‹ L'amiral d'EstaingChapitre 49 sur 252 · Compte rendu de d'Estaing déjà cité · texte numérisé non relu

Compte rendu de d'Estaing déjà cité

à sa parole. Le gouvernement britannique alléguait en effet, et non sans quelque raison, que, mis conditionnellement en liberté à Madras, d'Estaing, au lieu de revenir en France y régulariser sa situation par voie de rachat, avait repris les armes et profité de la capitulation du fort Gombroon pour se faire échanger contre trois officiers anglais : frauduleusement, prétendait-on à Londres, puisque d'Estaing n'était pas en droit de participer à l'attaque de cette place, irrégulièrement aussi puisque le cartel de l'Écluse, applicable aux seuls officiers de terre, ne l'était plus au général, qui venait de s'improviser marin.

Débarqué à Plymouth, il s'y vit jeté c dans le cachot le plus indécent et le plus humide » et fouillé jusque € dans les talons de ses souliers >. Deux soldats de milice le gardèrent pendant trois jours la baïonnette au bout du fusil. Us joignirent au simulacre ridicule de charger leurs armes toutes les fois qu'on les relevait, celui de l'éveiller toutes les heures pour s'assurer davantage de son identité ^

Autorisé enfin à se justifier et conduit à Londres, assujetti dès lors à une simple résidence, d'Estaing put renouer dans la société anglaise des relations qui dataient du temps où il servait auprès du duc de Mirepoix '. Déclinant avec dignité toute invitation aux fêtes de la cour, mais se croyant néanmoins permis « de profiter de l'usage du pays de se trouver presque tous les jours et dans tous les lieux publics que Sa Majesté britannique fréquentait », il put ainsi approcher du

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