination de Lorient sur un navire de la compagnie des Indes. Après une longue traversée le bâtiment allait toucher au port lorsque, en vue de la côte bretonne, il tomba parmi les croisières anglaises et fut capturé.
La mésaventure était particulièrement inquiétante pour d'Estaing, accusé par les Anglais d'avoir manqué